Les Communautés voisines de Belfort

N'échappant pas à la configuration rurale des communautés juives d'Alsace et de Franche-Comté, des communautés sont nées dans de nombreuses localités disséminées sur le Territoire comme
Montreux-Château, Rougemont-le-Château, Grandvillars... Toutes ne sont pas repérables à ce jour?

Foussemagne

Synagogue de Foussemagne
Maintenant qui ne sait que Foussemagne ne possède qu'une synagogue et point d'église ? Un site web de la commune en fait sa singularité. Sont issus notamment de cette communauté André Frossard et Tristan Bernard, ainsi que l'historienne Béatrice Philippe. En 1749, Marie-Claire de Reinach (1) (1683-1732), installe à Foussemagne une dizaine de familles juives.

A l'origine, la synagogue était en bois et torchis, lorsqu'elle fut considérée dans un tel état de dégradation, dans les années 1860 que les Juifs de Foussemagne entreprirent de la rebâtir. Ce qui fit surgir l'édifice existant aujourd'hui. Au 17ème siècle, 15 familles juives sont mentionnées, avec 17 familles chrétiennes, sur le registre des Mays de la seigneurie des Reinach de Foussemagne. Parmi ces familles le nom de Picard prévaut sur les autres. Ils sont marchands de chevaux réputés et font commerce sur la route de Bâle. En 1784, on dénombre 22 familles, 139 individus : dont un prévôt, Cerf Picquer dit Meyerlé, 2 maîtres d'école (Abraham Hirsch et Nathan Schwob), 2 pauvres (le veuf Vorach et la femme Guttel) (2).

Extrait des noms du recensement de 1784 des
Juifs de Foussemagne
En 1793, le rabbin de Foussemagne, Salomon Roth (3), assiste comme témoin au premier mariage ayant lieu à Belfort.

Au 19ème siècle, la commune de Foussemagne refuse de payer sa quote-part d'indemnité de logement due au rabbin de Belfort, au prorata de sa population juive.
La "Communauté israélite de Foussemagne et Montreux-Château", ainsi dénommée, mériterait une étude spécifique, étroitement liée à l'histoire de la seigneurie de Reinach qui semble les avoir protégés et dont ils tiraient un revenu.

Le 19 avril 1947, les membres survivants de la Shoah, ont décidé à l'unanimité leur rattachement à la Communauté israélite de Belfort, avec toutes conséquences  juridiques de transfert d'actif et passif social. Lucien Ducas, a été chargé comme mandataire, de vendre aux enchères publiques deux bâtiments sinistrés par faits de guerre. Il s'agissait de la synagogue et du logement pour le Rabbin.

Un cimetière est mentionné , ayant subi des dégâts de guerre (4).

En mars 2014, à la la faveur des travaux de rénovation et de reconfiguration de la maison dite "du rabbin", l’entreprise chargée de ce chantier a mis à jour l’ancien mikwé (bain rituel) de la communauté israélite de Foussemagne.

La Municipalité a entrepris de transformer la synagogue en un " Musée de Foussemagne, Centre d'histoire et lieu de mémoire". Il s'agit de restaurer le bâtiment de l’ancienne synagogue (inscrit à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques) ; et de créer un musée sur l’histoire du Sundgau, de Foussemagne et de sa communauté juive. Voir le site : http://www.museedefoussemagne.fr/accueil.html

Giromagny - Delle - Héricourt

Maison Schwob de Héricourt qui servait de synagogue
Constituaient également des communautés à part entière, avec leur rabbin ou délégué rabbinique respectif, et groupaient leurs voix à celles de Belfort dans les élections du Consistoire Central ou institutions juives. La communauté de Delle déposa ses statuts en 1906. Celle de Giromagny fut marquée par le passage de la famille de Jacob Guguenheim.

Nous savons qu'exerça à Giromagny entre autres localités, comme ministre officiant, Alphonse Raas (5), entre 1897 et 1940. Doué d'une voix exceptionnelle, il laissa comme une tradition sa 'Hazanouth à la communauté de Haguenau. La synagogue avait été construite dans la cour même de la maison de Jacob Guguenheim.

La Communauté de Héricourt est caractérisée par la famille Schwob qui possédait une usine de filature qui employa jusqu'à 800 personnes. La famille Schwob (6) avait affecté sa maison à l'usage de synagogue, dont le Tabernacle a été transféré au musée de Héricourt. Une mezouzah subsiste au portail de la maison, face au monument aux morts. Le terrain destiné au cimetière de la famille Schwob resté vide, est toujours existant.

Synagogue de Montbéliard
Jacques Weil, représentant dévoué de la communauté de Montbéliard à Belfort

Montbéliard

La première trace écrite consiste en une carte géographique des juifs de Franche Comté et de Bourgogne qui mentionne l'existence d'un cimetière juif au 13e siècle au lieu-dit "Combe aux Juifs" (actuellement déformé en Combe aux Biches). La Charte de franchise accordée en 1283 par Renaud de Bourgogne aux bourgeois, inclut les Juifs qui ne peuvent néanmoins résider dans la ville. En 1327, un groupe de Juifs chassés de Franche Comté est accueilli par la comte Henri de Montfaucon.  En 1346, ils sont dépossédés et chassés pendant la Peste Noire.

Le seul résident mentionné avant le 16ème  siècle, Salomon le Juif, est l'artiste peintre de la Cour. En 1793, Montbéliard accueille à nouveau des Juifs dans sa ville ; 1826, 89 personnes - 1876, 221 israélites , le plus fort effectif jamais atteint.

En 1825, la population juive de Montbéliard se réunissait chez un certain Springer. En 1826, le préfet du Doubs autorise la population juive à célébrer le culte dans un lieu en ville avec l'agrément de l'autorité municipale. Le 30 octobre 1841, Alexandre Blum et Mathias Uhlmann, marchands, louent pour six ans, moyennant 6f./an, une salle à l'angle ouest du bâtiment des Halles (4 fenêtres donnent sur la rue des Halles et 4 sur la rue du Lion Rouge). La redevance est payée chaque année, et en 1847 la municipalité accorde la gratuité jusqu'en 1888, date de la construction de la nouvelle synagogue. Le 21 décembre 1858, la commission administrative du "Temple israélite"  demande la création d'un poste de ministre officiant. Il y a à l'époque 202 israélites à Montbéliard, la commission accepte.
La synagogue actuelle sera inaugurée le 29 novembre 1888.

Porrentruy

En 1961, La Communauté de Porrentruy en Suisse, s'engage à verser une indemnité à la communauté de Belfort, en contrepartie de quoi, le rabbin Elie Meyer devra se rendre à Porrentruy pour y dispenser des cours, une fois par semaine. Pierre Franck, membre défunt de notre communauté de Belfort est issu de celle de Porrentruy

Notes :

  1. Epouse de François Joseph Ignace de Granvelle-Foussemagne (1664-1730). Le roi a érigé en comté les terres et seisgneuries de Foussemagne, Grandvelle, Fontaine avec une partie de celles de Montreux et de Roppe (lettres patentes de 1718).    Retour au texte.
  2. ADTB 2J 1-2 (4-7) et Assous Laurent et Heymann Joss,  La communauté juive de Belfort, histoire d'une intégration, Université de Technologie de Sévenans (ADTB 8J 73).    Retour au texte.
  3. op. cit., p 50.    Retour au texte.
  4. S'il s'agit du cimetière de Foussemagne, où est-il situé ? Qu'est-il devenu ? Il semble plus probable qu'il s'agisse du cimetière de Belfort. Réf.  Registre des délibérateurs (1945-63).    Retour au texte.
  5. Né le 8.09.1871 à Scherwiller. Réf. Histoire de la Communauté juive de Haguenau des origines à nos jours  Josepb Bloch, Grand Rabbin, 1968. P34.    Retour au texte.
  6. Aujourd'hui, peu de personnes sont capables d'en parler. Voir à ce propos„ Melle Croissant et Simone Bloch (Colmar).    Retour au texte.

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