Après la guerre de Kippour

Image Map Alyah Weizmann These Apres kipour
J’ai continué à enseigner à l’Université jusqu’en 1977, et j’ai publié quelques articles de critique littéraire. Mais à la fin, j’étais fatiguée, et surtout maintenant, il y avait de jeunes professeurs amenant de nouvelles théories, auxquelles j’avais du mal à m’adapter.

Après ma retraite de l’Université, j‘ai travaillé bénévolement à un club pour personnes âgées, organisé par mon amie Shoshana Werner (ex-colonelle des filles à l’armée). Ce club était situé rue Allenby à Tel-Aviv, dans un local en sous-sol, appartenant à la municipalité. Shoshana avait prévu de nombreuses activités : gymnastique, conférences, cinéma, (nous avions un vieil appareil de projection rafistolé par un de nos “clients”), des cours d’hébreu et d’anglais à deux niveaux.

Ce club a très vite accueilli beaucoup de retraités (120 environ), de ce quartier central et commerçant de Tel-Aviv, en majorité des hommes. Mais ce qu’ils voulaient, c’était simplement s’asseoir autour d’une table et jouer au Rami, de 9 heures à midi et de 3 heures à six heures. Les conférences étaient écoutées poliment par une partie d’entre eux. Pour le cinéma j’ai obtenu quelques films du Centre Culturel de l’Ambassade de France. Sont venus les voir ceux qui comprenaient le français, c’est-à-dire 8 ou 10 personnes.

Par contre, les femmes, qui avaient été à l’école dans différents pays, souhaitaient développer leur culture, et suivaient assidûment les cours d’hébreu ou d’anglais. Nous avons reçu des livres assez vieux, y compris en Yiddish, avec lesquels j’avais organisé une petite bibliothèque, et c’étaient surtout des femmes qui venaient les emprunter.

J’allais à notre club, une ou deux fois par semaine le matin. Au bout d’un an, Shoshana a quitté ce club pour en organiser un autre à Jaffa. Son adjointe Sonia, assistante sociale, élégante, l’a remplacée.

J’ai été un peu malade les hivers 1979-1980, soufflant terriblement de froid aux pieds et aux jambes, suite d’une mauvaise circulation du sang.

Denise Gamzon
en 1996
1996
Denise Gamzon devant sa
résidence de Kiryat Yovel


Alors mes enfants ont décidé que je devais habiter non loin de l’un d’entre eux, et j’ai opté pour Kiriat-Yovel (Jérusalem), près de Myriam qui habite une maison entourée d’un petit jardin à ‘Ir-Ganim Aleph.

Comme dit plus haut, nous voulions planter une vigne et un figuier dans notre jardin de Rehovoth, mais un ami qui s’y connaissait nous a déconseillé de le faire. Mais, voilà que; dans le petit jardin de Myriam et Amy, il y a la vigne et le figuier. Cela me semble symbolique des difficultés de l’Alya: ce que la première génération ne réussit pas à faire, la deuxième l’accomplit.

 

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