joseph simon (1836-1906) : un enseignant alsacien en terre comtadine, un savant, un républicain (suite et fin)

A la suite du philologue talmudiste Arsène Darmesteter il insiste sur l’importance d’initier l’enfant au Talmud (32). A partir de ces analyses sur les anciens juifs, il dégage des principes pédagogiques dont il s’inspire dans son enseignement :
Eviter le surmenage des enfants et donc ne pas commencer l’enseignement avant six ans. Faire attention à ce que l’enfant comprenne ce qu’il apprend par des interrogations répétées. Il relève ainsi la nécessité d’une discussion entre élèves sur un sujet difficile qui peut être l’objet de débat. A la fin de chaque semaine et de chaque mois le maître se doit de répéter ce qui a été appris, d’où le rôle de la répétition et de la révision. Il insiste sur la nécessité d’entendre chaque élève et de l’entraîner à la discussion. Un thème est à développer par un élève en classe devant ses condisciples (ce qu’on appelle exposé)….

"C’est l’application du principe pédagogique que toutes les méthodes modernes cherchent à répandre, à savoir qu’on cultive les facultés intellectuelles des enfants en favorisant l’observation directe et en provoquant la réflexion personnelle. (33)"
Afin que l’enfant comprenne la douceur de l’instruction, il cite la pratique biblique selon laquelle la tablette sur laquelle l’enfant va lire est enduite de miel et il lui est permis de la lécher à la fin de leçon afin, dit-il d’ "identifier davantage la nourriture intellectuelle et la nourriture matérielle on lui présente ensuite un gâteau" (Ezechiel, 33). Il souligne la méthode des prophètes : "Il faut frapper l’esprit par un objet matériel pour l’amener par analogie à la voie de l’abstrait (34)."

Quelles sont les qualités de l’instituteur chez les anciens juifs selon Joseph Simon?
Il doit avoir l’esprit méthodique et être capable d’exposer, d’une façon claire, et d’après un plan arrêté toutes les parties de son enseignement… (35)
Il conclut son étude en faisant l’éloge de l’école et de ses vertus émancipatrices :

"Et de même c’est l’Ecole qui a entretenu la vitalité, l’énergie, la force intellectuelle du peuple juif, de même ce sera l’Ecole qui rendra à notre chère patrie et son ancienne vigueur et sa place glorieuse à la tête de la civilisation ".
On le voit, l’idéal de du peuple juif, la justice sociale passe par la transmission et l’enseignement :
"La vocation d’Israël, c’est de proclamer la justice. Sa foi, c’est que la justice triomphera un jour (36)."
Mais il est fort conscient des difficultés d’organiser l’enseignement primaire et les étapes nécessaires pour y arriver :
"On n’arrivera pas tout d’un coup à une organisation rationnelle de l’instruction, à celle qui a pour base l’enseignement primaire public. (37)"
Les textes anciens relus par Joseph Simon sont utilisés pour mettre en parallèle la place régénératrice et civilisatrice de l’école pour le judaïsme comme pour la patrie française. Les valeurs des deux groupes sont donc pour lui identiques ou en tout cas tout à fait transposables ou à réinterpréter dans un contexte où l’instruction devient prioritaire. Les principes d’universalisme mais aussi du respect de l‘individu, du goût du savoir, de l’étude, du débat et de la justice qui ont fondé l’enseignement du judaïsme sont sécularisés au bénéfice de la République. C’est par l’enseignement que l’avenir peut devenir meilleur et plus juste.

S’il n’est pas encore "un hussard noir" il est déjà sans doute à sa manière un ardent combattant de la République.
De cette école, va sortir une élite qui intègre les grandes écoles, l’Université, le monde des lettres et les corps de l’Etat tels que l’a décrit Pierre Birnbaum (38), mais il s’agit dans notre cas d’une élite formée en province et non pas à Paris. Le modèle développé par l’historien est donc validé aussi en province dans la région du sud-est.

En voici quelques exemples : Gaston Milhaud, né en 1858 entre à l‘école Normale supérieure en 1878 (sciences). Il est nommé professeur de lettres à la faculté de lettres de Montpellier, puis professeur à la Sorbonne de la nouvelle chaire d’histoire de la philosophie dans ses rapports avec la science ; Son frère rejoint également l’école normale (lettres) en 1879. Emmanuel Bloch est admis à l’école Polytechnique, puis à l’Ecole des Mines de Paris ; Julien Simon (1865- 1936) fils aîné de Joseph devient normalien et plus tard directeur du petit lycée Jeanson de Sailly ; son fils, Jean Simon, polytechnicien meurt à la guerre en 1917. Emile Crémieux prépare une grande école militaire de même qu’Emile Bloch ; Emmanuel Gaston Bloch entre à l’Ecole Saint Cyr et Bernard Lazare (1865-1906) dans le monde des lettres.

En 1897 la ville ferme les écoles antérieurement "réservées aux enfants israélites ", au moment où Joseph Simon prend sa retraite (39). Meurt à cette même date l’institutrice pour filles, Mademoiselle Vidal-Naquet.

un conservateur, fin hébraïsant ouvert sur la région

La deuxième vie professionnelle de Joseph Simon est celle de Conservateur de la bibliothèque Séguier de Nîmes durant laquelle il poursuit et développe ses recherches historiques.

Dans cette fonction dans laquelle il succède à Frédéric Paulhan, il combine à la fois son érudition profane à sa connaissance des manuscrits hébraïques. Il procède au catalogage de deux legs qu’il publie en 1899 et en 1902, le legs Ernest Sabatier (1147 ouvrages) et le legs d’Achille Bardon qu’il classe en y introduisant une nouvelle rubrique, celle de Nîmes et du Gard. Il annote le récit de voyage d’Anduze à Amsterdam d’un protestant Antoine Rodier de Labruguière (1770-1771) qui va retrouver les membres de sa famille exilée à Amsterdam à la suite de la révocation de l’édit de Nantes. Dans ce travail publié en 1900, Joseph Simon montre sa connaissance du fond régional, de l’histoire du protestantisme, son savoir sur les goûts de l’époque, l’art dramatique et l’opéra.

En1875, il fait une critique de la publication des chansons hébraïco-provençales de son ami musicien protestant et hébraïsant Ernest Sabatier sous couvert d’anonymat. Ce texte nous montre sa bonne connaissance du judéo-provençal, du répertoire de chansons, prières dans la langue du pays et des usages de la région (40). S’agit-il d’élégance que de savoir la langue dialectale à cette époque comme l’indique Dominique Schnapper ? (41) Je pense que cette classe d’intellectuels érudits avait une connaissance des usages et langues parlées dans la région. Je ne suis pas sûre qu’il fut "distingué " de connaître le dialecte. Je pense que cela faisait partie des apprentissages de la classe érudite comme cela sera le cas pour la famille Lunel dans le Comtat Venaissin (42).

trois études de joseph simon

Trois des études de Joseph Simon vêtent un caractère particulièrement scientifique.

Son étude des "Juifs de Nîmes", du 11ème au 13ème siècle parue en 1886 vaut pour la multiplicité des sources utilisées, sa connaissance du latin, de l’épigraphie hébraïque, de l’histoire médiévale. Il y appréhende la tolérance de la ville de Nîmes vis-à-vis des juifs. Il y montre comment ils se sont progressivement installés dans la région ainsi que leurs activités. Cet ouvrage de trente neuf pages qui s’appuie sur des documents écrits en latin constitue, d’après l’historien médiéviste Joseph Shatzmiller, une des premières publications scientifiques sur les communautés juives au Moyen Age (43).

La deuxième étude est la reprise du catalogage des manuscrits hébreux du Moyen Age, manuscrits transférés au cours de la Révolution de la Chartreuse de Villeneuve les Avignon à la bibliothèque Séguier. Il entreprend de corriger les inexactitudes du classement précédent celui de 1836, par "une description plus complète, et plus détaillée des manuscrits de la ville de Nîmes". Sa rigueur se retrouve dans l’introduction de son article : " Nous avons soumis ces manuscrits à un examen minutieux et nous nous sommes efforcé de les décrire d’une manière aussi correcte que possible". Il publie les résultats de son travail dans la Revue d’études juives en octobre- décembre 1881, juste un an après la création de cette revue. Y sont précisés les dimensions du parchemin, le type d’écriture hébraïque, la date du parchemin ou sa datation probable, le début et la fin du parchemin en hébreu. Il s’agit d’abord de livres de prières Ma’hzor (le rituel des prières pour les fêtes de Rosh Hashana et de Kipour), des Sli’hoth (Les pardons dits durant dix jours entre Roch Hashanah et Kipour) et les Kinoth (Lamentations en mémoire de la destruction du temple du jeûne du 9 AV) (44).
Il y décrit aussi les peintures des manuscrits de la Meguilah d’Esther qui datent du 13° siècle, des fragments de Sepher Torah, 13°, 14°, 15° siècles. Il y trouve les commentaires des grands talmudistes Rachi, d’Abraham ben Meir de Eszra, du R Lévy Ben Gershom, du Michneh Torah de Maïmonide. Il signale également les manques de l’édition qu’il a sous les yeux. Il y met en lumière les écrits et correspondances du sage R Yedayah ha Penini de Béziers et du rabbin Grand R. Salomon ben Adreth de Barcelone. Pour identifier les manuscrits, il utilise les travaux de l’école du judaïsme allemand de Leopold Zunz, Zur Geshichte und Literatur, Literatur Geshichte der Synagogen Poesie, de L’histoire des livres de prières de Heinrich Graetz et de sa très grande histoire des juifs, Geshichte der Juden.
Il corrige, compare les gloses qui ont été portées sur les manuscrits. Il connaît donc aussi le français roman puisqu’il fait les corrections de transcription de l’hébreu du français roman "qé oil ne voït acor ne doit" ce qu’œil ne voit à cœur ne fait pas de peine. Pour cela, il s’appuie sur les travaux d’Arsène Darmesteter (1846-1888). Ce philologue romaniste a écrit un dictionnaire avec Hatzfeld et a étudié les gloses en français des manuscrits de Rachi à Oxford (45).
On peut ainsi s’interroger sur le rôle de passeur qu’ont pu jouer les rabbins, les instituteurs et les savants de tradition germanique qui connaissaient aussi bien les textes de la Wissenschaft allemande que ceux de la Wissenshaft française et ont même été partie constitutive de la science juive française. Ce rôle d’intermédiaire d’une langue à l’autre, d’une culture à l’autre est tout à fait probant chez Joseph Simon.

Avec la troisième étude, il effectue une recherche d’épigraphie hébraïque "Les Inscriptions tumulaires hébraïques du Moyen Age à Nîmes", qu’il présente à l’Académie du Gard dont il est membre depuis 1882 :(46)

"La notice que j’ai l’honneur de soumettre à l’Académie a pour but de faire connaître une de ces saintes reliques. C’est une pierre tumulaire avec inscription hébraïque provenant probablement d’un cimetière désigné, dans un document de 1360, sous le nom de cimetière Posterla, que la communauté juive possédait, au moyen âge à l’endroit appelé au commencement du 11° siècle déjà Puech Jésiou, Puy Jasieu, aujourdhui le Mont Duplan (voir Mesnard, TI 412, 3 93.) … Cette inscription n’est mentionnée par aucun des écrivains tant anciens que modernes, qui se sont occupés d’épigraphie nîmoise ….Les pierres tumulaires hébraïques du moyen âge sont très rares."
Et il la reproduit à l’identique pour montrer comment elle se présente sur le linteau : Zeh kéver hahkam Hanikbad R Yichaq, (Ici le tombeau du sage Hanikbad, le rabbi Itsh’ak, fils de Habib, fils de Méir) .

Son érudition n’est pas exclusivement dédiée à une élite bourgeoise ou à la communauté juive ; il la transmet près de quarante ans durant de 1858 à 1897 à un public très divers : " Il est admiré par des élèves de toutes confessions" (47). Ses recherches et sa renommée le font élire à l’Académie de Nîmes, cercle d’érudits appartenant à la bourgeoisie et à l’aristocratie locales. Partie prenante de l’élite, très sollicité et invité pour la qualité de ses controverses, il ne renonce pas pour autant aux principes de justice, de solidarité et à son aspiration à la réforme socialiste. Il s’engage publiquement en soutenant la Commune. Son petit fils Maurice Simon le décrit comme un " républicain presque rouge, un vieux défenseur du peuple." (48)Patriote, juif, il manifeste sa cohérence en devenant un ardent défenseur de l’enseignement populaire au service de la République.

Le défenseur du peuple

Il s’engage sur plusieurs fronts :
Le premier est celui de la défense de la République contre l’Empire. En novembre1870, patriote affecté par la perte de l’Alsace, il est volontaire en 1870-1871 comme " mobile" et n’hésite pas à s’engager dans l’association "Société de propagande républicaine démocratique", aux côtés des Laroque, Nègre, Bigot, Penchinat, Carcassonne qui soutiennent publiquement un Appel à la République contre l’Empire. Cette association sera interdite par la préfecture le 21 mars 1873 (49). Il opte en tant qu’Alsacien pour la nationalité française le 29 juin 1872. Le maire lors de son discours à ses funérailles en 1906 rappelle son combat républicain : "Aux heures de lutte aussi bien à la fin de l’Empire que dans les périodes troublées de la République, on le vit combattre vaillamment au premier rang parmi les militants à côté des Cazot, [avocat républicain] et des Laget [préfet nommé en 1870] ."
L’intérêt de cette figure de l’israélite réside dans le fait qu’il ne sépare pas les textes anciens de son action. Au contraire, il y puise et légitime son engagement. Son intérêt pour la cause républicaine se retrouve dans la publication sur les Anavim et le socialisme des prophètes en 1891 (50). Il y fait l’éloge de ce groupe : "C’est au triomphe de la justice qu’ils croient sur cette terre. La justice pour eux, c’est un état social où il n’y aura plus d’iniquités, plus de misère, plus de souffrances." Il conclut d’une manière plus générale par un appel à la réforme de la société contre les inégalités sociales et une meilleure solidarité entre les hommes : "Faut-il désespérer d’une organisation sociale plus équitable pour les droits et plus favorables pour les besoins de chacun. Faut-il décourager ceux qui se passionnent pour les réformes qui doivent rendre meilleur le sort d’un plus grand nombre ?"
De Zadoc Kahn, son ami, il reçoit pour Rosh Hashana, le 1er septembre 1893, la lettre inédite qui traduit le climat de tension de l’époque, sa sensibilité politique ainsi que la position du grand rabbinat de France: "… Vous êtes encore en pleine lutte électorale dans le Gard. Je m’intéresse à la candidature de M. Crémieux qui semble avoir beaucoup de chances de l’emporter. Tant mieux. Nous n’avons pas à nous plaindre comme Juif du résultat des élections. Tous les antisémites bruyants, tous les amateurs de scandales ont succombé, les candidats israélites, combattus avec acharnement, on été réélus. Nous ne pouvions pas espérer mieux. " (51)

Le deuxième front est le développement de la ligue de l’enseignement. Ainsi, avec son ami Léon Carcassonne, médecin des hôpitaux, délégué cantonal à la santé, prend-il une part active à la fondation de la bibliothèque populaire en 1869. Dix ans plus tard, elle contient 2364 volumes. Son idéal de justice et sa foi en un monde meilleur se traduisent aussi par son engagement dans la ligue de l’enseignement qu’il crée en 1869 et il préside le cercle nîmois en 1881. Il organise des cours populaires dans les quartiers populaires de Nîmes, cours du soir pour adultes qu’il préside en 1879. Dans toutes les œuvres de la ligue de l’enseignement, bibliothèque populaires, cours du soir se retrouvent aussi en très grand nombre, les protestants nîmois (52). En 1879, il introduit ainsi l’assemblée de la ligue de l’enseignement : "Notre société compte aujourd’hui dix ans d’existence, et quoique ses ressources n’aient pas été grandes, elle n’est pas sans avoir rendu de précieux services à la cause qui nous est chère de l’instruction et de l’éducation populaire ". Quatre moyens sont à l’œuvre : prêt de livres, cours élémentaire du soir, conférences publiques sur des sujets littéraires et le Sou des écoles.

Enfin le troisième front dans lequel il s’engage est celui du monde ouvrier et professionnel. Sa connaissance des textes anciens, sa réflexion sur l’enseignement, sa longue pratique d’instituteur lui donne une légitimité pour être désigné comme rapporteur de l’amélioration de la qualification professionnelle des ouvriers dans le textile. Il est ainsi chargé en 1881 d’un rapport sur l’enseignement professionnel qui a pour objet la réorganisation de l’Ecole de Fabrication (53).

Conclusion

Tout au long des discours et textes qui accompagnent l’existence de Joseph Simon, le terme d’"israélite" apparaît fort peu. Joseph Simon appartient-il donc à la catégorie des israélites ? Nous constatons que durant cette période de la moitié du 19° siècle et du début du 20° siècle, le terme "juif " alterne avec le terme d’"israélite". Le terme d’"israélite" est souvent utilisé par des personnalités non juives. Il semble donc appartenir à l’autre, à celui qui n’est pas juif et dénote un respect, un désir de ne pas froisser parce que le terme de "juif " reste à cette époque discriminatoire ou peut être utilisé comme tel. A quelle figure de l’Israélite sommes-nous alors confrontés ?
Joseph Simon, homme érudit, enseignant ouvert à une multiconfessionalité, inscrit dans un contexte local, a su assurer la congruence entre la lecture des textes bibliques, sa religiosité et les valeurs de justice, d’égalité de la III° République.
Contrairement à d’autres figures d’israélites, il n’y a pas de déjudaïsation, d’assimilation chez lui. On ne trouve pas non plus un attachement de type exclusivement culturel ou institutionnel au judaïsme. Peut-on dire qu’il s’agit d’un juif consistorial ? Oui sans doute, mais pas uniquement.
Il n’y a pas rupture nette, entre espace public et espace privé, mais avant tout un transfert, une transposition ou une "transfiguration " d’un monde à l’autre.
En effet, Joseph Simon puise son ardeur de patriote, de démocrate dans la connaissance des textes anciens qu’il sécularise pour en faire bénéficier l’espace social et l’espace politique. Il croit à la vision prophétique du judaïsme comme à celle de la République. Etait-il un français israélite ou un israélite français ? A notre sens, il conjuguait ses deux qualités sans les hiérarchiser.

Lors de son discours funéraire en 1906, le rabbin Kahn déclarait : "Il n’était pas de ceux qui croient que la religion est obligée de se cacher dans la nuit de l’ignorance ou ceux qui rougissent de leur origine, de leur nom, de la foi de leurs pères. Toujours, il a vécu en vrai juif. Sincèrement croyant, respectueux des vieilles traditions, il savait être néanmoins de son pays et de son époque. "
Joseph Simon présente ainsi une figure de l’israélite nuancé qui ne s’éloigne pas du religieux et qui tire de la connaissance approfondie des textes bibliques, une méthode pédagogique dynamique et rationnelle, un ensemble de valeurs de justice et de solidarité tout comme un engagement patriotique à l’égard de la France et de la République. S’il est "converti aux valeurs révolutionnaires, patriote passionné et sourcilleux" (54), il n’est cependant pas "assimilé par l’enseignement laïc, gratuit et obligatoire de la III° République". Il transmet cet enseignement tout en restant fidèle aux règles religieuses du judaïsme.
Il apparaît donc comme une modèle de l’israélite qui combine tout à la fois pratique religieuse, militantisme et ferveur républicaine.

Bibliographie de Joseph Simon


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