Reb Itzig Bische
Le rabbin Isaac BEER alias BAER, BERR
1808 - 1881
Rabbin de Bischheim de 1837 à 1881
par le Grand Rabbin Max WARSCHAWSKI



Vous entendez actuellement les moschelich (les bons mots) de Reb Itzig, racontés par le grand rabbin Max Warschawski za"l.
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Parmi les personnages qui ont laissé un souvenir durable dans le judaïsme d’Alsace, figure, en bonne place Isaac Baer, rabbin de Bischheim pendant 35 ans, connu par tous sous le nom de Reb Itzig de Bische.

Il est né à Bischheim en 1809, selon la plupart des historiens. Mais, dans le registre des prises de noms patronymiques établi en 1808, il serait né le 29 août 1808.

Ses parents : Salomon Berr, rabbin, originaire de Dettwiller et Beyl Seeligmann - qui prendra, en 1808, le nom de Babette Schiff – (son père Seeligmann était le fils du célèbre rabbin Netanel Samuel Bouxwiller, grand Rabbin des terres du Comté de Hanau Lichtenberg). Ils ont, en 1808, trois enfants : Sara (auparavant Dina) 14 ans, Samuel, 12 ans et Isaac nouveau-né (?), le futur Reb Itzig.

Salomon Berr meurt alors que Isaac n'a que deux ans ! Avait-il été enseignant à la yeshiva fondée par Cerf Berr à Bischheim ?

Isaac Berr étudia à Wiesbaden puis à Francfort où il sera l’élève de Salomon Trier et du Rabbin Aron Fould.
Revenu en Alsace, il présente un diplôme rabbinique délivré par le rabbin de Francfort et passe un examen à l’école rabbinique de Metz, grâce à quoi il deviendra rabbin de sa communauté de naissance et le restera jusqu’en 1881, année de sa mort.

En 1855, la famille comprend six enfants. Un de ses fils, Bernard, entre à l’école rabbinique de Paris en 1871, mais il meurt de maladie en 1877 avant d’achever ses études rabbiniques.

Parmi ses camarades d’études à Francfort, figure Alexandre Weill, écrivain juif célèbre en France au 19e siècle. C'est lui qui écrivit la nécrologie de Isaac Berr dans l’Univers Israélite. Selon ce dernier, Reb Itzig possédait en Allemagne une forte culture autodidacte et comprenait quatre ou cinq langues, sans en parler aucune couramment. Très bon talmudiste, il fut un rabbin aimé par ses fidèles pour son humour et pour ses répliques parfois piquantes que l’on se répétait encore il y a une génération.

Il aurait été, comme Moïse Bloch, le 'Hokhem de Uttenheim, un des maîtres de Zadoc Kahn, futur grand rabbin de France.

Comme la plupart de ses collègues, il était d’une stricte orthodoxie et farouchement opposé aux réformes modérées qu’on voulait introduire dans les communautés françaises après 1850.

La tradition orale a conservé le souvenir de sa bonhomie et de sa finesse. Il méritait d’être mentionné parmi les figures rabbiniques de notre passé.

Puis-je rappeler deux autres "facéties" de Reb Itzig za"l, telles qu'on les a traditionnellement contées dans notre famille ?
  1. Nous sommes en période d'élections (sous Louis Philippe ou sous Napoléon III ?). Le candidat officiel s'appelle Bussières, mais il est interdit aux ministres du culte d'en faire état. Alors le shavess avant l'élection, Reb Itzig termine son sermon en disant : "et rappelez-vous, mes chers frères, que nous avons été "Pussière", et que "Pussière" nous serons de nouveau !"

  2. Une paroissienne, un peu geignarde, se plaint au rabbin: "Ah Rebbe je me sens umselig (malheureuse)" Et Reb Itzig de rétorquer : "Ma chère Dame, il vaut mieux être "umselig" qu'être "selig" (défunte)".

Pélagie Baer (ép. Weill), une des filles de Reb Itzig. On peut voir ses enfants à la page : Pourim, 100 ans de déguisements
Compléments biographiques
Extraits du Dictionnaire biographique des rabbins, Berg International Editions, 2008


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