Historique de la Communauté Israélite
et du Cimetière de Rixheim depuis 1798

© M. Rothé
Cimetiere de Rixheim
Au coin de deux routes, enclos derrière des villas, dorment de vieilles tombes, exemptes de croix et souvent couvertes de mousses ; c’est là que le promeneur découvre le cimetière juif de Rixheim.

Il a plus de deux cents ans, et la plus vieille tombe encore lisible date de 1797 et rappelle le souvenir d’Abraham Mosche Dreyfus tandis que dans sa partie «nouvelle » les tombes les plus récentes remontent à quelques années.

Vestige d’un autre temps ce cimetière raconte l’histoire des anciens habitants juifs de Rixheim: une importante communauté riche de 243 individus (représentant 14%de la population du village) vivait ici, aux portes de Mulhouse, ville «libre», protestante et interdite la nuit aux luthériens, catholiques et juifs. A Rixheim dormaient et vivaient alors nombre de colporteurs juifs, commerçants en grains, étoffes, bestiaux etc..

© M. Rothé
Cimetiere de Rixheim
Une synagogue datant de 1763, un mikveh (bain rituel - (dont ne subsiste plus qu’une «rue du bain»), 3 boucheries cachères (dont une sise dans la Judegässerle» remplacée par la rue des Bergers) permettaient à chacun de respecter la Loi tout en vivant en harmonie avec ses voisins chrétiens.

En 1833, on compte 372 personnes israélites à Rixheim; elles aussi participent bientôt à l’exode rural, s’installent dans les grandes villes et essaiment vers Mulhouse, le Bas-Rhin, Paris, l’Allemagne, la Suisse, parfois l’Amérique. Les conflits de 1870, puis de 14-18 marquent progressivement la dispersion de cette communauté active.

Si 54 familles juives (sur une population de 680 ménages) vivent encore en 1863 à Rixheim où elles obtiennent la participation financière de la municipalité pour  la construction du mur d’enceinte du cimetière, moins de cinq y subsistent à la veille de la dernière guerre mondiale. Tandis que la synagogue est démolie en 1931, le cimetière juif, riche de 324 tombes en 1941 se laisse peu à peu envahir par les ronces.

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Depuis cinquante ans, des efforts faits par la Municipalité Rixheimoise, le Consistoire Israélite et quelques particuliers ont permis que se dévoilent à nouveau  ces tombes anciennes; les sépultures de Mordechaï Samuel (1800), Gretel Grumbach (1805), Fanny Hass (1830), Yakov Abraham Levy (1870) pour ne citer qu’elles, côtoient celles du Rav Moïse Monius (descendant du Maharal de Prague), des ascendants du Capitaine Dreyfus et de nombres d’autres Ach, Bernheim, Bloch, Levy encore aux inscriptions érodées, illisibles et dont les descendants exilés ou disparus lors de la Shoah ne peuvent plus entretenir les tombes.

En souvenir de ce passé, de cette communauté, dont les derniers vestiges nous sont précieux, nous vous invitons à commémorer le bicentenaire de cet ancien et attachant cimetière le dimanche 2 avril 2000 à 16 heures

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