Fig. 14 - 1716 Ettendorf.
Une recherche esthétique conduit au retour à des motifs de la Renaissance (coquille). Stèle faite pour Elie bar ‘Hayim, décédé le 18 janvier 1716. Pas d'indication de lieu.

Fig. 15 - 1734 Ettendorf.
Nous avons là le type de stèle adopté par la majorité des familles juives d'Alsace aux moyens modestes. L'épitaphe est réduite au nom et à la date de décès, le tout suivi d'une courte eulogie. On la retrouve dans tous les cimetières juifs d'Alsace. L'aquamanile représenté ici d'une manière naïve indique une ascendance lévitique. Stèle faite pour Eliezer dit Leizer Lévy d'Ingwiller, décédé le 28 janvier 1734. Ce style de stèle se retrouve encore au 19e siècle.

Fig. 16 - vers 1750 Sélestat.
L'épitaphe est encadrée par deux pilastres faits de balustres empilés et d'un décor floral au naturel.

Fig. 17 - 1754 Sélestat.
Importante stèle destinée à un couple. Dalle dressée verticalement, ornée de rocailles et de feuilles d'acanthe, caractéristiques pour le baroque tardif. Stèle destinée à Moïse fils du martyr Abraham qui fut Préposé de la communauté juive de Bergheim, décédé le 29 avril 1753, et à son épouse Malka fille d'Abraham, décédée la même année.

Fig. 18 - 1766 Ettendorf.
Stèle baroque. L'épitaphe est encadrée par deux pilastres en forme de candélabres. Le monument n'échappe pas à une certaine raideur luthérienne. La stèle fut faite pour un juif de Bouxwiller.

Fig. 19 - vers 1770 Hegenheim (seigneurs de Bärenfels, vassaux de l'évêque de Bâle; contexte catholique).
Style rococo ou baroque français. Le tailleur de pierres qui réalisa cette stèle ainsi que beaucoup d'autres devait être fort satisfait de son travail, car il signa de ses initiales M.SCH.

Fig. 20 - vers 1770 Hegenheim.
Style rococo ou baroque français. On remarquera dans le cartouche central la présence du vase lévitique.

Fig. 21 - 1771 Ettendorf.
Stèle de style baroque, mais demeurant d'une grande sobriété. Faite pour Abraham, fils de Samuel de Zinswiller, décédé le 15 avril 1771.

Fig. 22 - 1772 Sélestat.
Stèle baroque faite pour Todros Moïse fils d'Hayim de Wintzenheim, décédé le 10 mai 1772.

Fig. 23 - 1772 Ettendorf.
Stèle baroque faite pour Löwel de Hatten, décédé le 3 décembre 1772. En comparant cette stèle avec une stèle faite la même année par un sculpteur de la région de Sélestat, on ne peut pas ne pas remarquer la difficulté du sculpteur luthérien, malgré une bonne volonté évidente, à s'adapter à l'art baroque français.

Fig. 24 - 1789 Rosenwiller (Baillis de Dachstein; contexte catholique).
Apparition de la svastika courbe que l'on retrouvera fréquemment au début du 19e siècle. Il s'agit d'un motif décoratif populaire qui, à cette époque, était détaché de toute symbolique. De tous les cimetières juifs d'Alsace, Rosenwiller est le seul où ce motif fut prisé. Stèle faite pour Bezalel fils d'Azriel Seligmann Weyl d'Osthoffen, décédé le 16 juin 1789.

Fig. 25 - 1819 Rosenwiller.
La stèle à chapeau de gendarme, une forme héritée de la menuiserie alsacienne, s'impose d'une manière générale, mais trouve ici une de ses plus belles expressions. Au point de vue stylistique, elle est à l'opposé de la forme qui eut si longtemps la faveur du public, l'arc en plein cintre avec décrochement. Cette stèle fut faite pour Nathan fils de Faistel Lévy de Mutzig, décédé le 19 février 1819.

Fig. 26 - 1826 Rosenwiller.
Stèle portant l'image solaire, non pas dans sa forme symbolique (svastika, roue dentée) mais dans sa forme la plus naïve et la plus réaliste. Que pouvait signifier pour les Juifs de cette époque cette image insolite et contraire à la tradition juive? Le rabbin de Mutzig, Juda Moïse Nathan, qui avait autorité sur le cimetière de Rosenwiller, était d'une orthodoxie et d'une rigueur sans faille. Son indifférence en l'espèce à de quoi nous surprendre. Stèle faite pour Gütel, épouse de Raphaël Meïr de Mutzig, décédée le 7 janvier 1826.

Fig. 27 - 1836 Ettendorf.
Stèle à décor classique, remarquable par la présence du cœur, motif généralement inutilisé par les Juifs dans les régions catholiques.