Fig. 1 - Monument d'Esther, fille de Osia, daté du 16 avril 1335, Strasbourg, Musée de l'Oeuvre Notre-Dame.

Fig. 2 - 1590 Ettendorf (comté de Hanau-Lichtenberg).
Contexte luthérien. Cippe angulaire, réminiscence de l'Antiquité. C'est une forme rare dans nos régions où l'on préfère les formes arrondies ou carrées. L'inscription est fortement érodée et l'on devine plutôt qu'on ne lit qu'une dame Zardele (?), fille de Rabbi Abraham fut enterrée ici vers 1590.

Fig. 3 - 1590 Ettendorf.
Dalle rectangulaire dressée verticalement. Un espace en forme de fenêtre gothique à arc en accolade est laissé en réserve. Il porte une inscription en caractères hébraïques carrés d'exécution maladroite. Pas d'inscription sur l'encadrement. Cette stèle est celle destinée à Moïse, qui fut président de sa communauté.

Fig. 4 - 1608 Ettendorf.
Dalle rectangulaire dressée verticalement. Un cartouche à enroulements de style Renaissance est à cheval sur l'encadrement et sur l'espace réservé à l'épitaphe. Il porte l'aquamanile symbolique des lévites. C'est la première fois que nous rencontrons ce signe sur une stèle alsacienne. La stèle fut destinée à Naphtali, fils d'Eliezer-ha-Lévy de Hatten, petit-fils du rabbin de Nickolsburg (Moravie). Inscription sur le haut de l'encadrement (verset biblique faisant allusion au nom du défunt. Gen. 49:21).

Fig. 5 - 1613 Ettendorf.
Dalle carrée de petite taille dressée verticalement. L'inscription en lettres géantes occupe toute la surface de la dalle. Pas d'encadrement. Perfection de l'écriture. Type particulier à Surbourg pour l'année 1613. Elles concernent toutes des membres de la famille d'Eliezer Surbourg, le successeur de Josselmann de Rosheim pour la Basse-Alsace.

Fig. 6 - 1647 Ettendorf.
Stèle importante, en forme de niche à fond plat de style Renaissance, à fronton à coquille. Le fond plat sert de support à l'épitaphe, écrite en lettres en relief. Les pilastres offrent l'aspect de colonnes lisses à chapiteaux à volutes. Le fût est orné dans le bas de feuilles d'acanthe. La base est en pointe de diamant. Stèle faite pour Eliezer fils de Jacob, qui fut Préposé de la communauté juive de Bouxwiller. Deux autres stèles sont du même type: 1664 Merle, épouse d'Abraham de Bouxwiller; 1685 Esther, fille d'Abraham, épouse de Meïr de Bouxwiller.
Cette stèle, par son architecture, évoque les stèles romaines représentant un petit temple ou édicule. Le motif fut repris par les chrétiens et l'on trouva à Mayence une stèle du 6e siècle avec l'inscription: «In hunc tumulum requiiscit puella numine Munetrudis qui vixit annos XXI» (dans cette tombe repose une jeune fille nommée Munetrudis qui vécut 21 ans).

Fig. 7 - 1695 Ettendorf.
Retour à l'arc brisé et au néo-gothique pour cette stèle faite pour Gutele, fille de Simon Lévy, épouse de Jacob d'Ingwiller. Ce type de stèle fut largement utilisé jusqu'à la fin du siècle. Il est remarquable d'observer que pendant que les sculpteurs essayaient d'assimiler la leçon de la Renaissance et de son évolution vers le baroque, il se trouva à Ettendorf des tailleurs de pierre qui rejetaient cette leçon et retournaient vers le gothique.

Fig. 8 - 1702 Sélestat (ville libre catholique).
Stèle baroque d'un type souvent utilisé au 18e siècle, avec quelques variantes. Première apparition des pilastres à balustres empilés. Le fronton est à courbes et contre-courbes, à fleur stylisée centrale.

Fig. 9 - 1704 Sélestat.
Simple dalle à encadrement et arc surbaissé, se distinguant par une écriture particulièrement belle, avec un rien de maniérisme. Stèle faite pour Jacob, fils de Jérémie Eliezer, sans lieu d'origine, décédé le 26 février 1704.

Fig. 10 - 1709 Sélestat.
Stèle de style Renaissance très sobre. L'épitaphe est encadrée par deux pilastres réunis par un arc en berceau surbaissé. Dans les angles supérieurs, deux fleurs (roses?) stylisées. La stèle fut faite pour Jacob Séeb Wolf, fils d'Alexandre Doterlé dit Todros Breisich de Colmar (1644-1709), une des personnalités les plus illustres du judaïsme d'Alsace du 17e siècle (voir Picard et Weyl, Annuaire de la Société de Colmar, 1986). Il est décédé le 2 juin 1709 à Colmar.

Fig. 11 - 1714 Ettendorf (contexte luthérien).
L'arc en plein cintre (avec décrochement) est flanqué de deux volutes de style Renaissance. La stèle fut faite pour Dina, fille d'Isaïe, épouse de Moïse de Wingersheim, décédée le 13 mai 1713.

Fig. 12 - 1715 Jungholtz (Comtes de Schauenburg, de confession catholique).
Stèle construite sur le modèle d'un autel chrétien de style Renaissance avec ses éléments: la table (mensa), le soubassement (stipes) et le Tabernacle.
L'épitaphe se trouve ainsi arbitrairement coupée en deux par la conception architecturale. Cette stèle se trouve sur la tombe d'une personnalité, le rabbin et Préposé Lehmann Rheinau, fils d'El'hanan de Guebwil1er et de Soultz, Préposé des Juifs de Murbach (1706), décédé le 9juin 1715. Il avait été marié à Hélène, la fille de Wolf Wechsler et il était le père du rabbin Hirtz Rheinau. On lit: «Son éclat est passé. - sa majesté et sa gloire - le miroir - de la lumière - il est le préposé, le guide, le rabbin - Abraham Juda -fils de rabbi El'hanan - qui rendit son âme - à son Seigneur et Créateur - le premier jour après - Shabuot 475 - Que son âme soit liée au faisceau des vivants dans le jardin d'Eden - Amen».

Fig. 13 - 1716 Sélestat (ville libre catholique).
Stèle faite pour Braïnele, fille d'Isaac Weyl, épouse du Préposé général de la Province Meïr Weyl de Ribeauvillé, copiée d'après un modèle d'épitaphe murale catholique (Wandepitaph) de style Renaissance.