Robert WEYL
1913 - 1997
par Martine WEYL


Robert Weyl dans sa pharmacie
Robert Weyl est né à Strasbourg le 22 novembre 1913.

Pharmacien et historien du judaïsme d'Alsace il était le fils d'Isaac Emile Weyl (Westhouse 30.7.1879 - Strasbourg 20.7.1948) et de Jeanne Netter (Rosheim 10.8.1884 - Ingwiller 10.6.1946 ). Le 30 août 1948 il épousa Andrée Loeb dont il eut deux enfants : Jean Philippe et Martine.

Il était le descendant de l’une des plus anciennes familles juives d'Alsace, celle du Préposé général de la nation juive en Alsace, Lehmann Netter de Rosheim.

Après des études secondaires et universitaires à Strasbourg (Facultés des Sciences et de Pharmacie), lauréat de la Faculté de Pharmacie, une carrière universitaire débutante fut interrompue par la guerre, faite dans une unité combattante. Cité à l'ordre de la division. Après l'armistice de 1940, il fut affecté à un hôpital militaire de Carcassonne jusqu'à sa révocation en application du statut des juifs. Il réussit à se maintenir dans des unités paramilitaires jusqu'à ce qu'il fut découvert par une mission de Vichy et menacé d'internement. Il changea d'identité et de résidence, et c'est sous le nom de Robert Dunoyer qu'il fut chargé de diverses missions de liaison à Grenoble et dans l'Ardèche. Son contact à Annonay fut arrêté et fusillé à Portes-les-Valence. Il participa à la libération du territoire en qualité d'officier interprète dans un régiment de Tirailleurs algériens.

Robert Weyl reprit son identité avec la vie civile et créa, en 1948, la Pharmacie des Halles à Strasbourg, pharmacie qu'il conserva jusqu'en 1982, gérant parallèlement une pharmacie hospitalière, celle de la Clinique de la Toussaint, jusqu'en 1986.

Passionné par la recherche, l'exercice de la profession de pharmacien ne lui apporta que de médiocres satisfactions. Il reprit la recherche mais dans un domaine totalement différent, l'histoire et l'archéologie juive en Alsace, domaine où il ne tarda pas à faire autorité. Il fut élu secrétaire général de la Société d'Histoire des Israélites d'Alsace et de Lorraine.

A son initiative, on créa en 1974, le petit musée lapidaire juif dans le Musée de l'Oeuvre Notre-Dame à Strasbourg. De nombreux monuments furent valorisés, classés ou inscrits à l'Inventaire des Monuments historiques, comme le Bain rituel de Bischheim, ceux de Hoenheim et de Strasbourg, le cimetière de Rosenwiller, les synagogues de Mutzig et de Struth.

Il découvrit et interpréta l'inscription devenue célèbre de la Weiberschul (synagogue des femmes). Aux Archives départementales, il retrouva le dossier des Martyrs d'Obernai, le cahier de Doléances des Juifs d'Alsace, le manuscrit original du Dénombrement des Juifs de Rosheim de 1784. Il apporta un éclairage nouveau au rôle des Juifs d'Alsace entre la signature du Traité de Westphalie et la Révolution.

L'inéluctable destruction des stèles funéraires anciennes des cimetières juifs d'Alsace l'amena à en faire l'inventaire photographique, à en donner la lecture et la traduction commentée.

Homme de sciences de par sa formation, il fut à la fois un chercheur méticuleux pluridisciplinaire et un amateur d'art éclairé aux talents multiples. De nombreuses publications portent sa signature, quelques unes en collaboration avec Freddy Raphaël. Dans leurs publications communes, Robert Weyl se consacra essentiellement à l'archéologie et à l'histoire, tandis que Freddy Raphaël étudia les moeurs et coutumes d'un judaïsme appartenant déjà au passé.

Robert Weyl collabora à de nombreuses publications savantes, comme la Revue des Etudes juives (Paris), les Cahiers alsaciens d'Archéologie d'Art et d'Histoire, Saisons d'Alsace, l'Encyclopédie d'Alsace, la Revue d'Alsace, la Revue d'Allemagne, le Nouveau Dictionnaire de Biographie alsacienne, le Dictionnaire du Monde religieux de la France contemporaine, la Revue des Sciences Sociales de la France de l'Est, l'Annuaire de Colmar, l'Annuaire de Molsheim, de Dambach-la-Ville, Barr et Obernai, Communauté nouvelle (Paris), etc..

Le Prix Rocheron et le Prix Toutain lui ont été décernés par l'Académie Française. Il était membre de l'équipe de Recherche du CNRS Nouvelle Gallia Judaica. Appelé à siéger au sein de la Commission Régionale du Patrimoine Historique, Archéologique et Ethnologique de la Région Alsace, il conçut le dessein de mettre sous la protection des pouvoirs publics les nombreuses stèles des cimetières juifs du 16ème au 18ème siècle menacés de disparition.

Robert Weyl est décédé à Strasbourg le 23 juillet 1997.
Il avait toujours à l’esprit ce verset du traité Aboth (2,21) : "tu n’es pas obligé d’achever l’ouvrage mais tu n’es pas libre de t’y soustraire".

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