WASSELONNE

La communauté de Wasselone, créée aprés 1870, loua en 1890, un local qui fut aménagé en oratoire (dans l'actuelle Caisse d'Epargne). La communauté s'agrandit après la première guerre mondiale, alors que le local de prières devenait exigu. Un nouvel oratoire sera alors installé dans une maison située place du Château (ancien Café Best) et inauguré en 1924.
Après la deuxième guerre mondiale, la communauté se réunit dans des maisons particulières, à l'exception des fétes de Tishri, où elle louait une salle à l'Etoile. C'est finalement sur un terrain cédé par la ville, rue de la Poste, qu'une synagogue sera édifiée et inaugurée en 1961.

Histoire de la communauté israélite de Wasselonne
D’après un écrit d’Arsène SCHWARTZ
fait à Wasselonne en juillet 1974, présenté par Arielle GRUMBACH

En 1996, mes parents, Nicole et Francis Schwartz, ont quitté Wasselonne, après plusieurs années passées à essayer de maintenir un minyan au moins pour les fêtes juives à coup d’invitations. Ils ont décidé d’aller de l’avant et ont intégré avec bonheur la communauté de Strasbourg.
Néanmoins, mon père a aussitôt écrit un livre qu’il a intitulé Souvenirs d’un jeune juif alsacien de la campagne dans lequel il a intégré le témoignage de son père ci-dessous.- A. G.

La synagogue inaugurée en 1961 est de style moderne et sobre, est construite en pierres de taille. Son ornement principal est constitué d’un magnifique vitrail couvrant entièrement la façade nord de l’édifice, exécuté par l’artiste Tristan Ruhlmann d’Haguenau. Il représente dans une symphonie de couleurs (bleu, jaune, rouge, vert) le chandelier à sept branches (menorah) et l’étoile de David.
Dans le couloir d’entrée a été placée une photo de M. Léopold Hirsch, bedeau de la communauté israélite de Wasselonne mort en déportation, et une plaque avec les noms des onze déportés et victimes de la guerre de 1939-1945.  

Wasselonne fut, comme beaucoup d’autres villes, cité interdite pour l’habitation des juifs qui avaient élu domicile dans les localités avoisinantes comme Marmoutier, Birckenwald, Westhoffen, Balbronn, Traenheim, Soultz-les bains, Scharrachbergheim, Kuttolsheim, Wintzenheim, Romanswiller où ils vivaient en communautés bien organisées avec synagogue et cimetière.

Ce n’est que vers les années 1880 que nous trouvons les premières traces de la venue des juifs à Wasselonne. Sans connaître l’ordre d’arrivée, nous savons que les premières familles furent : - Kahn de Traenheim - Weil Nathan de Westhoffen - Weil Zahl de Balbronn - Neymann Salomon d’Odratzheim
- Steinberger Bernard de Scharrachbergheim - Weil dit Mincke de Scharrachbergheim - Lévy Léopold de Scharrachbergheim
Quelques années après, d’autres familles vinrent s’ajouter : - Lévy Léonard de Kuttolsheim - Dreyfuss Simon d’Osthoffen - Dreyfuss Achille d’Osthoffen - Loeb Maurice de Haguenau
- Weil Emmanuel de Wintzenheim - Mayer Sylvain de Romanswiller - Roos Léon de Romanswiller

C’est vers les années 1890 que nous retrouvons les traces de la première communauté juive créée à Wasselonne : - président : Weil - secrétaire et trésorier : Steinberger Bernard - ‘hazan : Lévy Léopold - baal tefila et baal tekya : Neymann BenoîtCe dernier assumera son office de baal tefila [officiant] jusqu’en 1920 et de baal tekya [sonneur de shofar] jusqu’en 1940, date de l’évacuation des juifs d’Alsace.
C'est Benoît Neymann qui va donner sa renommée à l’entreprise de fabrication de Matzoth Neymann, fondée en 1850 par son père Salomon et installée à Wasselonne en 1870. Jusqu'en 1930, la production du pain azyme (matzoth) sera réservée à l'usage religieux.

Cette communauté nouvellement créée a connu une période de subsistance assez difficile étant donné qu’aucune allocation gouvernementale ne lui était accordée. M. Lévy Léopold, le 'hazan [chantre], assuma son ministère jusqu’en 1910 et ceci sans aucune rétribution.
La première synagogue fut installée dans le local où se trouve actuellement la Caisse d’Epargne de Wasselonne jusqu’en 1920 où l’affluence de nouvelles familles venant de Wintzenheim, Balbronn et Traenheim obligea la communauté à se pourvoir d’un local plus spacieux : le café Best dans la cour du Château.
En 1910, arrive à Wasselonne, un jeune 'hazan et sho’heth [boucher rituel] Edmond Hoenel de Wintzenheim. Il sera le ministre oficiant de Wasselonne jusqu’en 1948, et sera rémunéré par la communauté jusqu’en 1920.

A partir de 1918, fin de la guerre de 1914-1918, commence "la grande migration" des juifs de Wintzenheim-Kochersberg vers Wasselonne à savoir les familles : - Weil Mayer (le président de la communauté) - Weil Elie - Weil Ernest - Landauer Zahl - Bickard Henri - Hirsch Léopold (le bedeau) - ainsi que Schwartz Isaac de Traenheim

Etant donné le nombre très minime de juifs restants encore à Wintzenheim, ce nombre ne suffisant de loin plus à la tenue d’un minyan, le Consistoire Israélite du Bas-Rhin donna l’autorisation de transférer la totalité de l’inventaire religieux de la communauté de Wintzenheim, y compris la place d’Etat de ministre officiant ('hazan) à la communauté de Wasselonne, ce qui fut d’une très appréciable aide pour cette communauté florissante qui compta à partir de ce moment 25 familles juives.

Fin des années (19)20, nous trouvons donc à Wasselonne :

Bickard Henri, Blum Moïse, Dreyfuss Achille, Dreyfuss Simon, Hirsch Léopold, Hoenel Edmond, Kling Alphonse, Landauer Henri,
Landauer Zahl, Lévy Léonard, Lévy Max, Loeb Maurice, Neymann Benoît, Neymann René, Samuel Jacques, Schwartz Arsène,
Schwartz Isaac, Steinberger Bernard, Weill Elie, Weill Ernest, Weil Ephraïm, Weil Joseph, Weil Mayer, Weil Samuel, Weil Sylvain.

La communauté organisa la première 'Hevra pour hommes et pour femmes dont le but était de s’occuper, en cas de décès, de la veillée et de la toilette du mort, de l’enterrement et des shiva [sept jours de deuil], le tout aux frais de cette 'Hevra qui puisait ses fonds de cotisations mensuelles chez chacun de ses membres. La communauté de Wasselonne ne possédant pas de cimetière, les familles enterraient leurs morts à Romanswiller ou Westhoffen.

Les familles provenaient de plusieurs communautés et avaient chacune des points de vue et des idées différentes cela fut la source de nombreux changements de président et de membres du comité jusqu’à l’élection de M. Neymann René en 1932. Il est encore aujourd’hui notre Parness. De ce moment jusqu’en 1940, nous ne trouvons aucun fait important à relater

C’est en 1940 que commence, pour les juifs de Wasselonne comme pour tous les juifs d’Alsace, de Lorraine et d’Europe, l’exode. C’est le début des années terribles 1940-1945 et pour beaucoup le départ sans retour.
En effet beaucoup de membres moururent dans les camps de concentration créés par les Allemands : Bickard Henri, sa femme Clémence et leur fille Reine - Hirsch Léopold et son fils adoptif Lévy David - Samuel Jacques et son fils Pierre (sa femme Berthe et son fils Jean font parti des rares survivants des camps de concentration) - Weil Prosper - Weil René - Wolff Lucien et sa femme Fanny née Roos. D’autres moururent en France de mort naturelle ou par suite d’émotions à savoir : Dreyfuss Simon - Kling Alphonse - Landauer Zahl - Lévy Leonard - Lévy Mordehaï - Neymann Benoît - Veuve Roos Léon - Roos Mayer - Weil Emmanuel - Weil Lucien.

Ce n’est qu’en 1945, après la libération de l’Alsace, que petit à petit les juifs revinrent à Wasselonne pour retrouver leur synagogue complètement détruite et réaménagée à des fins privées. De son aménagement intérieur rien ne fut retrouvé. Quelques livres de Torah se trouvaient dans un état complètement inutilisable et moisis dans un fossé d’égoût situé à coté du fossé dit Schlossturm qui n’existe plus aujourd’hui. Quelques membres réussirent néanmoins à déterrer quelques sefarim , au risque d’une explosion toujours possible du fait de la présence d’engins explosifs dans ce même fossé, et à les transporter au cimetière de Romanswiller où ils furent enterrés.

La communauté ne possédait plus ni local, ni objets pour le culte. C’est Mme Vve Emmanuel Weil qui, la première, mis une chambre de sa maison à la disposition de la communauté renaissante pour une période de trois mois. M. Edmond Hoenel ayant ramené d'exil un Sefer Torah provenant d’une famille déportée, nous avons pu ainsi recommencer à célébrer des offices religieux.

Puis pendant trois ans, les offices eurent lieu chez M. Arsène Schwartz, jusqu’en 1948 où la communauté put louer une chambre dans une maison, rue du 23 novembre, pour y installer un oratoire. Mais cette maison fut vendue et on dut une nouvelle fois chercher un local.
C’est a ce moment que M. Loeb Maurice mit gracieusement à la disposition de la communauté une très belle pièce qui, après avoir été rafraîchie, a servi de lieu de prière jusqu’à la prise de possession de notre nouvelle synagogue qui eut lieu le jour de Rosh Hashana 1960 (5720).Néanmoins, cette pièce s’avérant trop petite pour recevoir tous les membres de la communauté de Wasselonne et des communautés annexes de Romanswiller et Odratzheim, les offices de Rosh Hashana et Yom Kippour eurent lieu dans la grande salle des fêtes du restaurant "l’Etoile".

Pendant ce temps, le culte s’enrichit de trois Sifreî Torah provenant de la synagogue d’Osthoffen laquelle était restée intacte grâce au curé de la commune. M. J. Kahn mit à notre disposition le seul vestige de la synagogue de sa commune d’Odratzheim : une main guideuse argentée.
M. André Bauer, dernier président de la communauté de Romanswiller, nous remit : un Sefer Torah datant de 1878, 4 couronnes argentées, 2 grandes plaques ciselées et argentées, 2 mains guideuses argentées (Daider), 1 cruche argentée pour le Kiddoush, 1 gobelet (coble) et les objets nécessaires à la cérémonie de fin de Shabath – Havdala (Besombûchse pour contenir les herbes odorantes) qu’il avait réussi à cacher pendant la guerre.

Le cimetière de Romanswiller
M. André Bauer nous confia aussi, du fait que sa communauté était malheureusement complètement éteinte, le Cimetière de Romanswiller (où étaient enterrés aussi les morts de la communauté d’Odratzheim).

Le lieu était dans un état désespéré, les stèles renversées et abimées, le mur d’enceinte à réparer. Il n’y avait pas de chemin dans le cimetière et, également, pas de fonds pour entreprendre des travaux. Pendant longtemps, un Comité de restauration et d’entretien du cimetière et ses présidents successifs M. Neymann René, Dreyfuss René et Schwartz Arsène ont fait le maximum pour restaurer l'endroit. A partir de 1957, le comité a lancé des appels, afin d’entreprendre les importantes réparations nécessaires, auprès de personnes ayant de la famille reposant dans ce lieu. Les travaux ont été finalisés en septembre 1989 notamment avec le soutien des descendants des familles Bauer de Romanswiller qui ont financé à eux seuls une importante partie des travaux de réfection.

La synagogue de Wasselonne

Après la guerre de 1939-1945, beaucoup de villageois juifs d’Alsace ne revinrent plus. Le Consistoire Israélite du Bas-Rhin prit en main les dossiers de reconstruction et de dommages de guerre de toutes les communautés de son secteur, spécialement celles où il n’y avait plus aucun d’espoir de recréer un office.

En 1955, M. Lucien Cromback, architecte DPLG et président du Consistoire Israélite du Bas-Rhin, émit le projet de réunir plusieurs de ces dossiers en vue de faire bénéficier notre communauté d’une synagogue car Wasselonne était un des seuls endroits, à part les grands centres tels Strasbourg, Saverne ou Sélestat, à pouvoir subsister et même s’agrandir avec l’arrivée de familles vivant encore dans des petits villages des environs.
Ce projet incroyable fit son chemin et la ville de Wasselonne fut sollicitée pour obtenir un terrain. La municipalité, sous la direction de M. le Maire Beutelstetter, nous vendit l’endroit, rue de la Poste, à côté des établissements René Neymann, pour la somme symbolique de 1 franc léger.

Le plan de la synagogue fut donc élaboré mais plusieurs empêchements retardèrent l’exécution, à savoir : changement de conseil municipal, lettres sans réponses, sabotages … Ce n’est que début 1959, alors que le dossier paraissait endormi, que M. Claude Marx, secrétaire général du Consistoire, fit des recherches pour savoir la raison de la lenteur d’acheminement de certains dossiers et retrouva, à la mairie de Wasselonne, une lettre sans réponse âgée de plusieurs mois.
Les fonds nécessaires pour la construction de la synagogue provenaient des dommages de guerre des communautés de Marmoutier, Kuttolsheim, Romanswiller, et Odratzheim. M. l’architecte Cromback étant à la retraite, c’est M. René Heller de Strasbourg qui lui succéda. L’entreprise Paul Weiss de Wasselonne fit les travaux. Dès le début, ces travaux se heurtèrent à de très grosses difficultés liées au terrain, entraînant des frais de construction supplémentaires.

La synagogue de Wasselonne fut inaugurée le dimanche 18 juin 1961 à 15 heures. Etaient présents : M. le grand rabbin du Bas-Rhin Abraham Deutsch de Strasbourg, M. le grand rabbin Joseph Bloch de Haguenau, M. le grand rabbin Max Gugenheim de Saverne, M. le rabbin Charles Friedmann de Bischheim, rabbin de la circonscription, M. le Bâtonnier Jules Weil-Sulzer , vice-président du Consistoire Israélite du Bas-Rhin, ainsi qu’un grand nombre de présidents de communautés juives, M. le recteur de la confession catholique Simon de Wasselonne, M. Le pasteur de la confession protestante Weber de Wasselonne, M. le sous-préfet de l’arrondissement Jean Philippe de Molsheim, M. le député Henri Merck de Molsheim, M. le conseiller général et maire de la ville de Wasselonne Charles Habeber ainsi que les conseillers municipaux, M. le maire de Romanswiller Albert Weber ainsi que M. Riehl Eugène premier adjoint, M. le Chef de la gendarmerie
C’est M René Neymann, président de la communauté de Wasselonne qui prononca le discours d’accueil. Entre les discours, M. Bertrand Joseph , ministre officiant de Strasbourg, chanta des psaumes accompagné du chœur de la grande synagogue de la Paix, dirigé par M. Robert Kahn. A l’harmonium : M. Charles Wernert .
Après la cérémonie, un vin d’honneur fut offert dans la grande salle du restaurant l’Etoile.


avant la cérémonie

allocution du grand rabbin Deutsch

arrivée des Sifrei Torah

...et installation dans l'arche sainte - le rabbin Friedemann porte le rouleau

fin de la cérémonie : Arsène Schwartz en costume clair, derrière le G.R. Bloch

sortie de la synagogue

 

En 1960, au moment de la prise de possession de la synagogue, soit à la veille de Rosh Hashana, (les installations intérieures n’étaient pas encore complètement finies), la communauté israélite de Wasselonne se compose des membres suivants : René Neymann (président) et sa femme - M. Arsène Schwartz (vice-président) et sa femme - M. René Dreyfuss (secrétaire), sa femme, ses deux filles et sa mère - M. Max Marx (qui en tant que fils du rabbin Victor Marx, faisait office de Rabbin) et sa femme - M. Henri Landauer (ministre officiant) et sa femme - M. Henri Bloch et sa femme - M. Fernand Cahn , sa femme et ses deux fils - M. Léon Lévy, ses deux fils et sa fille - M. Maurice Loeb et sa femme - M. Robert Neymann, sa femme et sa fille - M. Marcel Roos et sa sœur - M. Jean Samuel, sa femme, ses deux fils et sa mère - M. Francis Schwartz, sa femme, son fils et sa fille - Mme Vve Ernest Weill - Mme Vve Edmond Hoenel - Mme Vve Fernand Klein et sa fille.
De Romanswiller : M. André Bauer et sa mère.
D’Odratzheim : M. Joseph Kahn, sa femme, son fils et ses deux filles - M. Elie Kahn et sa femme.

Arsène SCHWARTZ - Avrohom ben Azriel
1901-1982

 


photo de mariage de Jenny et Arsène Schwartz

photos datant des années 1960
C'était le dixième et plus jeune enfant de Pauline et Seligmann Schwartz de Traenheim. Six parmi ses frères et sœurs ont quitté l’Alsace et la pauvreté pour partir en Amérique "auf die fûnfte reise" : ils s’engageaient pour servir dans les soutes ou les cuisines d’un bateau qui les déposait à New-York; à l’issue de leur cinquième traversée. Deux frères sont morts comme soldats allemands pendant la guerre 1914-1918 dont son frère Edmond né un an avant lui.
Sa Sœur Rosa s’est mariée avec Samuel Picard de Wintzenheim-Haut-Rhin et c’est auprès d’elle qu’ira habiter Seligmann Schwartz, dernier juif de Traenheim, une fois veuf. Le grand rabbin Isaïe Schwartz était un de ses nombreux cousins germains.

Jeune homme, Arsène reprend l’activité de commerçant ambulant de son père, dans le secteur de Marlenheim où il avait un local, tout en se spécialisant dans les tissus pour trousseaux. Après son mariage avec Jenny Weil - une fille d’Elise et Mayer Weil, originaires de Wintzenheim-Kochersberg - le couple s’installe à Wasselonne et Arsène travaille auprès de son beau-père, marchand de grains.

Au moment de l’exode, Arsène est mobilisé et Jenny reste seule avec leur fils Francis âgé de dix ans. Heureusement la solidarité familiale joue et les cousins Weil et Samuel de Wasselonne sont entreprenants. Arsène démobilisé, la famille trouve refuge dans le Tarn et Garonne, à Valeilles, comme métayers. Devenus fermiers et éleveurs, ils assureront, entre autre, le ravitaillement en volailles des juifs réfugiés à Agen sous la surveillance du rabbin Simon Fuks et de Samuel Picard. Ils ont ainsi échappé aux sombres desseins de l’idéologie nazie, ce qui ne fut malheureusement pas le cas de Jacques et Pierre Samuel ainsi que René et Prosper Weil, les cousins de Jenny, réfugiés à 5 km de leur ferme.

Après la guerre, de retour à Wasselonne, il a fallu tout redémarrer mais Jenny et Arsène ne manquaient pas de courage. C’était un couple uni, travailleur, profondément religieux et attaché à leur famille, leurs amis et à la vie de leur communauté.

Jenny - Keïla bath Meïr - née en 1904, est décédée en avril 1985, trois ans après son mari Arsène.    

Fin des écrits de mon grand-père Arsène Schwartz que je me propose de prolonger.

M. Henri Landauer avait repris le poste de ministre officiant après le décès de M. Edmond Hoenel en 1948. Les prières de Shabath furent chantées sur les mélodies suivantes : Ma cabane au Canada, Un chien dans la vitrine, Etoile des neiges…toutes les chansons à la mode de Line Renaud. C’était drôle et, avec le temps, les fidèles s’étaient habitués au Al ‘Heith sur l’air du Chien dans la vitrine.

Le vendredi avant-veille de Shavouoth 1962, M. Henri Landauer décéda brusquement. M. Francis Schwartz le remplaça au pied levé puis pris des cours pendant deux ans à Strasbourg auprès du 'hazan Bertrand Joseph, afin d’accomplir au mieux son service. Sa grande fierté était d’avoir préparé sept enfants de la communauté à la bar-mitswah ainsi que les jeunes Alain Moch de Molsheim et Pierre Blum de Westhoffen.
Il y eu même le mariage de Maurice Cahn dans la petite synagogue

A partir de 1971, M. Elie Meyer, ancien 'hazan de Belfort à la retraite, vint de Strasbourg avec sa femme Georgette pour assurer les offices de Shabath et des jours de fête. Ils logeaient dans un appartement loué par la communauté.

D’après mes souvenirs d’enfant née en 1959, la communauté israélite de Wasselonne se composait de : M. René Neymann et sa femme Betty - M. Max Marx et sa femme Germaine - M. Arsène Schwartz et sa femme Jenny - M. René Dreyfuss, sa femme Marthe et leur fille Michèle - M. Marcel Schwartz, sa femme Carola et leurs enfants Martine et Hubert - M. Jean Samuel, sa femme Claude et leurs enfants Pierre et Yves - M. Robert Neymann, sa femme Janine et leurs enfants Brigitte et Jean-Claude - M. Francis Schwartz, sa femme Nicole et leurs enfants Guy, Arielle, Myriam et Denis - Mme Julia Aron - Mme Sophie Weill (Vve Ernest Weill) - Mme Berthe Samuel - Mlle Claire Lévy - M. Julien Lévy - M. Alfred Lévy - M. Fernand Cahn.
M. Raymond Israël venait de Marmoutier assister aux offices.
A l’occasion des fêtes venaient aussi : Des Kahn d’Odratzheim - M. Roger Cahn de Westhoffen - Mme Régine Umberkandt de Romanswiller et ses enfants Jean, Maurice et Ariel et bien plus tard , fin des années 1980, M. René Weill de Quatzenheim et sa femme Irène.

M. le rabbin Claude Gensburger, par ailleurs aumônier militaire, était le rabbin de Wasselonne. Il venait deux fois par an passer le Shabath à Wasselonne, faisait une dracha (une allocution) à la synagogue pendant l'office du matin, visitait chaque famille et répondait aux questions de la communauté. Il est aussi venu pour chaque bar-mitswah, a célébré les mariagse et faisait les enterrements. C’était un homme de grande culture.

M. le rabbin Roger Cahen ( Rav Guershon) venait le dimanche matin à Wasselonne enseigner aux enfants de la communauté d’âge scolaire. Il enseignait lettre par lettre, demandait de réviser l'écriture et la lecture, de faire un dessin sur l'histoire qu'il venait de raconter, vérifiait la fois d'après et encourageait les efforts. Plus tard il enseignera les bénédictions et les prières avec lecture, écriture, traduction, racontera les fêtes et l'histoire juive. C'était un homme chaleureux, un pédagogue et un conteur exceptionnel. A la fin de l'année scolaire, chacun recevait un prix (en l’occurrence un livre d’intérêt juif) distribué par un membre de la Communauté de Strasbourg au cours d'une petite cérémonie dans une salle des fêtes de Wasselonne.

Certaines familles de la communauté envoyaient leurs enfants en colonie de vacances avec le mouvement de jeunesse Yechouroun d’autant plus que M. Henri Ackermann était dentiste à Wasselonne.

La communauté juive de Wasselonne s’est éteinte petit à petit avec le décès des anciens et le départ des enfants.

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