ROSENWILLER :La communauté - Le cimetière
par Moïse GINSBURGER (suite et fin)

II. — Le Cimetière

Rosenwiller, le cimetière juif - © M. Rothé

Il n'existe pas, à ma connaissance, de document qui nous renseigne sur la date de la fondation du cimetière de Rosenwiller. E Scheid paraît avoir admis qu'il existait déjà au 13ème siècle. Mais Daniel Schoepflin qu'il cite fait allusion aux Juifs de son époque, donc au 18ème siècle, lorsqu'il raconte qu'il y en avait à Rosheim qui enterraient leurs morts à Rosenwiller.

Toutefois, comme nous avons vu plus haut que, selon toute apparence, l'autorisation de s'établir à Rosenwiller fut accordée aux Juifs par les Rathsamhausen, l'Évêque de Strasbourg leur ayant donné l'ordre de les expulser, il est plus que probable que les mêmes Rathsamhausen leur permirent également de fonder un cimetière. Il faut donc admettre que cette permission leur fut accordée à la fin du 15ème ou dans la première moitié du 16ème siècle.

Mais c'est en 1621 seulement, qu'il est fait mention, pour la première fois, du cimetière et de l'inhumation de Juifs à Rosenwiller. C'est à partir de cette année que nous possédons encore les Livres de comptes du bailliage de Dachstein, dont faisait partie le village de Rosenwiller, et ces livres nous renseignent exactement et sur les enterrements qui eurent lieu chaque année et sur les Juifs établis dans le bailliage. Le bailli y inscrivait, en effet, régulièrement les sommes encaissées de la part de Juifs. Nous lisons donc dans le Compte de 1621 :
"Item diss 1621. Jars seindt Ins und usserhalb dem Ampt Dachstein 9 Juden gestorben, und uff der Juden begrebnus im veldt Rossheimweiler Bans begraben und von Jedem alten brauch nach 10 sch, grabgelt empfangen, thut IIII lib. X. sch."
Dans le courant de l'année 1621 neuf Juifs étaient donc mort dans le bailliage de Dachstein et dans les environs et avaient été enterrés au cimetière des Juifs dans le champ de la banlieue de Rosenwiller et le bailli avait reçu de chacun, suivant une coutume ancienne, 10 schillings de droit d'inhumation, ce qui fait ensemble quatre livres et dix schillings.

Il ressort de cette notice qu'en 1621 les Juifs domiciliés dans le bailliage de Dachstein ainsi que ceux des communautés environnantes enterraient leurs morts à Rosenwiller et qu'ils payaient un droit d'inhumation au bailli de Dachstein. Ce droit était déjà, en 1621, une coutume ancienne, de sorte que nous pouvons admettre qu'elle existait, au moins depuis déjà un siècle, ce qui nous amènerait vers 1520, donc à l'époque où Josel vivait à Rosheim (16). Les livres de comptes du bailli de Dachstein postérieurs à 1621 nous permettent d'établir la statistique des enterrements qui ont eu lieu à Rosenwiller de 1621 à 1788.
Ces notices sont conçues, en général, dans la forme suivante:
"1654: Item hat der Schultheiss von Rossenweyler von einem Juden zu Bergbietenheimb, von einer Jüdin zu Kolbsheim und von dreien Judenhindtern, welche alle auf der Juden Begabrus in Rossenweyler Bann begraben worden von jeder Persohn einen Gulten gelüffert, thut zusammen 2 lb 10 sch."
"1654, le prévôt de Rosenwiller a donné pour un Juif de Berghietenheim, une Juive de Kolbsheim et trois enfants juifs, qui tous ont été enterrés au cimetière des Juifs dans la banlieue de Rosenwiller, un florin pour chaque personne, ce qui fait ensemble deux livres 10 schillings."

1656  : 4 Juifs ont été enterrés 1658 : 7 enterrements 1869 : 2 enterrements
1680: 4 1681: 2 1682: 8 1683: 6 1688: 10 1689: 14 1690: 18 1691: 12
1692: 13 1694: 28 1695: 6 1699: 11 1704: 13 1705: 6 1708: 14 1709: 9
1710: 22 1711: 11 1712: 17 1713: 40 1714: 27 1715: 14 1716: 27 1717: 22
1718: 27 1719: 24 1720: 29 1721: 25 1722: 33 1723: 30 1724: 24 1725: 42
1726: 40 1727: 39 1728: 37 1729: 44 1730: 29 1731: 25 1732: 32 1733: 26
1734: 29 1735: 31 1736: 26 1737: 40 1738: 35 1739: 37 1740: 37 1741: 68
1742: 35 1743: 33 1744: 26 1745: 30 1746: 31 1747: 32 1748: 60 1749: 59
1750: 52

1751: 59

1752 : 52

1753: 72 1754: 45 1755: 62 1756: 73 1757: 76
1758: 73 1759: 85 1760: 69 1761: 88 1762: 63 1763: 75 1764: 82 1765: 85
1766: 70 1767: 80 1768: 80 1769: 89 1770: 75 1771: 101 1772: 107 1773: 125
1774: 82 1775: 60 1776: 62 1777: 83 1778: 51 1779: 71 1780: 74 1781: 69
1782: 48 1783: 62 1784: 43 1785: 52 1786: 59 1788: 74    

Si nous considérons cette statistique, nous pouvons constater que de 1656 à 1691 les inhumations se montèrent à 87, ce qui fait une de 11 par année. Cela nous permet de conclure que, selon toute probabilité,  le terrain concédé par les Rathsamhausen avait suffi et qu'aucun agrandissement n'avait été effectué pendant tout le 17ème siècle. Ce terrain est sans doute celui qui est désigné par le chiffre 1 sur le plan de 1767. Il fut entouré de planches en 1727. C'est également à partir de ce moment, s'il faut en croire les auteurs de la réclamation de 1767, que l'on commença à  ériger des monuments sur les tombes.

Cet état de choses paraît avoir duré jusqu'en 1747. Nous lisons, en effet, dans la réclamation : "Non satisfaits de l'emplacement n°1 jusqu'à la ligne AB, pour continuer leur projet ils ont, en 1747 environ, fait l'acquisition des terres entre les lignes ABEF, au lieu que les dite terres, suivant les ordonnances du roi, devaient être vendues au bout d'un an et jour... " Cela est absolument conforme à la vérité. Parmi les contrats du notariat de Dachstein, conservés aux Archives départementales du Bas-Rhin, figure un acte de vente du 20 novembre 1747, d'après lequel Gall Melly, bourgeois de Rosenwiller, en sa qualité de tuteur de l'enfant mineur de feue Catherine Graus, épouse de Florent Beckert, et avec la permission du bailli de Dachstein du 7 novembre 1747 vendit à Aron Meyer, Juif de Moutzig, en sa qualité de représentant des communautés juives faisant partie de la circonscription du cimetière de Rosenwiller, un quart de champ au lieu dit lm Spiss dans la banlieue de Rosenwiller, donnant d'un côté sur la propriété de Lienhard Gries, de l'autre sur le cimetière, en haut sur le ban de Rosenwiller et en bas sur un chemin, pour une somme de 40 schillings, monnaie strasbourgeoise. L'acte fut consigné devant le notaire de Molsheim. Il est conçu en ces termes :

cliquez ici pour voir le facsimilé de l'acte en allemand (.PDF)

La réclamation de 1767

La réclamation de 1767 nous apprend aussi qu'à cette même époque le cimetière fut entouré d'un mur et qu'un lavoir fut construit au point G pour nettoyer les morts avant de les enterrer, et il est dit plus loin dans cette même réclamation: "En l'année 1763, les dits Juifs ont fait l'acquisition du n° 3 qui fait deux arpents, mesure du ban dans ce canton là, toujours contre les ordonnances du roi, au lieu que les dits deux arpents devraient être vendus au bout de l'an et jour ..."

Cette acquisition a été faite effectivement devant le notaire de Molsheim, greffier du bailliage de Dachstein, le 20 mai 1763. Les vendeurs étaient: 1° Catherine Huck, épouse de Joseph Huntzinger, bourgeois de Rosenwiller, 2° Etienne Bronner, 3° Anna Nab, épouse de Johannes Wagner, bourgeois de Rosenwiller, 4° François Meyer, le vieux, 5° Joseph Huck, le moyen. L'acheteur fut encore Aron Meyer. syndic des Juifs: pour et au nom des communautés juives faisant partie de la circonscription du cimetière de Rosenwiller. Catherine Huck reçut 34 florins, Etienne Bronner, 68 florins, François Meyer, le vieux, 34 florins, Joseph Huck, le moyen, 34 florins de monnaie strasbourgeoise. L'acheteur était tenu de payer tous les frais. Tous les vendeurs avaient, en outre, le droit de moissonner les champs vendus an 1763 et 1764. Mais, par contre, ils devaient en payer aussi les impôts. Il nous parait utile de publier, ci-après, le texte intégral des pièces ayant trait à cette acquisition.

cliquez ici pour voir le facsimilé du document en allemand (.PDF)

Tombes anciennes du cimetière juif - © M. Rothé
Il est tout naturel que ces divers agrandissements du cimetière nécessitèrent, à nouveau, le déplacement du mur d'enceinte. C'est à ce déplacement que fait allusion le passage de la réclamation de 1767, où il est dit: "Ils [les Juifs] ont la même année [1763] fait démonter 1 mur sur la ligne EF et en ont fait reconstruire trois autres sur les lignes EHIK indépendamment des dits deux arpents n° 33".

Mais quel était, au fond, le motif de cette réclamation de 1767 ? Nous voyons tout d'abord, qu'elle émanait du prévôt et des conseillers de la commune de Rosenwiller (17).  Ils disaient que "plus de vingt communautés judaïques possédaient la partie la plus ancienne du cimetière depuis trois cents ans environ et qu'elle leur avait été accordée par tolérance et grâce singulière".

Cette remarque prouve, à mon avis, qu'en 1767 déjà, il n'existait plus de document concernant l'origine du cimetière. Cela ressort également du passage qui suit et où nous lisons: "il est à croire que la chose est ainsi, puisque depuis la mort du Christ les nations les plus barbares, par une punition de l'Être infini, ne leur accordent à peine le gîte que moyennant grande rétribution, à qui il appartient". Les auteurs de la pétition ne savaient donc pas de quelle manière les Juifs avaient acquis le cimetière, ils croyaient seulement qu'ils en étaient devenus acquéreurs moyennant une forte rétribution.

Ils déclaraient ensuite que les Juifs s'étaient contentés de cet emplacement pour enterrer leurs morts "pendant le nombre des dites années, qu'ils n'en pouvaient point prétendre davantage pour ce». Cela veut dire, sans doute, que pendant trois siècles environ les Juifs durent se contenter du cimetière primitif, parce qu'il leur était défendu d'acquérir du terrain pour l'agrandir. Il leur était défendu, de même, selon les auteurs de  la réclamation, d'entourer le cimetière d'un mur ou d'une haie, car ils écrivent plus loin : "le dit emplacement était ouvert comme une voirie ordinaire, les dites communautés hébraïques ont eu la témérité à Rosenwiller, en 1727 environ, de le fermer avec des planches, voyant que la communauté, dans ce temps-là, par tolérance, ne s'est point opposée à cette fermeture, en 1749 environ, ont fait construire un mur dans le pourtour".

Il leur était défendu encore, selon l'avis du prévôt et des conseillers de Rosenwiller, d'ériger des monuments sur les tombes. C'est là, du moins, le sens de la phrase suivante : " Il est aisé de croire que le culte de leur religion, jadis, n'était point semblable à celui qu'ils exercent aujourd'hui, puisque dans une partie du n° 1, à l'Est, il  n'y a aucune pierre sur leurs tombeaux, marque évidente qu'ils se croient présentement des héreaux [!] puisque chacun d'eux veut avoir une pierre en forme de mosolé [!] sur son tombeau en particulier, avec un emplacement différent à l'exemple des rois, non contents de s'en conformer comme les catholiques."
E. Scheid ajoute foi à cette observation, puisqu'il écrit : "Lors de l'établissement de ce cimetière, il était ouvert à tout venant et était privé de pierres tumulaires, car les Juifs, dans ce rayon, ne pouvaient avoir, dès l'abord, l'autorisation d'en poser. Ce n'est que quelques siècles plus tard que cette permission leur fut accordée."
Or, il n'existe nulle part, à ma connaissance, le moindre indice d'une pareille défense. Si, en 1767, on ne voyait plus de pierres tumulaires sur une partie du cimetière de Rosenwiller, la raison en pouvait être tout simplement que ces pierres avaient disparu dans le cours des siècles. Cela arrive partout. Au cimetière de Jungholtz, qui a été fondé en 1650, on ne trouve plus une seule pierre funéraire remontant au delà de 1715, mais je me rappelle parfaitement avoir trouvé sur le mur d'enceinte de ce même cimetière un fragment dune pierre qui portait la date de 1695 ! Jusqu'à preuve du contraire, j'admettrai donc qu'à Rosenwiller aussi il y avait, dès l'origine du cimetière, des pierres tumulaires.

La pétition mentionne ensuite les différentes acquisitions de terrains faites par les Juifs pour agrandir leur cimetière, malgré la loi prescrivant aux Juifs de vendre, dans le courant d'une année, les terrains qu'ils achetaient. Il est évident que, sous ce rapport, les auteurs de la pétition faisaient erreur, puisque la loi en question ne pouvait pas être appliquée à un terrain servant de cimetière. Il aurait fallu déterrer les morts avant de vendre le terrain !

Puis,  les pétitionnaires réclamaient contre la construction du mur et du lavoir, et aussi contre le fait que les Juifs n'avaient jamais payé "aucuns deniers de répartition, ni la dixme, à qui elle appartient,  [c'est-à-dire aux Rathsamhausen ou à l'Évêque], terrain mort du dit Rosenwiller de quoi le montant de la répartition ne lui a jamais été diminué."
Or il y a là encore une erreur fondamentale qui prouve qu'en 1767 on ne connaissait plus du tout les conditions dans lesquelles les Juifs avaient été autorisés à fonder leur cimetière. Si, comme nous l'admettons, les Rathsamhausen ont accordé cette autorisation aux Juifs moyennant  rétribution et moyennant paiement d'une certaine somme pour chaque eue inhumation, il est parfaitement compréhensible que les Juifs aient été exempts de payer tout autre impôt. Il en était absolument de même à  Jungholtz, où les Schauenburg avaient autorisé les Juifs à enterrer leurs morts dans les fossés de leur château. Cela ne représentait, en réalité, qu'une tolérance, puisque le terrain restait, après comme avant, la propriété des Schauenburg, tant et si bien que lors de la Révolution, pendant laquelle deux des frères Schauenburg ayant émigré et leurs biens ayant été confisqués, les Juifs furent forcés d'acheter la partie du cimetière qui avait appartenu à ces deux frères. La situation était sans doute la même à Rosenwiller, et ceci explique clairement la raison pour laquelle les Juifs ne payaient pas de contribution pour leur cimetière. Cette raison n'existait évidemment plus pour les terrains acquis de particuliers, à partir de 1747; mais, on conçoit aisément que, le cimetière n'ayant jamais été taxé, il n'ait été par la suite rien demandé. La pétition nous apprend cependant que l'Intendant avait condamné les Juifs, par jugement du 13 mai 1767, à payer les impositions royales pour les terrains acquis depuis 1747.

Les pétitionnaires réclamaient encore contre le droit qu'avaient le Juifs de cultiver les terrains acquis, comme les particuliers avaient celui d'en cultiver d'autres, raison de plus pour que ceux-là dussent payer de impôts.

Ils réclamaient aussi parce que les différentes parties du cimetière étaient peuplées d'arbres fruitiers de différentes espèces et que les pièces de terre appartenant aux particuliers de la dite communauté situées au Nord du cimetière en souffraient. Le mur du cimetière étant élevé de terre de 8 à 9 pieds de hauteur, le laboureur ne pouvait utiliser les dites pièces [de ses terres] pour le retour de sa charrue qu'en perdant une longueur de 40 pieds ; de plus, l'ombre du soleil que faisait le dit mur retenait la neige à l'état de gel plus longtemps que sur la continuation des dites pièces de terre.

Les pétitionnaires demandaient donc:
1° que les Juifs dussent payer les impôts pour les parties 2 et 3 du cimetière selon le jugement de l'Intendant du 13 mai 1767;
2° que les propriétaires de terres attenant au mur du cimetière fussent dédommagés de leur préjudice ;
3° que la porte faite par les Juifs dans le but de faciliter une nouvelle sortie pour aller chercher de l'eau à la rivière fût supprimée;
4° que, par un arrêt définitif, il fût défendu aux Juifs d'agrandir leur cimetière.

L'intendant fit demander aux Juifs un plan détaillé, avec explications. Ce qui fut fait. La lettre y jointe fait mention du plan et d'un mémoire y joint. Il faut donc admettre que les Juifs ont réfuté, point par point, les allégations du prévôt et des magistrats de Rosenwiller. Mais, à notre vif regret, il ne nous a pas été possible de retrouver ce mémoire. C'est pourtant un fait que le cimetière put rester comme par le passé.

Au début de l'année 1794 mourut, à Strasbourg, Emmanuel Samuel, natif de Kolbsheim. Son corps fut transporté à Rosenwiller pour y être enterré. Mais le bruit ayant couru que la déclaration de décès n'avait pas été légalement faite, le cadavre fut arrêté à Rosheim. L'affaire fut déférée aux juges et le 9 Messidor le directoire du district de Strasbourg, en séance publique, prit la décision de poursuivre ceux qui avaient concouru au transfert du cadavre et d'enjoindre aux rabbins de déposer aux greffes des municipalités leurs registres de naissances, mariages et décès, et à tous les Juifs du District, de justifier de leurs moyens d'existence et de l'acquit de leur devoirs civiques (18).

Inventaire des Archives du cimetière

Tombes anciennes du cimetière juif - © M. Rothé

Grâce à la grande amabilité de Monsieur Bloch-Wyss,président de la Communauté de Rosheim et du Comité du Cimetière de Rosenwiller, j'ai pu prendre connaissance des documents dont se composent actuellement les Archives du Cimetière. Un inventaire de ces documents a été dressé, il y a une trentaine d'années, mais il ne mentionne pas la pièce de 1767 que nous venons d'analyser et qui a été publiée par E. Scheid. Elle était conservée autrefois aux Archives de la communauté de Moutzig, probablement parce que le siège de l'Administration se trouvait alors dans cette Communauté. A présent, elle est jointe aux autres documents qui concernent le cimetière et à propos desquels l'Inventaire en question contient les renseignements suivants:

  1. Registre des procès-verbaux du 25 décembre 1877…
  2. Livre de caisse du 9 mai 1876 au mois de mai 1903.
  3. Registre commencé ler Ijar 5566 (1806).
  4. Registre commencé en 5586 (1826).
  5. Registre des délibérations et des décisions du 24 avril 1836. Le scribe ajoute qu'au feuillet 10, ligne 10, N° 30, il y a une place vide, probablement sur la demande de R. David Sintzheim, ancien grand rabbin de Strasbourg, puisque d'un côté était inscrit le nom de sa femme décédée et de l'autre, celui de David, fils de Jacob, de Rosbeim. Au feuillet 61, il est mentionné que le 26mai 1844, Juda de Moutzig fut nommé trésorier. Ce registre va jusqu'en 1860 et est aussi livre decaisse.
  6. Liste des cotisations annuelles de 1857 à 1866.
  7.  Livre de comptes du 12 juin 1863 au 1er  mai 1842. Ce livre contient aussiune liste des enterrements avec les noms des personnes enterrées, les lieux d'origine et les frais d'inhumation.
  8.  Livre de comptes du 1er mai 1841 jusqu'en 1856.
  9. Livre de caissedu mois de mai 186o au mois de mai 1876 (La suite voir au N° 2).
  10. Registre contenant les statuts suivis de délibérations du 26 mai 1844, au 25mai 1865.
  11. Liste des personnes ayant acquis le droit d'inhumation en 1836.
  12. Registre écrit en 5586 (1826) ; v. aussi N° 4.
  13. Registre écrit en 1845.
  14. Registre de correspondance du 2 mars 1869 au 6 septembre 1887.
  15. Souches des reçus donnés aux membres de la. Commission administrative par le président de juillet 1844 à mai 1875.
  16. Livre de souches pour Duttlenheim de février 1844 à avril 1858.
  17. Correspondance de 1836 à 1869.
  18. Livre de souches pour Duttlenheim de mai 1858 à mai 1894.
  19. Livre de souches pour Obernai de mai 1873 à septembre 1891.
  20. Livres de caisse in-4° de 1814 à 1826, de 1860 à 1877, de 1810 à 1814, de 1814 à 1826 (Caisse centrale).

La pièce la plus intéressante est, sans contredit, celle qui porte le numéro 5 et qui porte, en effet, sur la couverture extérieure, le titre :  Registre des délibérations et décisions de la Commission administrative du Cimetière de Rosenweller. A l'intérieur, on lit d'abord, en écriture  latine : Ursprung der Commission über das israelltische Begräonis in Rosenweiler, 24. April 1836, puis en caractères hébreux cursifs :

D'après cette notice, le premier règlement établi pour le cimetière depuis plusieurs siècles aurait donc été celui de 1836. Ce règlement est accompagné d'un Journal, c'est-à-dire d'une sorte d'esquisse historique sur l'origine et le développement du cimetière. Nous croyons devoir en transcrire ici le texte intégral.

cliquez ici pour voir le facsimilé du document en allemand (.PDF)

Ces créances concernent les communautés suivantes : Moutzig, Rosheim, Obernai, Zellwiller, Ottrott, Krautergersheim, Oherschaffolsheim, Kuttolsheim, Soultz, Nidernai, Valf, Duttlenheim, Duppigheim, Lingolsheim, Osthofen, Kolbsheim, Stotzheim.

A la même réunion furent présents les fossoyeurs qui présentèrent les certificats d'inhumation à Méïr Daniel et rendirent compte de leur gestion. Il leur était dû la somme de 18 fr., 9 fr. à chacun.

Le même jour, la Commission fit un nouveau contrat avec les deux fossoyeurs, à savoir : avec Samuel Blum qui remplissait ces fonctions depuis huit ans, avec Léa Roos, sa mère, et avec Salomon Weil, qui avait été nommé fossoyeur, cinq ans auparavant, par Meïr Daniel.
Samuel Blum touchait un traitement annuel de 150 fr., sa mère 100 fr., et Salomon Weil 200 fr. - Ils n'avaient plus le droit dorénavant de se faire payer pour les inhumations. Ils étaient tenus d'acheter de leurs propres deniers et d'entretenir tous les instruments, dont ils pouvaient avoir besoin. Tous les dons, pourboires etc. étaient à partager entre Samuel Blum et Salomon Weil. Ils pouvaient cultiver les champs qui faisaient partie du cimetière et habiter les maisons qui s'y trouvaient. Pour la pose de chaque monument ils pouvaient demander 24 sous.

Personnes enterrés au cimetière de Rosenwiller

L'ancien registre de 1754 mentionné dans la pièce de 1836 a été copié en 1852, mais l'original a disparu. il contient les noms des personnes enterrées au cimetière de Rosenwiller et la date de leur inhumation et constitue une source précieuse pour des recherches historiques et généalogiques. Au cours d'un examen rapide, j'ai noté les indications suivantes :

Les membres de la Commission administrative qui avait ordonné la transcription du registre en question étaient R. Juda ben Menahem, rabbin de Moutzig, R. Johanan ben Jekuthiël Lévy, rabbin de Nidernai, Eliezer ben Neftali Lévy d'Obernai, Joseph ben Ariéh Leopold de Moutzig, Zwi Hirsch ben Simon Bloch de Duttlenheim.

Nouvelles découvertes historiques

Le scribe Hirsch Bloch nous apprend, en même temps, qu'il avait fait des recherches aux Archives de Strasbourg, pendant trois jours, en vue de trouver des renseignements historiques sur le cimetière, mais qu'il n'avait rien trouvé. Il sait par ouï dire que des pierres funéraires avaient été enlevées en 1791 et que le monument du martyr de Dachstein de 1657 avait été brisé à cette même occasion et réparé ensuite. Il en cite l'inscription. Une autre pierre portait comme date les mots "Meschicha ben David = 425 -1665)" ; c'était l'époque de Sabbathaï Zwi.

Il raconte ensuite qu'à la place du cimetière avait été autrefois le Schinderwasen, le champ où l'on enfouisait les animaux crevés, et que pour cette raison, les Juifs avaient dû payer à l'équarrisseur, jusqu'à la Révolution, une redevance afin de le dédommager de sa perte.

Il renvoie à Schudt, Jüdische Merkwürdigkeiten II, fol. 348 §8, où il est question d'un fait analogue concernant le cimetière de Rödelheim près de Francfort-sur-le-Mein. Ce cimetière se trouvait à un endroit nommé Seedam, où il y a vait eu autrefois la potence et plus tard le lieu de sépulture des anmaux crevés. (Schudt remarque aussi qu'on en voyait aucune pierre ni aucun momnument funéraire dans ce cimetière, si ce n'est, par ci par là, le cadavre d'un animal placé sur la tombe. Est-ce vrai ?)

Selon lui et d'après le calcul établi des tombes, c'est vers 1602 que le cimetière devait avoir été fondé.

Gestion du cimetière de Rosenwiller, 1867-1924

© M. Rothé

Tout porte à croire que les commissions administratives du cimetière étaient absolument indépendantes et n'avaient aucun rapport avec le Consistoires du Bas-Rhin. Ce n'est que dans sa séance du 5 février 1867 que ce Consistoire, considérant qu'il y avait lieu de doter le ciemtière de Rosenwiller d'une administration régulièrement constituée, désigna comme devant faire partie de cette administration :

Les Soeurs Bloch (N. C.) à Duttlenheim, président, Mayer (Abraham) à Oberschaeffolsheim, Léopoled (Joseph) à Mutzig, Dreyfus (Samuel) à Osthoffen, Lévy (Salomon) à Obernai, Bernheim (Isaac) à Kuttolsheim, eill (Benjamin)) à Rosheim.
Il décida, en même temps, que le règlement du cimetière devait être soumis à l'approbation du Consinlkstoire, qu'il serait tenu un registre de délibérations et que la Commission rendrait annuellement compte de sa gestion au Consistoire. Le procès-verbal est signé : A. Ratisbonne.

Le cimetière fut agrandi, par suite, à différentes reprises, suivant des actes de vente du 16 juin 1876, du 18 mai 1877 et du 14 juin 1906. Les vendeurs étaient Sébastien Wolff, Marie-Anne Elles, Joseph Buchmann, Stéphanie Bronner et Joseph Wantz de Rosenwiller. Ces actes ont été passés devant les notaires Spitz et Engel à Rosheim et Munzer à Moutzig.

Au mois de mai 1924, l'Administration lança une circulaire pour un appel de fonds à cause de la situation financière du cimetière qui, depuis la guerre, était devenue de plus en plus précaire.
Cet appel eut un succès assez satisfaisant, mais les frais d'entretien et de réparation étant en constante augmentation, les revenus ordinaires ne suffirent plus pour la conservation en bon bon état de cette ancienne nécropole. Les membres de la Commission actuelle, MM. Bloch-Wyss, Rosheim, président, Charles Heimerdinger, Mutzig, trésorier, Jérôme Lévy, Obernai, rabbin, Moïse Bompet, Kuttolsheim, Jules Meyer, Molsheim, Moïse Kahn, Kolbsheim, Isidore Lévy, Duttlenheim, Fernand Lévy, Oberschaeffolsheim, Arthur Meyer, Lingolsheim, Alfred Moïse, Barr, Maurice Lévy, Osthoffen, d'accord avec bon nombre de coreligionnaires dont les parents sont enterrés à Rosenwiller ont l'intention de fonder une Association des amis du cimetière de Rosenwiller afin d'en assurer la conservation perpétuelle. Il serait, en effet, utile et intéressant, si une telle assocition pouvait être mise sur pied et gérée par des personnes actives et influentes. Un des travaux les plus urgents serait, à mon avis, le déterrement et la réparation des anciennes pierres funéraires qui se trouvent enfouies à l'endroit où avaient eu lieu les premières inhumations.
(...)

Synagogue
précédente
Synagogue
suivante
© A . S . I . J . A .