Rolande
et Etienne
KLEIN


Rolande Klein
nous a quittés
(février 2009)

Hommage à
Rolande Klein
(février 2010)


Dirigeants

Personnalités

Rolande et Etienne Klein


"Adieu à Rolande"
En hommage à Rolande Klein za"l , nous diffusons
ces chants enregistrés par les enfants du Gan Shalom

Rolande Klein nous a quittés
1930- 2009
par Mireille Warschawski

Rolande Klein en 2008

Rolande Klein nous a quittés. Ce n'est pas facile à accepter, elle était si proche de tant de personnes…. Et aucune n'a gardé un mauvais souvenir, je crois qu'elle ne s'est jamais disputée avec qui que ce soit….et pourtant elle avait ses idées et sa personnalité.

Elle est devenue religieuse … alors que son mari était non religieux. Elle était d'une famille qui ne reniait pas son appartenance au monde juif, et l'assumait.

Elle avait fait des études de jardinière d'enfants à Strasbourg et a su garder sa personnalité juive. Ses enfants fréquentaient les lycées d'Etat et revendiquaient leur appartenance au judaïsme.

Son mari, Thiennot, avait une forte personnalité non religieuse, et il acceptait les exigences de sa femme. Le couple est resté très uni.

Rolande est devenue la directrice du Jardin d'enfants de la communauté juive de Strasbourg, le Gan Chalom.

L'éducation juive donnée aux enfants était religieuse et tous les enfants de la communauté, même ceux qui appartenaient aux familles non laïques étaient éduquées au Gan Chalom; ce qui permettait la rencontre amicale de toute la jeunesse…..et de leurs parents.

Lorsque Rolande Klein a pris sa retraite, ne croyez pas qu'elle soit restée inactive. Elle s'est trouvé de nombreuses occupations dans le domaine communautaire et social. Sans oublier les promenades dans les Vosges. Son mari était décédé depuis des années. Elle n'a jamais manifesté sa tristesse qu'elle gardait au fond d'elle-même. Et elle a continué à vivre pour ses enfants dont la majorité demeurait en Israël…; et elle est devenue grand-mère et arrière grand-mère…

Et je viens d'apprendre que sur son lit d'hôpital, alors qu'elle était incapable de se lever et même de bouger, elle a encore organisé une réunion de l'association dans laquelle elle travaillait.  Que dire, je suis restée sans souffle.

Mon amie, qui était plus qu'une amie nous a quittés laissant derrière elle un grand vide….et elle  a été accompagnée par une communauté entière.

 

Hesped de Madame Rolande Klein (za”l)
par le Grand Rabbin René Gutman

Etienne (Thiennot) Klein za"l
1923 - 1999

"Va et fait entendre ceci aux oreilles des habitants de Jérusalem : ainsi a dit l'Eternel , je me suis souvenu de l'amour de ta jeunesse, de l'amour de tes fiançailles lorsque tu m'avais suivi dans le désert inculte et désolé" (Jérémie 2:2).
C'est ce passage du Moussaf de Rosh Hashana, en cette heure qui convoque bientôt l'homme comparé à l'arbre des champs à son nouvel an qui a retenti en moi en pensant à notre chère Rolande Klein, Madame Rolande, comme tant d'entre nous l'appelaient avec ce mélange à la fois de respect et d'affection.

Car si quelqu'un pouvait encore se demander ce qu'était cette femme, et ce qu'elle avait fait pour mériter l'hommage qu'avec le Rabbin Claude Spingarn, nous lui rendons ici au nom de l'ensemble de notre Communauté, de ses institutions et de ses oeuvres, je lui répéterai ces quelques mots qui incarnent selon moi cette femme dont la la présence était tellement hors du commun comme son abnégation et son dévouement pour les autres, que tout était chez elle de l'ordre du 'hessed, de "de l'amour de ta jeunesse", d'une grâce toujours rajeunie, toujours renouvelée envers les enfants du Gan Chalom, comme envers les handicapés de l'APAJ, les malades, les personnes qu'elle visitait à l'occasion de leurs anniversaires, les Paniers du Coeur ou Lanoar Hadati, la Hevrah et les EIs, et tant d'autres oeuvres encore.

Oui ! Que tout était chez elle de l'ordre du 'hessed mais aussi du zekher, de l'ordre de: "Je me suis souvenu", de cette mémoire intacte qu'elle avait de chaque enfant du Gan Chalom, de cette Communauté avec laquelle, si j'ose m'exprimer ainsi, elle s'était littéralement fiancée : "l'amour de tes fiançailles" au point d'en être devenue à elle seule l'âme.

N'est ce pas ainsi que durant toute sa vie, avec sa grand-mère qu'elle accompagna alors plus que centenaire en Israël, avec son mari Tiennot, sur lequel elle avait tant veillé, avec sa mère Suzanne Singer qu'elle avait soignée et soutenue jusqu'au bout d'une si longue vie, n'est-ce pas ainsi qu'elle aima également, je n'ose pas dire plus, notre Communauté en y croyant ardemment avec la passion qu'on lui connaissait. En luttant pour elle avec pour seule arme son grand coeur plein d'amour et de emounath Hashem.

Oui, comme lui convient ce verset : "Je me suis souvenu de l'amour de ta jeunesse..."
Mais son ultime combat fut sans doute pour ce Gan Chalom qu'elle avait eu à coeur de sauver et dont l'engagement fut sans doute pour beaucoup dans son maintien dans nos murs... Convaincue une nouvelle fois qu'avec ce grand coeur plein d'amour et qui n'avait pas pris d'âge, et de emounah, elle aurait la force de déplacer des montagnes !

Les ramoneurs, affiche d'une expositions d'Etienne (Thiennot) Klein za"l
On trouve de nombreuses photographies d'Etienne Klein sur notre site, notamment dans le dossier de l'inauguration de la Synagogue de la Paix

Si proche de Mireille Warschawski, comme Thiennot l'était de Max Warschawski (za"l), elle avait ce sens innée du kavod pour autrui dont elle ressentait, dont elle comprenait naturellement les souffrances, les accablements, les dénuements, les détresses, les renoncements et les abandons.

Sans doute, chers enfants, vous qui l'avaient tant entourée et qui avaient tant veillé sur elle depuis sa maladie, sans doute à vos yeux, la mort s'est hâtée pour vous la ravir. Mais un tel arôn, un tel cercueil n'est pas muet. En ce Shabath Shira où sa neshama s'est préparée à rejoindre les siens, son âme s'est élevée avec la shira, le cantique de sa vie. C'est le cantique de son courage au heures noires de l'histoire : "Lorsque tu m'avais suivi dans le désert inculte et désolé...". C'est le cantique de son espérance, c'est le cantique de son amour pour Israël, pour le peuple juif, pour la Communauté, et pour le genre humain tout entier.

La Communauté et le Consistoire qui lui ont décerné il y a quelques années déjà un titre de reconnaissance pour les services exceptionnnels qu'elle avait rendus, et l'Etat d'Israël qui remit au Gan Chalom un prix prestigieux, qu'elle eut l'insigne honneur de recevoir des mainsdu Président Hertzog, le savaient.

Sans doute ! Le Saint Béni Soit-Il a-t-il eu besoin de ce cantique-là, de cette shira là, de cette conscience de celle qui fut assurément l'âme de cette Communauté.
"Et Myriam la prophétesse, soeur d'Aaron prit en mains un tambourin et toutes les femmes la suivirent avec des tambourins et des instruments de danse" (Exode 15:20).
Rolande Klein ! Ce ne sont pas seulement les femmes de la Communauté qui vont tout à l'heure vous suivre jusqu'à votre kéver, mais ce sont tous les enfants du Gan Chalom, filles et garcons, tous ces petits que vous avez accueillis depuis tant de décennies.
Les voilà tous convoqués ! Voyez les Ecureuils, Les Poussins, les Pigeons, les Colombes et les Cerfs... Voyez les se rassembler autour de vous. Ils chantent tous comme ferait une mère qui berce ses enfants. La femme vaillante que vous avez été pour votre famille et votre Communauté.
Tous invisibles avec leurs tambourins et leurs instruments de danse dans lesquels ils célébraient sous vos yeux attendris, depuis tant d'années, les fêtes du gan...
Ils viennent vous entourer et honorer celle que nous avons eue la zekhiha d'aimer et de connaître et de voir vivre autour de nous dans tout son dévouement, dans toute sa douceur, dans tout son sacrifice et dans toute sa majesté !

Que son souvenir soit une bénédiction !

A Rolande Klein
par le Rabbin Spingarn

Chers enfants,
Marc-Henri, Annette, Nadine, Philippe, Laurence
Cher Monsieur SINGER,
Chers Loup et Colette,

Vous êtes petite de taille. Mais vous êtes une grande dame.
Vous disparaissez à quelques heures près de la date Yahrzeit d'une autre grande dame que vous avez estimée : Liliane ACKERMANN.

Lorsque je ferme un instant les yeux, je vous devine, je vous vois, chère Rolande, dans le Centre Communautaire.
Légèrement voûtée, votre béret sur la tête, marchant d'un pas énergique, rapide.
Mais vous vous arrêtez au bout de quelques mètres.
"Bonjour les enfants ; bonjour Madame Rolande". 

Et déjà, à travers ces visages de bambins, tant aimés, vous reconnaissez les traits d'un grand-père, d'une grand-mère, que vous avez peut-être côtoyé ou accueilli dans ces mêmes lieux.
Puis, souvent, vous frappiez à la porte de mon bureau.
Parlant du Gan, de la Communauté, de ces parents qui se démarquent par leur laisser-aller, la fuite devant leur responsabilité.
Et que dire de votre sourire plein de pudeur ! De vos rires dont j'ai profité pendant 23 ans.

Faut-il à nouveau parler de l'APAJ aux côtés de Loup et Colette, du Gan ; des Paniers du Cœur, avec Nicole ; des visites aux personnes âgées avec Sara GUTMAN et Evelyne WILDENSTEIN, de Lanoar Hadati avec DITA VALFER de la ‘Hevra Kadisha et j'en oublie tant.
Mais plus que citer les institutions pour lesquelles vous avez œuvrée, il faut dire ici la manière dont vous vous êtes impliquée !

Par exemple, j'ai appris ce matin que lorsque vous étiez au Centre Paul Strauss, en oncologie, vous avez tenu à réunir bénévoles et animateurs afin de préparer les futurs travaux manuels pour les résidents de l'APAJ.
Mais votre enfant chéri est le Gan.
Ce Gan pour lequel vous avez été engagé à l'origine pour quelques mois !
Aux côtés de votre mari, Tiennot, de Max et Mireille, comme vous les appeliez, toujours Loup et Colette, et à présent Nadine…..

Cette semaine, sur votre lit à la Clinique de la Toussaint, vous m'avez demandé de prendre la parole pour dire les "derniers mots", selon votre expression.
Lorsque je vous ai alors demandé s'il y avait un message à transmettre, vous m'avez répondu positivement.
Vous vouliez remercier, par mon intermédiaire, toutes les personnes de notre Communauté.
Les remercier pour ce qu'elles vous ont donné.

Quel paradoxe !

Vous qui avez tant donné, et qui continuerez à donner, c'est vous qui tenez à nous dire "merci" !
Grâce à vous, une nouvelle fois, j'ai compris une leçon essentielle de la vie.
Vous m'avez souligné, peut-être sans le savoir, un point essentiel de la "Hakarath HaTov", de la reconnaissance, de la gratitude.
Cette leçon tant importante pour le judaïsme, est déduite de l'attitude de Moshé Rabeinou, Moïse, notre Maître.
En effet, lors des premières plaies d'Egypte, Moshé refuse de frapper le Nil alors qu'il fallait le transformer en sang, ni de toucher le sable afin d'en faire de la vermine.
Le Midrash nous enseigne que c'est parce que Moshé a trouvé refuge, peu après sa naissance au bord de ce fleuve, qu'il ne pouvait en faire un objet d'horreur.
De même pour le sable !
Pourquoi cette leçon est déduite de l'attitude de Moshé, notre Maître par excellence. Ne pouvait-on l'apprendre de quelqu'un d'autre ?
Pourquoi est-ce celui qui a le plus de savoir dans la Torah, qui se distingue par le plus de modestie ?
Doit on alors se poser cette question : d'où jaillit cette perception du devoir ?
Acquiert-on un sentiment de reconnaissance parce que l'on a beaucoup reçu de la vie ?
Peut-être, est-ce le contraire ?
L'on donne, parce que de prime abord, on a un sentiment de gratitude envers les autres.
Vous avez donné et vous tenez pourtant à dire "merci".

N'est-ce pas cela, la leçon d'un de nos Maîtres, Rav DESSLER : ce n'est pas parce que l'on aime que l'on donne. Mais c'est parce que l'on donne que l'on finit par aimer.

Le deuxième point que j'aimerai souligner ici, c'est la manière dont vous nous avez quitté.De façon paisible et sereine.

Dans certaines de nos conversations plus intimes, nous avons parlé de la mort.
Vous n'aviez pas peur de la mort.
Vous aviez le sentiment du devoir accompli et d'être allée au bout de ce que vous deviez donner.
Et j'ai compris que pour certains, ce n'est pas la mort qui fait peur, contrairement au sentiment partagé par notre jeune génération, mais c'est la vie que nous devons craindre.
C'est le sérieux de la vie qui doit nous interpeller, ou plutôt nous responsabiliser.

Merci de ces leçons essentielles.

Rolande !

Puisque vous avez toujours aimé étudier, permettez-moi de vous dire un mot de Torah.
A la fin de notre Sidra prochaine, à la suite du Décalogue, après que D' se soit adressé à son peuple, il est dit :

"Ne m'associez aucune divinité ; des dieux d'argent et des dieux d'or, n'en faites point pour votre usage ; tu feras pour Moi un autel de terre…" (Exode 20:23).
Parole d'un Maître hassidique :
Pour atteindre D', pour atteindre autrui, nul besoin d'argent ni d'or.
Il suffit simplement de faire de sa vie un autel de terre, en d'autres termes, d'être authentique avec soi-même et profondément humain.

Au moment où vous achevez votre Sefer Ha'Haïm, le livre de votre vie, c'est cette image que nous tous, ici et en Israël, enfants, frère, petits-enfants, arrières petits-enfants, proches et amis, nous garderons de vous, chère Rolande,
Vous nous manquerez !

Au revoir les enfants…
par Nadine  Hallel, directrice du Gan Chalom

Ma chère Rolande, vous n'êtes plus des nôtres et pourtant vous nous manquez déjà !
Voilà plus de vingt ans que vous avez pris votre retraite mais vos visites fréquentes au gan, votre amour pour les enfants, votre intérêt pour chacun d'eux restera à jamais gravé dans nos cœurs et dans nos mémoires.

Pleine de passion, c'est avec fidélité et un brin d'appréhension que vous veniez nous visiter au gan.
"Bonjour les enfants, j'espère que je ne vous dérange pas", disiez-vous et voici que vous vous adressiez à chaque petite tête : "bonjour, comment t'appelles-tu ? Mais oui, tu es le petit-fils de…Mais bien sûr, j'ai bien connu ton papi" ou… "Mais oui, tu es la fille de...Je me rappelle bien d'elle au gan. Tu lui ressembles beaucoup et tu es certainement aussi coquine qu'elle !"
Et vous voilà partie dans vos souvenirs sympathiques qu'enfants et maîtresses, aimions entendre !

Vous allez nous manquer, chère Rolande, car vous étiez le modèle d'une pédagogie aimante et passionnée. Pleine de fougue et de conviction, vous croyiez sincèrement au métier pour lequel vous vous êtes donnée corps et âme. Vous avez mené avec beaucoup de conviction votre action pédagogique qui reste ancrée dans tous les cœurs et mémoires. La preuve en est : qui ne connaît pas madame Rolande ?

Votre action pour maintenir l'unité de la communauté reste exemplaire. Il était important et fondamental que tout enfant de notre chère communauté puisse venir au gan chalom : religieux-moins religieux, petit-grand, aisé-moins aisé, handicapé-bien portant, telle était votre lutte et vous y avez réussi !

Vous allez nous manquer, chère Rolande, car vous étiez pour nous le modèle de ce que représente l'engagement : engagement auprès de Tienno, engagement auprès de votre maman, engagement communautaire. Vous vous êtes battue depuis votre lit d'hôpital il y a tout juste un an puis lors de votre convalescence à Nancy auprès de Laurence et Michel pour la survie du gan communautaire. Malgré la fatigue post-opératoire, c'est au minimum deux fois par jour que vous me téléphoniez pour me prodiguer tel ou tel conseil, me donner un numéro de téléphone à contacter. Pour quoi ? Pour la survie du Gan Chalom.

Vous allez nous manquer, chère Rolande, car vos projets n'étaient pas encore tous concrétisés. Vous rêviez d'emmener notre équipe pédagogique en Israël afin que nous puissions profiter de l'expérience de vos petites-filles qui avaient choisi avec autant de passion et de talent que vous, le métier de "ganénette".
Vous auriez aimé nous faire visiter le centre pédagogique de Jérusalem, nous loger toutes dans votre petit appartement. Bref, encore et toujours donner et partager avec autrui votre passion !

Vous allez nous manquer, chère Rolande, car nous vous aimions tout simplement et nous tâcherons de poursuivre le plus sincèrement possible, la trame que vous nous avez tracée, l'œuvre de votre vie : les enfants du gan Chalom.

Merci Rolande
par Bitya Rozen-Goldberg

Rolande,
Mon enfance s'en est allée.
Il m'en reste le goût sucré des toutes ces heures passées avec toi, de toutes ces petites broutilles et si importantes choses que tu m'as apprises.
Comment payer ma dette? Je n'en ai pas la moindre idée. Dire merci peut-être, dire merci au moins.

Merci Rolande.
Merci pour tous ces moments, tous ces instants, toutes ces petites choses de la vie qui me reviennent aujourd'hui avec d'autant plus de force que c'est à moi de les enseigner.
Merci pour toutes ces après-midi à jouer chez toi avec les tenues en papier crépon des fêtes du gan, entre la chambre à coucher et ce couloir sombre au bout duquel, toujours, brillait la cuisine.
Merci de m'avoir appris à lacer des chaussures, à glacer un gâteau, de m'avoir fait découvrir l'existence d'un fruit nommé coing et avec lequel on peut faire des confitures. Et moi qui croyais en l'entendant la première fois que tu nous racontais une blague !

Et tous ces après-midi à farfouiller dans les cartons de ton bureau au gan sous prétexte d'y trouver un déguisement pour Pourim. Combien y a-t-il de Pourim dans une année ?!
Et plus tard, quand tu me racontais ton histoire des EIs, photos à l'appui en me faisant deviner les noms des gens photographiés des années avant. Tu te marrais devant mon incapacité à mettre des  noms sur des visages !
Merci pour la jeunesse qui émanait de toi et qui m'a fait croire en l'éternité des choses, à l'infini du monde.

Un jour, en voyant mes yeux rouges tu m'as dit le plus sérieusement du monde que certaines fois il faut pleurer pour se sentir bien. Je t'ai regardé du haut de mes sept ans déconcertée à l'idée que tu puisses pleurer et tout étonnée par cette intimité.
Cette fois aussi, j'ai pleuré pour me sentir mieux sans toi, mais ça n'a pas marché.

Souvenirs souvenirs…
par Liorah Sabbah

Photo de classe des Cerfs : les maîtresses : Madame Rachel, Madame Pnina et Madame Rolande z"l
Debout de gauche à droite: Jeremy Wertenschlag, Yoav Cohen, Stéphane Geissman, Wanda Monheit, Fanny Weil, Eliane Chemouny, Yaël Benayon, Alexandra Guez, Liorah Sabbah et Laurie Amar.
Assis de gauche à droite: Laurent Fortis, Binyamin Weil, Gabriel Benoualid, Alexandre Levy, Jeremy Sahel et Julien Cohen-Haddad.
Mon premier souvenir du Gan Chalom remonte il y a bien longtemps.
A  l'époque, je n'avais pas encore dit mon premier mot, fait ma première dent, je ne m'appelais pas encore Liorah. En fait, je n'étais même pas encore née. Mais du ventre de ma mère, je me laissais déjà bercer par la musique de la guitare avec laquelle elle accompagnait ses chansons.
J'étais bien dans le ventre de ma maman. C'était sympa. Mais j'avais la certitude que c'était bien mieux au dehors. Je décidai donc de quitter le monde prénatal. Aussitôt dit, aussitôt fait...et me voici dans un berceau de poupée au dessus duquel se penche un monsieur barbu qui n'est autre que le Grand Rabbin Warschawski. C'est aujourd'hui ma Holekrash, cérémonie de nomination, typiquement alsacienne ou le Rabbin soulève mon berceau et cite des bénédictions (çà me plaît beaucoup!).
Tout se déroule dans la classe des “Poussins”, salle au lino vert à grands carreaux blancs que j'arpenterai trois ans plus tard avec Madame Chantal…

Je ne sais pas distinguer ma droite de ma gauche. Madame Rolande se fait fort de nous enseigner les rudiments. Aussi, dans la classe des “cerfs”  nous retrouvons-nous chacun muni d'un bâton ànotre hauteur nous déplaçant au rythme de la chanson "à droite, à gauche, en avant et en arrière, et tournez et tournez….”
C'est d'ailleurs dans la deuxième classe des cerfs que nous nous réunissons pour enregistrer la cassette du Gan. Nous avons évidemment l'interdiction formelle de faire du bruit afin de ne pas nuire à l'enregistrement. Yoav et Audrey, ayant parlé, je m'empresse de le rapporter tout de suite à la maîtresse en criant à tue tête. Malheur a moi!!! Cette dénonciation n'est pas du goût de la maîtresse et  elle me le fait savoir: on entend mes hurlements sur la cassette.
Je suis toute refroidie pour entonner en solo  “ y'a du choleil dans ma maijon, y'a du choleil dans mes chaussons”.  Je reste pétrifiée devant une telle injustice et ne peux m'empêcher de pleurer à chaudes larmes : je subis là, ma première erreur judiciaire.
(Par ailleurs, je lance un appel a tous ceux qui seraient susceptibles d'avoir au fond de leur tiroir cette cassette que je n'ai jamais eu le plaisir d'entendre)
De toutes façons, c'est “l'heure des mamans”. Dans tous les gans, il y a une “heure des mamans". Mais celle- ci est spéciale. D'abord parce que ma maman est ganenette chez les “pigeons”, ensuite parce que l”heure des mamans“ c'est la fin de la journée au Gan. Et personne n'a envie de quitter  ses copains et sa maîtresse.

Quand j'aurai trente ans je me souviendrai de tout cela. Je me rappellerai le défilé de Simhat Torah à la grande Shule, l'odeur de la peinture dans les lavabos, la préparation à la fête du Gan, les jeux de sept familles qu'on nous distribuait à Yom haatsmaouth etc.…..
Quand j'aurai trente ans, j'écrirai tout cela. Je sais déjà que je ne conserverai que des bons souvenirs du Gan Chalom.Je sais que je resterai imprégnée des valeurs qu'on m'y a enseignées.
Je sais que j'aime mes ganenettes et qu'à trente ans, en plus de les aimer, je leur serai reconnaissante.

Je voudrais saluer à l'occasion mes fidèles copines du Gan qui ont partagé mes jeux, mes éclats de rire à “Yehouda Halevi” et ensuite à l'école Aquiba : entre autres Eliane, Laurie, Noémie et surtout Fanny  avec laquelle on  a continué notre p'tit bonhomme de chemin à Jérusalem.
C'est chouette de se dire qu'on a trente ans et qu'on se connaît depuis plus de 25 ans.

J'aimerais également signaler la compétence, la pédagogie, l'amour d'Israël et de notre  peuple que nous ont transmis ces  maitresses chaleureuses, dotées d'une patience sans fin.
Merci : Mihal pour ta simplicité et ta fraicheur d'Israel, Madame Chantal pour ta douceur, Madame Martine pour m'avoir appris à être autonome, Madame Plina (j'ai mis longtemps a prononcer correctement ton nom, mes excuses Pnina) pour  toutes  les méthodes et travaux manuels que tu nous a rapporté d'Israël.
Et enfin merci à toi Madame Rolande  pour ton dévouement, ta pédagogie, ta proximité avec chacun d'entre nous et pour l'ambiance familiale qui a régné grâce à toi toutes ces années.

Note: Liorah est aujourd'hui mariée, maman de deux petits garçons et vit en Israël ou elle est guide touristique.


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