Le Passage de la ligne de démarcation (avril-novembre 1941)
par Herta FRIEDEMANN (*)
1906-1994
וחנה, היא מדברת אל ליבה (**)
Extrait des chapitres VI –VII des Souvenirs de l'auteur


Bientôt les ennuis commencèrent pour les juifs étrangers.
Peu de temps après notre retour de "l'exode", nous fûmes convoqués dans les commissariats de police où on apposa le tampon "JUIF" sur nos cartes d'identité. Nous étions trop connus à Alençon pour nous dérober à cette obligation.

Sigmund et Herta Friedemann avec leurs fils Charles, Herbert et Joë (sur les genoux de son père)
avril 1940
Quand Charles voulut retourner au lycée à la rentrée des classes, en octobre 1940, le proviseur m'avisa avec beaucoup de gêne qu'il n'avait plus le droit de le reprendre comme élève. Le gouvernement de Vichy et les nazis avaient commencé à imposer leurs lois. Seule l'école communale lui était ouverte. Charles fréquenta alors la même école communale que son frère Herbert et son cousin Rudi, et y prépara son certificat d'études qu'il réussit, parmi les premiers, à l'âge de douze ans.

Entre temps, avec l'occupation, la nourriture, et en particulier le pain, le sucre, les œufs, la viande devenaient plus rares. L'été fut très chaud, il ne plut pas assez, et beaucoup d'hommes, et parmi eux des cultivateurs, avaient été faits prisonniers. Le pays manquait de main d'œuvre et de plus, certaines régions furent envahies de doryphores. Ces petits insectes se nourrissant principalement du feuillage des pommes de terre, détruisirent en grande partie la récolte. Des classes entières furent conduites dans les champs par leurs maîtres pour ramasser ces insectes afin de sauver de la récolte ce qui pouvait encore être sauvé.

Les vivres furent rationnés. La famine commença à se faire sentir, principalement dans les grandes villes. Ceux qui avaient assez d'argent pour acheter au marché noir ne souffraient pas trop, mais malheureusement, ce n'était pas notre cas. Par chance pour nous, Berthold, le fils de ma sœur qui était apprenti boulanger-patissier, nous apportait parfois un pain "sans ticket".

Le reste de la famille profitait de nos tickets de viande depuis longtemps. Moi-même avec mes enfants, nous étions devenus végétariens pour des raisons de Kacherout. La chose n'était pas facile et ma mère se faisait du souci, car les œufs et les poissons devinrent eux aussi très rares.

Les Allemands quant à eux, pouvaient acheter n'importe quoi, et les commerçants n'avaient pas le droit de le leur refuser. C'est ainsi que plusieurs boutiquiers demandèrent à Rudi, Charles et Herbert de leur servir d'interprètes. Tous les trois étaient blonds, ils avaient des yeux clairs et ne se distinguaient pas des petits allemands. A tel point qu'un soldat dit un jour à Charles : "Tu viendras avec moi après la guerre, en Allemagne …Tu ferais un beau Hitlerjugend !!!" Les trois garçons ainsi que Gérard, le cousin de ma nièce Béatrice, qui était encore plus blond, furent assez malins pour ne pas éveiller les soupçons. Ils se dirent alsaciens et se firent ainsi un peu d'argent de poche.

1. Première tentative : Avril 1941

Mes sœurs Lilly et Gustel écoutaient, naturellement avec beaucoup de précautions, la radio anglaise brouillée par les Allemands et le gouvernement de Vichy. Nous apprîmes ainsi ce qui se passaient avec les juifs en Allemagne en Pologne et en Belgique, et nous prîmes peur. Hermine, ma belle sœur, fut dépossédée de son commerce. Nous apprîmes également que des juifs avaient pu trouver refuge en zone libre …Sur quoi Hermine, Liesel (une autre belle-soeur) et moi-même - sur l'insistance de mon mari, Siegmund, démobilisé entre temps de la Légion Etrangère et qui se trouvait alors à Lyon - nous avons demandé des sauf-conduits à la Kommandantur pour nous rendre en zone libre. Nous les avons obtenus aussitôt et sans problème. Un soldat allemand conseilla même à Liesel de partir aussi vite que possible avant que le sauf-conduit ne soit périmé. Auquel cas, on pouvait craindre qu'il ne soit pas renouvelé (…)

Mes belles-sœurs et leurs enfants partirent à temps avec leur laisser-passer. Pour moi, affaiblie ou souffrant à ce moment, d'une terrible rage de dents, je n'eus pas le courage d'entreprendre ce voyage … Conséquence : j'ai laissé périmer mon sauf-conduit !

Deux à trois mois plus tard , en avril 1941, je me résolus à tenter notre chance, sans laisser-passer . Sur les indications de parents qui avaient organisé leur passage avec l'aide d'un "passeur", j'ai essayé avec mes trois enfants de franchir la ligne de démarcation en fraude, à Ribérac, près de Périgueux, en Dordogne… Par malheur, au milieu d'une forêt dont les arbres, dépouillés en cette saison de leur feuillage, ne nous offraient aucun abri, nous fûmes surpris et arrêtés par une patrouille allemande accompagnée d'un chien !

Nous fûmes séparés de notre passeur et conduits dans une sorte de vieux château qui tenait lieu de caserne. Là, j'eus à subir un interrogatoire et la fouille de notre sac à dos par un douanier allemand. Une femme me fouilla et examina tous mes habits. J'eus l'impression que ni l'un ni l'autre ne se donnaient beaucoup de mal. D'ailleurs, ils ne trouvèrent rien qui pouvait présenter un intérêt pour eux. Ils confisquèrent mon argent, les quelques bijoux que je possédais et mon carnet d'adresses qui entre autres, contenait l'adresse d'un oncle en Amérique et celle de Siegmund , à Lyon (…) Pour la nuit, nous eûmes droit à des matelas, surveillés par trois ou quatre soldats qui jouaient aux cartes . L'un d'eux me raconta qu'il était de Sarrebrück.

Charles qui ne dormit pas beaucoup, cette nuit là, entendit l'un d'entre eux dire : "Ce gros cochon, il aurait quand même pu laisser passer cette pauvre femme avec ses trois enfants !"

Le lendemain matin, je fus prévenue que j'irais en prison et que les enfants seraient confiés à l'Assistance publique. Je ne souviens plus comment j'ai expliqué, tout en pleurant, la situation aux enfants. Je leur ai préparé leur paquet, un peu de linge et quelques vêtements et j'ai recommandé à Charles de veiller sur ses frères ainsi que sur la trousse de toilette contenant une certaine somme d'argent qui n'avait pas été découverte lors de la fouille.

Bientôt une brave paysanne, requise par le maire d'un village proche, Vanxain en Dordogne, se présenta pour prendre les enfants en charge. (…) Puis je fus conduite en side-car à la prison de Libourne dans la Gironde, par un soldat allemand. Là, je trouvais dans la lingerie transformée en dortoir, avec des matelas à même le sol, à peu près 25 femmes, toutes dans mon cas mais qui n'avaient pas l'air de se faire du souci. L'une d'elles me prévint tout de suite de me méfier, de ne pas faire de confidences, parce qu'elles soupçonnait la présences de mouchard(e)s partout, ce qui était probablement vrai. De la nourriture très maigre, je ne voulus manger que les deux morceaux de pain accompagnés d'une sorte de café, le matin et le soir. Quelques compagnes d'infortune réussirent cependant à me convaincre de manger de tout , afin de ne pas trop m'affaiblir ( ... )

Je fus condamné à quatorze jours de prison et à la confiscation de l'argent qu'on avait trouvé sur moi. Je fis donc connaissance de la prison de Libourne. Madame Soleil qui était je crois l'épouse du directeur, était une brave femme, sachant faire la différence entre prisonnières de droit commun et les détenues envoyées par les "boches". Elle procurait à ces dernières, dans la mesure du possible, un supplément de nourriture et surtout du vin . Les françaises de la région ne pouvaient se passer de cette boisson, sans laquelle elles perdaient le moral. (…) Nous avions droit à une heure de promenade par jour, deux par deux, dans la petite cour de la prison, séparées des hommes par un mur élevé.

Lettre écrite par Charles Friedemann
après la tentative de passage ratée
Je pus écrire deux fois aux enfants et je reçus deux lettres d'eux. Après une semaine chez la paysanne de Vanxain, ils avaient été transférés à la garderie de l'hôpital de Libourne, dirigée et encadrée par des religieuses catholiques. Là, ils furent obligés de participer à tous les offices, dans la chapelle de l'hôpital, et à toutes les prières des repas et du soir avec les autres enfants.

Après deux semaine, l'heure de la libération sonna pour moi. Je rassemblai mes affaires. On me ramena mes enfants et nous fûmes conduits à Bordeaux sans aucune explication. On nous fit entrer dans un grand immeuble gris, puis dans un bureau dans lequel un officier en uniforme nous attendait. Il écrivit quelques lignes sur un papier qu'il me remit en disant, en allemand naturellement, de lire et de signer :

"J'ai bien compris que si j'essayais encore une fois de traverser la ligne de démarcation, je risquais le camp de concentration ."

Je hasardai cependant une question :
- "Où se trouve le camp de concentration ?" … Je connaissais l'existence d'un camp à Gurs en zone libre.
- Pourquoi posez-vous cette question ?
- Parce qu'il s'il s'agit de Gurs, j'arriverais sans doute à me faire libérer.
- Meine liebe Frau, ma chère madame, vous ne semblez pas réaliser ce qu'est un camp de concentration ! De toute façon, je peux vous dire qu'il y en a aussi en zone occupée !"

Je signai, me rendant compte de la gravité de la situation. L'officier m'indiqua ensuite un autre bureau où un second soldat d'apparence "moins nazie" et plus humain, me rendit mes souvenirs et une partie de l'argent qui m'avait été confisqué. Il me fit même un compliment parce que je parlais l'allemand avec les enfants et "m'encouragea" à continuer dans cette voie !

On nous laissa enfin partir et nous nous retrouvâmes dans la rue , dans une ville inconnue. Après réflexion, nous avons décidé de retourner à Libourne. Nous eûmes la chance de rencontrer des compagnons de détention qui nous donnèrent le conseil de nous adresser à la préfecture pour y obtenir des billets de chemin de fer gratuits, des "billets de rapatriement" . Le train partait quelques heures plus tard. Il nous fallait manger quelque chose entre temps …Mais quoi ? Les aliments étaient rares … Nous trouvâmes un petit restaurant propre où on nous servit des tranches d'omelette avec des pommes de terre.

A une autre table, un homme était assis. Il s'approcha de nous et me proposa de nous faire passer la ligne de démarcation, sans paiement. Il avait l'air d'un homme bien, et se présenta sous le nom de Grünewald … Mais j'avais été avertie, en prison, par des femmes plus expérimentées que moi qu'il y avait beaucoup de mouchards et d'espions dans les parages. Je n'avais pas confiance, je le remerciai et refusai. Il n'insista pas et disparut bientôt, mais quand je voulus payer notre repas, on me dit qu'il avait déjà été réglé par cet homme…Mystère !… Toujours est-il que les deux femmes juives de la prison réussirent, peut-être ce même jour, à traverser la ligne de démarcation

Nous reprîmes le train en direction d'Alençon.

2 . Deuxième tentative : novembre 1941

Pendant le "séjour" à Vanxain, Charles, alors âgé de onze ans et demi, avait fait le plan des chemins et sentiers conduisant en zone libre, en prévision d'une autre traversée. Après trois ou quatre mois je reçus une lettre de Madame Chalard (la paysanne qui avait accueilli les enfants ), et à qui j'avais envoyé une photo des trois garçons, avec un mot de remerciement et notre adresse. Dans sa lettre, elle nous proposait de nous aider pour un nouvel essai de franchissement de la ligne de démarcation. Elle nous encourageait à revenir chez elle et nous garantissait au moins 90% de chances de réussite, grâce au concours de quelques jeunes gens, soucieux de nous aider. A la même époque, Siegmund, mon mari, dans chacune de ses lettres, nous demandait de trouver un moyen de le rejoindre à Lyon, car, chaque jour, ou presque, des gens arrivaient de zone occupée en zone libre. En zone libre, on était probablement plus que nous, au courant de ce qui se passait déjà à l'Est, en Pologne.

Finalement, avec la bénédiction de mes parents, nous nous jetâmes dans l'aventure, avec le plan que Mme Chalard nous avait minutieusement préparé.

Première étape : Angoulême où nous devions passer la nuit dans un hôtel qui nous était indiqué. Ma sœur Gustel nous accompagna à la gare, le cœur rempli des plus sombres pressentiments (…)

A Angoulême, à l'hôtel, on nous fit comprendre qu'il fallait nous tenir tranquilles et ne pas nous faire remarquer. C'était évident, l'endroit était rempli d'Allemands en uniforme. Nous n'étions certainement ni les premiers ni les derniers clients à nous trouver dans cette situation. On nous donna une chambre dans une annexe presque vide.

Charles avec ses douze ans, décida le lendemain matin, d'aller à Vanxain, pour y chercher des renseignements complémentaires sur la façon de continuer notre route. Avec quelques tartines et un peu d'argent , il prit le chemin encore inconnu de Vanxain. En attendant son retour, nous visitâmes un peu la ville ( …) J'étais naturellement très angoissée jusqu'au retour de Charles, le même soir ou le lendemain, je ne m'en souviens plus. Dieu merci, il avait réussi et revint sans encombre…. Il avait marché toute la nuit, sans lumière : un vrai miracle ! …

Le plan consistait à voyager en autocar jusqu'à proximité d'une auberge où nous devions passer la nuit ; et à continuer le lendemain jusqu'à Vanxain, à pied, à environ 8 kilomètres. L'autocar était occupé surtout par des soldats allemands et l'un d'eux prit mon plus jeune fils, Joë sur ses genoux. Tout intimidé, Joë ne prononça pas un mot, fort heureusement car à cette époque, il ne parlait qu'allemand. L'auberge aussi était pleine de soldats et l'aubergiste à son tour, nous recommanda de ne pas nous faire remarquer ... Nous reprîmes la route le lendemain matin par des chemins peu fréquentés et à travers champs. Je portais Joë qui n'avait que quatre ans, le plus souvent dans mes bras, ce qui me fatiguait énormément.

Bientôt je fus intriguée par la présence d'un cycliste qui nous suivait. Parfois, il était derrière nous, à d'autres moments, il nous précédait. Finalement il pénétra dans une petite maison au bord du chemin, et je ne le revis plus. Etait-ce un mouchard ?

Joë commençait à se plaindre de la fatigue, quand nous aperçûmes une ferme. Charles et Herbert eurent l'idée d'y demander l'hospitalité pour que nous puissions nous reposer quelques heures . Ils avaient l'intention de se rendre au village pour emprunter une petite carriole en usage chez les agriculteurs, et qui servirait à transporter leur jeune frère. La fermière nous reçut très gentiment, nous offrit des chaises et même du pain avec de la charcuterie. Nous nous contentâmes de pain et de beurre. Charles et Herbert partirent pour Vanxain. La fermière continua à vaquer à ses travaux et nous attendîmes le retour des garçons.

Tout était calme. Tout à coup, j'entendis le bruit d'un vélo qui semblait rouler très vite dehors. La brave femme jeta un coup d'œil par la fenêtre et dit : "C'est un douanier qui passe". Par chance , nous n'étions pas sur la route, et il ne nous avait donc pas vus.
Charles et Herbert revinrent plus tôt que prévu, ramenant avec eux une petite carriole et un vélo pour dame : "Tu sais , Maman , dirent-ils, nous avons rencontré en chemin, à vélo, le même gros salaud qui nous avait arrêtés la première fois. Nous avons dit : Bonjour, monsieur … Il ne nous a pas reconnus ."

Nous avions échappés de nouveau à un grand danger … cette fois, le camp de concentration !

Charles m'indiqua avec précision le chemin qui conduisait tout droit chez Mme Chalard. Je montai à vélo, et me voilà partie sans rencontrer personne. Les garçons me suivaient avec Joë dans la carriole, l'un tirant, l'autre poussant. Madame Chalard m'attendait devant la porte et je disparus vite à l'intérieur. Les garçons ne se firent pas trop longtemps attendre. Notre hôtesse nous expliqua que deux jeunes gens qui montaient la garde, nous feraient signe pour nous informer que la barrière qui matérialisait la frontière entre zones libre et occupée n'était plus surveillée par les Allemands. Je voulus payer Mme Chalard qui n'était certainement pas riche et avait pris de grands risques pour nous, mais elle ne voulut rien accepter.

Après un peu de repos et quelques explications sur l'itinéraire à suivre, un des jeunes gens nous fit les signes attendus : "Maintenant, ne tardez pas, courez vite et bonne chance" nous dit Mme Chalard. Ce n'était pas loin, et Charles qui avait reconnu les lieux, nous guidait. Nous avons sauté la barrière … Sauvés !

Mais nous avions encore une longue route devant nous, environ 13 kilomètres. A un croisement de chemins, nous prîmes la mauvaise direction. Nous étions perdus dans un champ boueux quand il commença à pleuvoir. Désemparés, ne sachant que faire, nous avons aperçu une ferme, un peu plus loin. Le fermier très compréhensif de la situation, ordonna à son valet de nous accompagner.

Sigmund et Herta Friedemann - avril 1940
Il mit un sac sur la tête à cause de la pluie, prit Joë sur ses épaules, et nous voilà à nouveau partis sous la pluie. La nuit commençait à tomber. Il nous fallait encore passer une autre barrière, gardée par des gendarmes français. La zone libre qui ne voulait plus accueillir autant de réfugiés, ne les refoulait pas, mais les internait déjà dans des camps, ce que j'ignorais à l'époque … Par chance, le Bon D. nous envoya une pluie de plus en plus forte. L'eau ruisselait de nos cheveux, de nos vêtements . Lorsque nous arrivâmes à la barrière, les gendarmes s'étaient abrités à l'intérieur de leur guérite. Le valet leur dit :
- C'est la femme du médecin qui veut passer
… Les gendarmes n'avaient aucune envie de mettre le nez dehors pour contrôler nos papiers.
- Qu'elle passe ! …Ils levèrent la barrière
Merci au valet !

Nous étions proches de la ville de la ville de Ribérac, où habitaient plusieurs parents … Miracle ! Cinquante mètres après la barrière, la pluie cessa de tomber et laissa apparaître un magnifique soleil, les derniers rayons avant la nuit.

Nous trouvâmes la maison de ma cousine Trude Haymann, après avoir demandé notre chemin à un passant . Dans la cuisine où brûlait un feu, un petit lac se répandit autour de nous : l'eau de pluie qui tombait de nos vêtements … C'était le 13 novembre 1941, anniversaire de ma mère … Ce jour là, nous avions marché plus de vingt kilomètres !

* L'auteur : Née à Merzig ( Sarre) en 1906, Herta Kahn fut l'épouse du ‘Hazan Siegmund Friedemann za"l, et la mère de trois fils, dont le regretté Rabbin Charles Friedemann za"l. Femme de courage, douée d'un grand cœur et d'une finesse d'esprit remarquable, elle rédigea durant les dernières années de sa vie à Strasbourg et à Paris, de passionnantes mémoires, dont celles recouvrant les années noires … Des mémoires destinées à compléter l'instruction de ses petits enfants et leur connaissance du passé familial. Nous en donnons ici un passage particulièrement marquant.

** "Hanna parlait en elle-mÍme" (1Samuel 1:13).


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