Comprendre les fêtes d'automne
Soukoth - Hoshanna Rabba - Shemini 'Atsereth - Sim'hath Torah
par Barbara Weill


  En Israël En Diaspora
10 tishri Yom Kipour Yom Kipour
10-14 tishri Construction de la Souka, préparation du Loulav
14 tishri au soir Veille de Soukoth Veille de Soukoth
15 tishri Soukoth (jour férié) Soukoth (jour férié)
16 tishri   Soukoth (jour férié)
Hol HaMoëd (jours intermédiaires de) Soukoth
- Le Haqhel - Sim'hat Beit HaShoëva
19 tishri Veille de Hoshanna Rabba Veille de Hoshanna Rabba
20 tishri Hoshanna Rabba Hoshanna Rabba
21 tishri Shemini 'Atsereth et Sim'hath Torah
Fin de l'habitation dans la souka
Shemini 'Atsereth
22 tishri   Sim'hath Torah
Fin de l'habitation dans la souka
Le mois de Tishri est le premier de l’année juive, et le plus riche en fêtes et solennités : Rosh Hashana (1er et 2 du mois) ; Yom Hakipourim (le 10 du mois) ; et Soukoth (le 15 Tishri), qui dure sept jours et se prolonge par Shemini Atsereth et Sim'hath Torah. Fêtées le 22 et le 23 Tishri en Diaspora; ces deux dernières solennités sont célébrées ensemble le 22 Tishri en Israël.
Les dix premiers jours du mois sont appelés les "Jours redoutables", jours de gravité, de recueillement et de retour sur soi que conclut - au terme d'une gradation insensible vers la sainteté, la pureté, la pénitence et le pardon - la journée solennelle du Yom Hakipourim.
Rosh Hashana et Yom Hakipourim sont des solennités empreintes de gravité et d’austérité, tandis que Soukoth et Sim'hath Torah sont célébrées sous le signe de la joie et de l’allégresse. On les appelle Zmanei sim'hatenou : "temps de notre joie".

A la suite de Pessah et de Shavouoth, Soukoth est la troisième des fêtes pèlerinage, Regalim : lorsque le Temple existait, le peuple s'y rendait en procession au cours de ces trois fêtes, pour apporter des offrandes sur l'autel. Pour cette raison, la Torah désigne ces trois solennités sous le nom de : "fêtes de Dieu".
La fête en elle-même porte plusieurs noms. La Bible l'appelle 'Hag HaSoukoth (fête des tentes ou fête des cabanes), 'Hag Haassif (fête des vendanges) ou simplement He'hag, c’est-à-dire : la Fête par excellence, celle où la joie est la plus franche. En effet, à Pessah, la Torah (Deutéronome 16) ne nous ordonne guère explicitement de nous livrer à la joie. A l'occasion de Shavouoth, il nous est prescrit une seule fois : "Et tu te réjouiras devant l'Eternel ton Dieu..." tandis qu'à Soukoth les invitations à la joie et à l’allégresse apparaissent trois fois.

La fête de Soukoth

La fête de Soukoth est appelée en français la fête des Tabernacles, des Tentes ou des Cabanes. Elle dure sept jours ;les deux premiers jours (le premier seulement en Israël ) sont totalement fériés. Les jours intermédiaires sont appelés 'hol hamoëd ("jours de fête non-fériés" ou "jours intermédiaires").
La Bible mentionne à la fois le Hag ha-Asif (la fête des vendanges, Exode 23:16) : "au déclin de l'année, lorsque tu rentreras ta récolte des champs..." (en effet, c'est l'époque de l'année où les vendanges sont terminées en Israëlà et le Hag ha- Soukoth (la fête des Cabanes, Lévitique 23: 34), qui rappelle le temps où les Israélites vivaient dans des huttes ou des tentes en branchages (soukoth) pendant leur marche à travers le désert. En souvenir, la fête de Soukoth est caractérisée par la construction de huttes de branchages sous lesquelles on réside, ou au minimum on prend ses repas, et par la récolte de quatre espèces de plantes, ainsi que par des prières d'action de grâces adressées à Dieu pour la fertilité de la terre.

La souka

Couverte uniquement de feuillage, la souka se dresse directement sous la voûte du ciel, refusant de l'arbre ou du toit de la maison la protection et l'ombrage. Parfois, elle est perchée sur un balcon dont elle utilise la barre d'appui et le mur, ou bien elle occupe une pièce dans l'appartement, située immédiatement sous le toit, dont on a remplacé momentanément les tuiles par de la verdure.
C'est cette voûte rustique, le sekhah - d'où dérive le mot souka - qui représente la partie la plus importante. Seuls y sont admis branchages et feuillages, soutenus par des lattes en forme de claie. Ils sont suffisamment fournis pour que l'ombre qu'ils projettent sur le sol soit plus étendue que le jour qui parvient à les traverser. Par ses interstices, on peut cependant la nuit, apercevoir les étoiles et le sekhah n'est pas assez épais pour s'opposer à la pluie.
En Alsace, le plafond de la souka est formé d’un treillis de bois sur lequel on dispose dans tous les sens des branches de sapin, coupées des forêts voisines. On place à l'intérieur, accroché au treillis, un oignon piqué de plumes de coq, qu'on appelle le chauté.


Alphonse Lévy - Dans la soukka

La soukka est un lieu de résidence temporaire, construit pour la fête. On commence sa construction au sortir de Yom Kippour, Tapis, draperies, tableaux, le beau linge et la plus riche vaisselle émigrent de la maison pour lui conférer un caractère confortable sinon luxueux. On la décore de guirlandes, de fruits artificiels, de photos de rabbins, de dessins d'enfants, etc.).

La prescription de "résider dans la soukka" signifie qu'il faut y demeurer comme dans une maison, et y réaliser ses occupations habituelles, bien que ce soit le début de la saison froide en Europe ; les femmes, les malades et les enfants en sont dispensés. Il faut au moins y prendre un repas le premier soir de la fête (ainsi que le second, sauf en Israël), même par temps de pluie, bien qu'en ce cas, l'essentiel du repas puisse être pris dans la maison tant qu'il pleut. Les pluies exemptent de dormir dans la souka, et celles qui risquent de gâter le repas en traversant le skhakh, d'y manger.
Chaque fois que l'on se rend dans la souka pour y séjourner, et en tous cas avant les repas, on bénit "Celui qui nous a sanctifie par ses commandements et nous a ordonné de résider dans la souka."

Il est de coutume de convier famille, amis, voisins, etc., à partager un repas dans sa souka. Dans une prière d'origine kabbalistique, on invite également certains "hôtes célestes", les Oushpizines (invités en araméen): Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, Moise, Aaron et David. Par leur présence invisible dans la souka, ces pères protecteurs ne rappellent pas seulement la grandeur du passé, mais encouragent aussi les Juifs, soumis à la tragédie de l'exil et de la dispersion, à supporter et à attendre la délivrance avec confiance.
Dans certaines familles, on invité aussi des oushpizziyoth : Sarah - Rebecca - Rachel - Léa - Myriam - Déborah - Esther.
Souvent des images représentant ces héros bibliques ornent eux aussi les murs de la souka.

L'usage s'est répandu peu à peu de construire dans la cour de la synagogue une souka communautaire, destinée à ceux qui sont dans l’impossibilité matérielle d'en posséder une.

La souka a une particularité qui la rend supérieure à touts les autres commandements, : ceux-ci sont pratiqués avec une certaine partie du corps, ou impliquent certaines activités spécifiques, par exemple, les tefilîn sont mis sur le bras et sur la tête. Par contre, le commandement de la souka "entoure" tout notre corps et englobe toutes les activités humaines. Ainsi, pendant la semaine de Soukoth, toutes nos activités quotidiennes - boire, manger ou dormir, etc. - deviennent des mitsvoth, des commandements divins et des actions saintes parce que nous les accomplissons dans la souka.

Les quatre espèces (le loulav)

"Vous prendrez le premier jour, du fruit de l'arbre Hadar, des branches de palmier, des rameaux de l'arbre Aboth et des saules de rivière; et vous vous réjouirez, en présence de l'Eternel votre Dieu, durant sept jours" (Lévitique 23:40). Un millier d'années environ après l'installation des premiers Hébreux en Eretz Israël, nos maîtres commencèrent à rédiger la Mishna. Ils définirent avec beaucoup de précision les instructions relatives à la fête dans le Traité Soukoth.
A la place de la branche de palmier-dattier ouverte, ils instituèrent l'usage du loulav, qui est une branche embryonnaire du même arbre. Ils décidèrent que la branche d'un "arbre touffu" serait le myrte (hadass), et que le "fruit majestueux" serait le cédrat (ethrog). Ils définirent aussi la race de saule (aravoth) qui devait être jointe aux quatre espèces.


Alphonse Lévy - Le loulav
A la fin de la prière du matin, on saisit le bouquet ainsi constitué dans la main droite, y joignant le cédrat tenu verticalement dans la main gauche, et on les agite par trois fois dans la direction des points cardinaux, puis vers le haut et le bas. Cette prescription est appelée netilath loulav - "port du loulav") car le loulav est l’espèce la plus voyante et désigne donc les quatre espèces dans leur ensemble. Diverses interprétations ont été données à ce geste ; l’une d’elles suggère que l’on conjure de la sorte vents et précipitations mauvais, d’où qu’ils viennent
Une bénédiction précède ces gestes qui se répéteront à plusieurs reprises au cours de la récitation des psaumes du Hallel. Il est recommandé de posséder son propre loulav, bien qu'à la rigueur on puisse emprunter celui de la communauté.
Les femmes ne sont pas tenues de réaliser la prescription des quatre espèces.

Selon Maïmonide, les quatre espèces végétales représentent le plus beau fruit (cédrat), le meilleur parfum (myrte), la plus belle feuille (palmier), et la précieuse plante dont la présence indique la proximité de l'eau (saule).
La Kabale propose une autre interprétation symbolique : les quatre espèces représentent les quatre catégories d'hommes qui forment le peuple d’Israël : Les hommes de savoir et de mérite (le cédrat, qui joint le parfum à la beauté) ; les hommes de savoir mais dépourvus de mérite (le myrte, parfum mais d'aspect quelconque) ; les hommes de mérite mais qui n'ont aucun savoir (la branche de palmier, majestueuse mais inodore) ; et enfin, les hommes ignorants que ne rachètent aucune action méritoire, assimilés au saule qui est sans beauté ni parfum.

Autrefois, dans les communautés européennes et notamment en Alsace, l'acquisition des quatre espères représentait pour le fidèle une dépense importante. En particulier le cédrat (l'ethrog), qui devait être parfait et qui était importé des pays du sud, pouvait atteindre des sommes pharamineuses (c'est toujours le cas aujourd'hui). C'est pourquoi il arrivait que la communauté n'achète qu'un seul cédrat pour tous ses membres, et des débats orageux portaient sur le fait de savoir qui aurait l'honneur de le tenir en main, comme nous le raconte A. A. Fraenckel à propos de Marmoutier.

Rite et liturgie

La fête de Soukoth était principalement, à l'époque des premier et second Temples de Jérusalem, une fête de pèlerinage, au cours duquel les Juifs étaient tenus de se rendre à Jérusalem pendant sept jours et d'y faire des offrandes à Dieu selon les ordonnances bibliques.
Bien que de nombreux Juifs se rendent de nos jours en pèlerinage au Mur occidental en l'absence du Temple reconstruit, la liturgie se concentre principalement, comme à Pessa'h et Shavouot, sur le souvenir des anciens rites et offrandes.
Le rituel liturgique de Soukoth partage avec ces deux festivals :

Lecture de la Torah
On lit à Soukoth les passages bibliques relatifs à l'ordonnance de la fête (Lévitique 22:26 - 23:44 et Nombres 29:12-16).
Au premier jour, le quatorzième chapitre du livre de Zacharie est lu dans son entièreté comme haftara (lecture d'une section complémentaire) ; au second jour (qui n'existe qu'en diaspora), c'est le passage du Livre des Rois rapportant l'inauguration du Temple de Salomon, dont les réjouissances durèrent pendant tout le mois de Tishri, et particulièrement à Soukoth, qui fait l'objet de la lecture complémentaire.

Lecture de l'Ecclésiaste
La lecture du Livre de l'Ecclésiaste (Qoheleth) au cours de l'office du matin du Shabath de hol hamoëd (ou du premier jour de la fête, si le 15 tishrei a lieu un Shabath), est une institution rabbinique tardive qui cherche à maintenir les manifestations de joie à un seuil raisonnable, du fait des débars sur la vanité de l'existence et le rappel que l'homme est appelé à rendre compte de tous ses actes devant Dieu.

Le Haqhel[
Selon la tradition rabbinique, au temps du premier Temple de Jérusalem, tous les pèlerins, hommes, femmes et enfants étaient rassemblés devant le parvis du Temple le premier jour de hol hamoëd de la première année du cycle sabbatique, où le roi (du royaume unifié d'Israël puis, après le schisme de Jéroboam, de Juda), juché sur une estrade en bois construite pour l'occasion, lisait quelques passages à partir du début du Deutéronome.
Le Haqhel n'a plus eu lieu depuis la destruction du Temple, mais quelques groupes, ainsi que le gouvernement de l'état d'Israël, l'ont reproduit, à plus petite échelle.

Sim'hat Beit HaShoëva
La sim'hat beit hashoëva "réjouissance du lieu du puisage") est une ancienne coutume du temps du Temple de Jérusalem, liée à la cérémonie de la "libation d'eau".
L'eau de la cérémonie était tirée du bassin de Siloan dans la Cité de David, en contrebas du Temple. Ensuite, chaque nuit, des dizaines de milliers de spectateurs se réunissaient dans la cour extérieure du Temple pour voir la Sim'hat Bet HaShoëva, et les plus pieux parmi l'assistance dansaient et chantaient des louanges à Dieu. Les danseurs portaient des torches allumées, et étaient accompagnés au son de harpes, lyres, cymbales et trompettes des Lévites. Selon le traité Soukka, "Celui qui n'a pas vu la réjouissance au lieu de la libation d'eau n'a jamais vu de réjouissances de sa vie." De nos jours, cet évènement est remémoré par un rassemblement où l'on chante, danse et boit dans une synagogue, une yeshiva, ou un autre lieu central de la vie juive. Les rafraîchissements sont servis dans une souka adjacente. Des orchestres sont souvent invités. Les festivités commencent à une heure tardive et peuvent durer jusqu'à des heures avancées du petit matin.

Hoshana Raba


Procession de Hoshanna Raba à la synagogue Ohel Nehama de Jérusalem - © M. Rothé
Hoshanna Raba présente un caractère pluriel le rendant unique parmi les jours saints du judaïsme. Il assume en effet un caractère à la fois joyeux et grave, outre le fait d'être le dernier jour de Soukoth.
Hoshana Raba veut dire "la grande Hoshana" (Hoshana signifie : "de grâce sauve-nous").

La veille de ce dernier jour de 'hol hamoëd on a coutume de procéder à une nuit d'études (Tikoun leil Hoshanna Rabba). En effet, le verdict prononcé pour chaque individu é à Rosh Hashana, et scellé à Kippour, reçoit à Hosha'na Raba force exécutoire, et il s'agit ainsi de se concilier les bonnes grâces de Dieu en Lui montrant que nous sommes prêts à consacrer nos loisirs à l'étude de sa Torah.

Pour rappeler encore une antique coutume, on accomplit le commandement dit des "Hosha'noth" : après avoir posé le loulav, chacun saisit un bouquet de cinq beaux rameaux de saule, liés par une feuille de palmier, puis les effeuille en les frappant trois fois sur un meuble ou sur le sol. Le battage des branches de saules à Hoshana Raba est une cérémonie incantatoire et presque magique : le saule pousse au bord de la rivière et sa présence indique celle de l'eau. Par l'effeuillage de ses rameaux dans la synagogue, on suscite une pluie de feuilles qui évoque la pluie véritable.
Si, selon certains, cet usage concrétise la joie de la fête, symbolisant l'abondance des pluies, condition de la fécondité de la terre et de notre prospérité, pour d'autres il préfigure la disparition du mal, signe précurseur de l’avènement messianique.

Le lendemain, on commence à introduire dans les Dix-huit bénédictions (le Shemonei-Essrei) la bénédiction spéciale pour demander la pluie.

Shemini 'Atsereth

Cette fête est célébrée au terme des sept jours de Soukoth, mais les rabbins ont insisté sur son caractère indépendant des célébrations précédentes.
C'est la "Fête de la clôture", clôture du cycle annuel des fêtes. A Israël, venu en pèlerinage à son Temple, offrant chaque jour de Soukoth un nombre de sacrifices toujours croissant en faveur des soixante-dix nations de la terre, Dieu, semblable à un père qui reçoit la visite de ses enfants, adresse les paroles suivantes au moment de la séparation : "Restez donc un jour de plus, un jour où nous resterons vraiment entre nous !"

De nombreuses expressions liturgiques soulignent le caractère à part de cette fête, son individualité propre dont un sacrifice spécial rendait compte jadis. En Eretz Israël, le commandement d'habiter dans la souka cesse dès la tombée de la huitième nuit ; si elle se maintient encore le 22 Tishri dans la Diaspora, c'est en vertu de la règle qui veut que l'on y prolonge d'un jour les fêtes bibliques.

Pour la lecture de la Torah des derniers jours de toutes les fêtes de pèlerinage, on a choisi les chapitres 15:19 à 16:17 du Deutéronome qui contiennent, outre les prescriptions relatives à ces trois solennités, les règles des différentes dîmes.

Sim'hath Torah

La deuxième journée de Shemini 'Atsereth, célébrée dans la Diaspora, possède, comme son nom l'indique, un caractère de liesse tout particulier : "Joie de la Torah". Cette célébration n'était pas connue pendant la période talmudique; elle était alors confondue avec Shemini 'Atsereth. Aujourd'hui encore, en Israël, les deux solennités ont célébrées le même jour.
Sim'hath Torah devient une fête à part entière au cours de la période gaonique (vers l'an 1000 de notre ère). C'est l'époque où la lecture de la Torah en un an prend toute son importance, contre l'idée d'un cycle tri-annuel.

"Joie de la Torah", dans l'achèvement annuel de la lecture du Rouleau sacré (Sefer) par sa dernière section des "Bénédictions inspirées à Moïse avant sa mort" (Deutéronome ch.33, 34) et dans le perpétuel recommencement du cycle avec le premier chapitre de la section de Bereshith (La Genèse) : "Au commencement Dieu avait créé le ciel et la terre", récité dans un second sefer. Ainsi, l'étude de la Torah ne saurait-elle jamais être considérée comme terminée. Les manifestations joyeuses se donnent libre cours, surtout pendant les hakafoth (processions en rond) lorsque, après avoir sorti de leur armoire tous les rouleaux de la Loi, on les promène en procession dans la synagogue, en chantant et dansant, suivant le glorieux exemple donné par Isaac Louria, le maître de la Kabbale au 17ème siècle.
Un cierge allumé est placé dans l'armoire vide, car "la mitsva est flambeau et la Torah lumière". Souvent on a procédé déjà la veille au soir à cette cérémonie.

Les jeunes gens se livrent à de folles sarabandes où ils entraînent leurs aînés, tandis que, de la tribune des femmes, une pluie de bonbons et de sucreries disperse la troupe des enfants brandissant des drapeaux. Dans les communautés messoratiques et réformées, les femmes et les jeunes filles participent à ces processions. Dans d'autres communautés, les femmes se livrent à leurs propres processions.

Tous les fidèles tiennent à monter ce jour-la à la Torah, isolément ou par groupes, tous les Cohanim avec un Cohen, tous les membres de la tribu de Levi avec un des leurs, et même, à l'appel de kol hane'arim, tous les garçons encore religieusement mineurs accompagnent un adulte qui récite pour eux ou avec eux les bénédictions de la Torah, puis celle de Jacob aux fils de Joseph.

Le fidèle à qui échoit l'honneur de la récitation des derniers versets du Pentateuque qui relatent la mort de Moïse, et celui qui recommence la lecture des premiers versets, convoqués avec solennité et abrités parfois sous le dais d'un talith tendu par quatre mains, reçoivent les titres de Hatân (fiancé de la) Torah et Hatân Bereshith. Ce sont en général, des hommes qui se distinguent par leur savoir ou par leur pieux dévouement. L'usage veut qu'ils régalent ensuite leurs amis au cours d'un kidoush, comme pour des fiançailles véritables.
Après la haftara (la lecture du premier chapitre du Livre de Josué), on repose les rouleaux de la Torah sur l'almemor (l'autel), et la communauté entonne des cantiques : "Réjouissez-vous, jubilez dans la joie de la Torah ! Nous voulons nous réjouir de cette Torah ! ..."

Les Juifs sefarades ont coutume d'organiser le soir encore des processions solennelles avec les rouleaux de la Loi. En Israël, à la fin de ce jour de fête, des processions sont organisées sur les places des grandes villes, en présence de notables politiques et religieux, et tous dansent une grande partie de la nuit, au son de l'orchestre. Cette coutume s'est généralisée en Israël.

Soukoth dans la littérature rabbinique

Les différentes observances attachées à la fête de Souccot sont détaillées dans la Mishna et les Talmuds (de Babylone et de Jérusalem), en particulier dans le traité Soukka, sixième de l'ordre Moëd (lois relatives au Shabath et aux fêtes juives :

Les aspects de la fête qui ne sont pas propres à Soukoth, comme les lois générales des jours de fête, le statut des jours intermédiaires de la fête (hol hamoëd) et les lois générales sur les fêtes de pèlerinage (non applicables en l'absence d'un Temple construit), font l'objet de traités séparés : Beitza, Moëd katan et Haguiga, septième, onzième et douzième de l'ordre Moëd, respectivement.


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