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Il naît en 1916 dans lAlsace encore Allemande, deuxième enfant dune famille profondément française. Son grand-père Hirsch aimait-il à répéter, bien quallemand, envoya ses six filles en France pour terminer leurs études. Un nom court, 4 lettres. Un prénom court aussi. 4 lettres.
En hébreu il reçoit le prénom (de 4 lettres hébraïques ) Shlomo que porte son cousin qui vient de tomber à Verdun, et qui sappelait comme son père, doù ce nom qui étonnera longtemps, de Shlomo Ben Shlomo.
Il a 4 ans au décès de son père. Sa mère l'élève avec sa soeur de onze ans plus âgée.
Il entre à la faculté de Droit et se destine au barreau. Il sent les menaces qui pèsent sur son pays et lui lantimilitariste fait sa préparation militaire et sort aspirant de l'école dofficiers de Saint-Maixent. Fait prisonnier avec son unité il s'évade et rejoint Périgueux. Les menaces sur les Juifs se font très précises, et il sinvestit dans le bureau daide sociale où lon soccupe de cacher les enfants juifs et de fournir des faux papiers.
Le 4/4/44 il est arrêté par la Gestapo, envoyé à Drancy et déporté à Auschwitz. Il y est affecté à lusine d'électricité de Gleiwitz. Blessé au doigt, il doit être amputé, sans anesthésie. Le chirurgien lui sauve la vie le lendemain en le chassant de linfirmerie où il a apprit que les S.S vont venir chercher les malades.
De son expérience concentrationnaire il parlera peu. Après bien des années et pour répondre aux sollicitations de ses enfants et petits enfants, et voyant le nombre des survivants samenuiser, il écrira une petite brochure, OUI, je me souviens, où il fera part des réflexions que lui inspire son expérience, plutôt que de la manière dont il la vécue.
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Des années plus tard, il posera sur son bureau à Jérusalem, la photo de laîné de ses petits-fils brandissant le drapeau dIsraël devant le porche dentrée d'Auschwitz avec le sentiment qu'une boucle est bouclée.
Revenu à Strasbourg, il y retrouve Jeanine (Bloch) avec laquelle il a travaillé à Périgueux. Ensemble ils fondent un foyer ou naîtront deux filles. Il sinvestit dans les activités communautaires au premier rang desquelles il place les besoins de l'éducation. Il crée la caisse de prêt dhonneur qui mettra le pied a l'étrier à de nombreux étudiants, milite activement a lORT. Il est élu Vice-Président puis Président de la communauté de Strasbourg. Il y crée le journal UNIR, développe les relations avec Israël, mobilise des équipes de volontaires pour organiser laccueil des rapatriés qui arrivent en nombre en 1962. Continuant son travail social, il dirigera le FSJU départemental. Vice-président de la section française du Congrès Juif Mondial il défend la cause juive tous azimuts. Le déclic de 1967 le propulse au premier rang des défenseurs dIsraël quil soutient sans défaut, (et où ses enfants sétablissent en 1967 et 1974) avant de sy installer en 1975.
Mais à 60 ans lheure du repos nest pas encore arrivée. Il recrée un fond de prêt dhonneur, le Keren Atid, et surtout développe auprès du "bureau des tutelles" du Ministère de la Justice, un service de traitement des donations testamentaires faites au profit d'Israël. Létablissement des dossiers le conduira à voyager deux fois par an dans toute la France. De nombreuses institutions israéliennes, hôpitaux, écoles, associations pour le bien-être du soldat, bénéficieront ainsi de son travail. De cinq dossiers à son arrivée au ministère, il y en aura plus de 500 à sa retraite.
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Lavenir d'Israël le préoccupe toujours, et la hantise dun nouvel Holocauste ne le quitte pas. Ses "lettres à l'éditeur" sont publiées aussi bien dans la presse française, où il déplore à maintes reprises limage unilatéralement négative donnée dIsraël, que dans la presse locale où il appelle en vain à l'unité devant les dangers extérieurs qui menacent le pays.
Il séteint à Jérusalem le 25 avril 1998, entouré de sa femme, de ses enfants et ses quatre petits-fils et quatre petites-filles.
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