Pierre (Pierrot) KAUFFMAN
1920 - 2013


Pierre Kauffmann dit Pierrot -z"l- s'est éteint à son domicile dans la nuit du 13 au 14 septembre 2013, la nuit de Yom Kippour 5774.

Il était né le 31 octobre 1920 à Strasbourg. Il a consacré sa vie tout entière à la communauté juive, à la protection et au sauvetage des Juifs en particulier.
Avant la guerre, il l'un des responsables permanents des Éclaireurs Israélites de France.(EIF) à Strasbourg. Sa bonne humeur permanente lui vaut le totem de Pécari (= PK rit).

Pendant la guerre

En 1940, il rejoint le chantier rural de Lautrec (Tarn), où il est chargé de la sécurité sous toutes ses formes : faux papiers, planques, surveillance des lieux, contacts régionaux, relations avec les pouvoirs publics. C'est là qu'il rencontre sa première épouse, Josette Rousso dite Feufo (Feu follet), cheftaine EI à Paris, qui lui donnera deux filles.

Grâce à ses contacts avec la gendarmerie et la mairie, de nombreuses arrestations peuvent être évitées. En 1943, il est chargé par Robert Gamzon (Castor) de l' " éclatement " du chantier et de la dispersion de ses membres. Les plus jeunes sont cachés dans des fermes de la région, les plus âgés sont dirigés vers le maquis.

En janvier 1944, grâce à ses relations avec la Résistance locale, Pierrot Kauffmann assiste à un parachutage d'armes entre Lautrec et Réalmont.
Dès cette date, il assume la liaison entre le maquis EIF et la Résistance locale.
Le 6 juin 1944, le jour du débarquement en Normandie, il rejoint le maquis de Vabre dans le Tarn et participe à toutes les opérations de la compagnie Marc Haguenau.
Sous les ordres du commandant Hugues (Dunoyer de Segonzac), il participe au dynamitage et à la capture d'un convoi allemand entre Mazamet et Castres le 19 août 1944.
Dans les négociations entre le commandement allemand de la région pour la libération de Mazamet, et au moment de la reddition de la garnison alleman de de Castres, Pierre Kauffmann sert d'interprète au colonel Dunoyer de Segonzac.

Une carrière au service de la Communauté juive

Son intelligence et son courage se conjuguent à ses qualités de meneur d'hommes et de femmes. Son engagement pour les Juifs de France et à travers le monde ne faiblit jamais et fut toujours accompagné d'actes et de sacrifices personnels.

Après la guerre, il gère une maison d'enfants orphelins rescapés de la Shoah à Jouy-en-Josas.

Dès la fondation du Fonds Social Juif Unifié (FSJU), il fait partie de ses membres les plus actifs.
En 1961, dirige le Bureau d'information et d'orientation pour l'accueil des réfugiés et rapatriés d'Afrique du Nord au FSJU.
A ce moment, il fait déjà partie de ce qui est l'embryon du Comité de Coordination des organisations juives de France, dont il est le responsable permanent. Ce comité permettra la création de l'Appel Unifié Juif de France.

Il est le directeur du CRIF de 1970 à 1980 et œuvre pour défendre les droits des Juifs de France tout en participant au sauvetage des Juifs de nombreux pays : il œuvre pour l'accueil des "refuznik" d'Union soviétique ; il prend une part active aux premières actions secrètes pour l'alya des Juifs d'Éthiopie.

En octobre 1980, à la suite de l'attentat de la rue Copernic à Paris, Pierrot Kauffmann fédère autour de lui les dirigeants de la communauté juive de France et crée le SPCJ - Service de Protection de la Communauté Juive dont il restera le vice-président jusqu'à son décès. Son engagement au SPCJ et ses efforts pour la sécurité et la libre expression de la vie juive en France seront sans concession jusqu'à son dernier jour.

A la suite de ce même attentat, il crée aussi, avec Nelly Hanson, le CERAC (Centre d'Etudes et de Recherches sur l'Antisémitisme Contemporain).

Homme discret, il préféra l'ombre d'où il accomplit de grandes choses pour la communauté juive de France. Tous ceux qui l'ont connu savent les qualités humaines exceptionnelles qui le rendaient unique.

Pierrot était officier de la Légion d'honneur, chevalier de l'ordre national du Mérite, Combattant volontaire.


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