William WYLER

Mulhouse 1er juillet 1902 - Beverly Hills (California) 27 juillet 1981


William Wyler naît à Mulhouse, le 1er juillet 1902, alors que l'Alsace se trouve sous occupation allemande. Son père est un commerçant, et il reçoit une excellente éducation à Lausanne avant de venir étudier le violon au Conservatoire de Paris. En 1922, il rencontre Carl Laemmle, patron des Studios Universal et cousin de sa mère. Il accepte de travailler dans cette compagnie, d'abord dans les services de publicité puis comme assistant : il participe à la production de la version muette de Ben-Hur, réalisée en 1925. Entre 1925 et 1927, il réalise plus de 40 westerns "à deux bobines" puis se tourne progressivement vers les long-métrages. On lui reconnaît alors quelques oeuvres plus ambitieuses comme Counsellor at Law, mais aucun film qui puisse encore imposer son nom. En 1934, il épouse une de ses vedettes, Margaret Sullavan, dont il divorce deux ans plus tard.

Cette même année (1936), Wyler quitte Universal et commence une longue et féconde association avec le producteur Sam Goldwyn. D'emblée, son premier film, These Three, d'après une pièce de Lilian Hellman, fait impression. Wyler est placé parmi les maîtres du cinéma américain. Cette réalisation marque aussi le début de sa collaboration avec le cameraman Gregg Toland, dont l'excellent travail sera mis en évidence dans la plupart de ses futures réalisations : L'ingéniosité technique de Toland, combinée avec l'art méticuleux de Wyler, mènent à la production d'une succession de films de grande qualité dans les années 30 et 40.

Jezebel La prise de vue en profondeur de champ permet au spectateur de faire lui-même son propre découpage, d'étudier chaque personnage à son gré. C'est cette continuité de longs plans fixes et de cadrages parfaits qui font le prix des Plus belles années de notre vie, un film qui a reçu beaucoup d'éloges. Cette technique requiert une ferme discipline de la part des acteurs, et provoque parfois des tensions entre le réalisateur et la vedette, comme ce fut le cas avec Bette Davis, qui joua certains de ses meilleurs rôles sous la direction de Wyler, mais qui était sans cesse en conflit avec lui.

Million de dollars Wyler était un perfectionniste d'une grande exigence, qui était surnommé "Wyler-les-90-prises", pour les nombreuses prises qu'il effectuait avant d'être satisfait par l'effet ou la nuance qu'il recherchait. Nombreux furent les acteurs qui se plaignirent de sa tyrannie sur le plateau, mais qui lui furent reconnaissants par la suite, pour les Oscars qu'ils obtinrent pour leurs rôles joués dans ses films.

Wyler lui-même obtint trois fois l'Oscar du meilleur réalisateur : Mrs. Miniver (1942) ; The best Years of our Lives (Les plus belles années de notre vie, 1946) ; Ben-Hur (1959). Ces trois titres obtinrent aussi l'Oscar du meilleur film.

Après avoir terminé Mrs. Miniver, un hommage au courage britannique sous le Blitz, Wyler s'engagea dans l'Armée de l'air U.S. et fut rattaché à un groupe de bombardiers stationné en Angleterre. Pendant la guerre, il réalisa deux documentaires consacrés aux missions de bombardement au-dessus de l'Allemagne : The Memphis Belle et Thunderbolt (1944). Revenu à la vie civile avec le rang de lieutenant-colonel, ayant perdu l'audition d'une oreille, il réalisa son film peut-être le plus important The best Years of our Lives (Les plus belles années de notre vie, 1946) : un mélodrame sincère et convaincant sur la réinsertion douloureuse de trois militaires revenus à la vie civile.

Ben-Hur Wyler a été un très grand artiste et l'un des stylistes les plus créatifs de l'écran américain. Mais sa réputation déclina dans les années 60, à la suite de certaines critiques qui voyaient chez lui "une attitude répétitive dans le choix des sujets, et une tendance croissante à la pomposité et à la prétention". En plus de ses trois Oscars du meilleur réalisateur, il reçut le Prix du Irving G. Thalberg Memorial pour l'ensemble de son oeuvre en 1965. Il reçut aussi le Prix pour l'Oeuvre d'une vie, attribué par l'American Film Institute en 1976.

Une rue de Mulhouse (l'allée WYLER, parallèle à l'allée Nathan KATZ) ) porte son nom, en hommage à l'enfant de la ville qu'il avait été, avant de s'expatrier en Californie.
Dans les années 1990, une plaque commémorative a été apposée à l'entrée de l'immeuble, où il avait habité alors qu'il était enfant (rue de Zürich), avant qu'il ne parte pour les Etats-Unis et ceci en présence du Maire de Mulhouse, du Consul des Etats-Unis en poste à Strasbourg et de la propre fille de WYLER, Catherine, venue spécialement des Etats-Unis pour l'occasion.

FILMOGRAPHIE :

Crook Busters (1925) ; Lazy Lightning (1926) ; The Stolen Ranch (1926) ; Blazing Days (1927) ; Hard Fists (1927) ; Shooting Staight (1927) ; The Border Cavalier (1927) ; Straight Shootin' (1927) ; Thunder Riders (1928) ; Anybody Here Seen Kelly ? (1928) ; The Shakedown (1929) ; The Love Trap (1929) ; Hell's Heroes (1929) ; The Storm (La tourmente, 1930) ; A House divided (1932) ; Tom Brown of Culver (1932) ; Her first Mate (1933) , Counsellor at Law (Le grand avocat, 1933) ; Glamour (1934) ; The Good Fairy (La bonne fée, 1935) ; The Gay Deception (1935) ; These Three (Ils étaient trois, 1936) ; Come and get it (avec Hawks, Le vandale, 1936) ; Dodsworth (1936) ; Dead End (Rue sans issue, 1937) ; Jezebel (L'insoumise, 1938) ; Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent, 1939) ; The Westerner (Le cavalier du désert, 1940) ; The Letter (La lettre, 1940) ; The Little Foxes (La vipère, 1941) ; Mrs. Miniver (Madame Miniver, 1942) ; The Memphis Belle (1944) ; Thunderbolt (avec J. Sturges, 1947) ; The Fighting Lady (1944) ; The best Years of our Lives (Les plus belles années de notre vie, 1946) ; The Heiress (L'héritière, 1949) ; Detective Story (Histoire de détective, 1951) ; Carrie (Un amour désespéré, 1952) ; Roman Holiday (Vacances romaines, 1953) ; The desperate Hours (La maison des otages, 1955) ; Friendly Persuasion (La loi du seigneur, 1956) ; The big Country (Les grands espaces, 1958) ; Ben-Hur (1959) ; The Children's Hour (La rumeur, 1962) ; The Collector (L'obsédé, 1964) ; How to steal a Million (Comment voler un million de dollars, 1966) ; Funny Girl (1968) ; The Liberation of L. B. Jones (On n'achète pas le silence, 1970).

Funny girl Sources :

Sites Web sur William Wyler :

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