William Wyler naît à Mulhouse,
le 1er juillet 1902, alors que l'Alsace se trouve sous occupation allemande.
Son père est un commerçant, et il reçoit une excellente
éducation à Lausanne avant de venir étudier le violon
au Conservatoire de Paris. En 1922, il rencontre Carl Laemmle, patron des
Studios Universal et cousin de sa mère. Il accepte de travailler dans
cette compagnie, d'abord dans les services de publicité puis comme
assistant : il participe à la production de la version muette de Ben-Hur,
réalisée en 1925. Entre 1925 et 1927, il réalise plus
de 40 westerns "à deux bobines" puis se tourne progressivement
vers les long-métrages. On lui reconnaît alors quelques oeuvres
plus ambitieuses comme Counsellor at Law, mais aucun film qui puisse
encore imposer son nom. En 1934, il épouse une de ses vedettes, Margaret
Sullavan, dont il divorce deux ans plus tard.
Cette même année (1936), Wyler quitte Universal et commence une longue et féconde association avec le producteur Sam Goldwyn. D'emblée, son premier film, These Three, d'après une pièce de Lilian Hellman, fait impression. Wyler est placé parmi les maîtres du cinéma américain. Cette réalisation marque aussi le début de sa collaboration avec le cameraman Gregg Toland, dont l'excellent travail sera mis en évidence dans la plupart de ses futures réalisations : L'ingéniosité technique de Toland, combinée avec l'art méticuleux de Wyler, mènent à la production d'une succession de films de grande qualité dans les années 30 et 40.
La prise de vue en profondeur de champ permet au spectateur de faire lui-même son propre découpage, d'étudier chaque personnage à son gré. C'est cette continuité de longs plans fixes et de cadrages parfaits qui font le prix des Plus belles années de notre vie, un film qui a reçu beaucoup d'éloges. Cette technique requiert une ferme discipline de la part des acteurs, et provoque parfois des tensions entre le réalisateur et la vedette, comme ce fut le cas avec Bette Davis, qui joua certains de ses meilleurs rôles sous la direction de Wyler, mais qui était sans cesse en conflit avec lui.
Wyler était un perfectionniste d'une grande exigence, qui était surnommé "Wyler-les-90-prises", pour les nombreuses prises qu'il effectuait avant d'être satisfait par l'effet ou la nuance qu'il recherchait. Nombreux furent les acteurs qui se plaignirent de sa tyrannie sur le plateau, mais qui lui furent reconnaissants par la suite, pour les Oscars qu'ils obtinrent pour leurs rôles joués dans ses films.
Wyler lui-même obtint trois fois l'Oscar du meilleur réalisateur : Mrs. Miniver (1942) ; The best Years of our Lives (Les plus belles années de notre vie, 1946) ; Ben-Hur (1959). Ces trois titres obtinrent aussi l'Oscar du meilleur film.
Après avoir terminé Mrs. Miniver, un hommage au courage britannique sous le Blitz, Wyler s'engagea dans l'Armée de l'air U.S. et fut rattaché à un groupe de bombardiers stationné en Angleterre. Pendant la guerre, il réalisa deux documentaires consacrés aux missions de bombardement au-dessus de l'Allemagne : The Memphis Belle et Thunderbolt (1944). Revenu à la vie civile avec le rang de lieutenant-colonel, ayant perdu l'audition d'une oreille, il réalisa son film peut-être le plus important The best Years of our Lives (Les plus belles années de notre vie, 1946) : un mélodrame sincère et convaincant sur la réinsertion douloureuse de trois militaires revenus à la vie civile.
Wyler a été un très grand artiste et l'un des stylistes
les plus créatifs de l'écran américain. Mais sa réputation
déclina dans les années 60, à la suite de certaines critiques
qui voyaient chez lui "une attitude répétitive dans le
choix des sujets, et une tendance croissante à la pomposité
et à la prétention". En plus de ses trois Oscars du meilleur
réalisateur, il reçut le Prix du Irving G. Thalberg Memorial
pour l'ensemble de son oeuvre en 1965. Il reçut aussi le Prix pour
l'Oeuvre d'une vie, attribué par l'American Film Institute en 1976.
Une rue de Mulhouse (l'allée WYLER, parallèle à l'allée
Nathan KATZ) ) porte son nom, en hommage à l'enfant de la ville qu'il
avait été, avant de s'expatrier en Californie.
Dans les années 1990, une plaque commémorative a été
apposée à l'entrée de l'immeuble, où il avait
habité alors qu'il était enfant (rue de Zürich), avant
qu'il ne parte pour les Etats-Unis et ceci en présence du Maire de
Mulhouse, du Consul des Etats-Unis en poste à Strasbourg et de la propre
fille de WYLER, Catherine, venue spécialement des Etats-Unis pour l'occasion.
FILMOGRAPHIE :
Sources :
Sites Web sur William Wyler :
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