Jack MEYER-MOOG "Loup"
par Alain KAHN
(juin 2006)

Une rencontre avec Jack MEYER-MOOG dit "Loup"

Le site du Judaïsme d'Alsace et de Lorraine a rencontré Jack MEYER-MOOG que tout le monde appelle "Loup", son totem scout qui lui a été attribué en 1941 alors qu'il avait 14 ans !
En 2002, il est premier vice-président du Consistoire Israélite du Bas-Rhin, après en avoir été le vice-président depuis 1974, et s'est aussi investi au niveau de la Communauté Israélite de Strasbourg et dans de nombreuses associations comme les Eclaireurs Israélites de France, la Jeunesse Juive de l'Est (JJE), le jardin d'enfants "Gan Chalom", l'APAJ (l'Association des Parents et Amis des Handicapés Juifs), ou la Hevra Kadicha Metaharim, l'association qui assure et organise les toilettes mortuaires.
Il est toujours particulièrement actif au sein de la JJE, de l'APAJ et bien sûr du Consistoire. Le foyer qu'il a fondé en 1951 avec son épouse Colette Winter à Strasbourg est légendaire et le grand rabbin de France, Joseph Sitruk, ne manque jamais une occasion de rappeler avec émotion l'accueil inoubliable qui lui avait été réservé en 1970, rue Sellénick, à l'époque de sa nomination au poste de rabbin de Strasbourg ! C'est d'ailleurs l'année où le grand rabbin Abraham Deutsch l'a nommé "Haver" pour bien souligner tout ce que le judaïsme alsacien lui devait déjà à ce moment là.
Ses mérites ont également été reconnus par les instances nationales puisqu'il a été nommé en décembre 1979 "Chevalier dans l'Ordre National du Mérite" puis "officier" en novembre 1998. Qu'il soit remercié d'avoir accepté de répondre à toutes nos questions.

Loup avec son épouse, ses enfants
et sa soeur Jeanine, rescapée de Ravensbrück

Judaïsme Alsacien :
QUI EST LOUP ?
Personnage atypique tant il réalise de choses qu'il est difficile en quelques lignes de brosser un tableau de ce qu'il est.
C'est le seul à ma connaissance à réaliser toutes les Mitsvoth.
On le trouve à tous les enterrements, à toutes les manifestations gaies comme les mariages, prêt à rendre service à chacun, par exemple se mettre au volant et effectuer 1 000 Kms pour vous dépanner.
Il a un cœur immense, toujours au devant des services à rendre.
A lui seul, il constitue une Institution.
Il est irremplaçable parce que pour le remplacer il faudrait une dizaine de personnes. Ayant gardé jusqu'à aujourd'hui l'esprit E.I.F., il continue à se croire chef du mouvement E.I.F. en faisant survivre l'esprit scout, toujours prêt, prêt à tout, et surtout à rendre service.
Il rend hommage aux vivants et à ceux qui nous ont quitté par son activité gigantesque dans la section Métaharim.
Il a atteint l'âge de 80 ans mais il est indispensable qu'il demeure parmi nous jusqu'aux 120 ans des Patriarches.
Voilà le vœu que j'exprime au nom de tous ceux qui l'estiment et l'aiment.
Vous êtes très attaché au judaïsme alsacien, pouvez-vous nous dire pourquoi ?
Loup :
J'ai passé ma jeunesse à Haguenau où j'ai été élevé dans ce judaïsme traditionnel, ouvert et chaleureux. A l'époque j'y ai connu le rabbin Meyer Jaïs, futur grand rabbin de Paris ainsi que le rabbin Robert Dreyfus, futur grand rabbin de Bruxelles. Je participai à une chorale qui m'a inculqué cet attachement pour les "nigounim" auxquels je tiens tant et qui font toute la beauté des offices ashkenazes en Alsace. A l'époque le chef de chœur était le regretté Dr Willy Frankqui nous dirigeait si bien et avec quelle passion ! Par la suite je me suis retrouvé à Strasbourg, en 1936, où j'ai fréquenté le Lycée Fustel de Coulanges. Entré à Yechouroun, j'ai eu le privilège de côtoyer des personnalités prestigieuses comme Moché Catane, Benno Gross, Claude Lévy et celui dont j'étais si proche, Léo Cohn. Avec eux et bien d'autres, j'ai participé aux activités communautaires pour la jeunesse. Celles-ci se déroulaient au 29 de la rue Oberlin qui devint le "Merkaz Hanohar", le centre des jeunes, et des offices y étaient également organisés. Les mouvements de jeunesse comme Yechouroun ou les Eclaireurs Israélites y proposaient leurs activités et une bibliothèque avait pu être mise sur pied avec beaucoup de dynamisme. Bien entendu, je fréquentais aussi la synagogue du Quai Kléber et je me souviens toujours avec nostalgie et émerveillement de ces offices inoubliables du 'hazan Joseph Borin et de ceux qui l'assistaient comme MM. Elie Meyer et Fernand Kaufmann .

J. A. :
La guerre est arrivée, comment avez-vous vécu cette période si douloureuse ?
Loup :
Certains échos d'Allemagne nous parvenaient, bien sûr, mais il était impossible d'imaginer un instant la tournure qu'allaient prendre les événements. Le malaise s'est amplifié au moment de la "drôle de guerre" et fin 1938 nous avions quitté Strasbourg une première fois en nous dirigeant vers Auxerre. On croyait que la guerre allait commencer et on pouvait se dire qu'enfin une action allait être entreprise contre les nazis mais rien ne se passait. Il y avait comme un sentiment de panique puis, les choses se sont précipitées avec l'ordre du gouvernement d'évacuer Strasbourg et en septembre 1939 la ville était effectivement vidée. Les voitures ont été réquisitionnées, chaque famille avait reçu de la mairie une carte d'évacuation et savait à l'avance vers où elle serait dirigée.
Ainsi les destinations principales pour les juifs de Strasbourg étaient Périgueux ou Limoges. Les gens étaient conduits en voiture dans les Vosges, comme à Senones ou Bruyères, puis ils devaient monter dans des trains qui les amenaient à destination. En septembre 1939, pour ma part, je suis arrivé à Celles sur Plaine puis à Raon-l'Etape où des offices étaient organisés ; avec ma famille, j'y suis resté jusqu'au 15 juin 1940. Pour fuir l'envahisseur, nous voulions nous rendre à Dijon mais en cours de route, à Remiremont, des bombardements nous ont amenés à changer de direction tellement ils avaient été violents et dévastateurs. Un parent est mort lors de ce bombardement qui s'est déroulé le jour de Shabath. Il a fallu se diriger plus vers le Sud et c'est ainsi que nous sommes arrivés à Brive-La-Gaillarde, où notre famille parisienne nous avait précédés, après avoir passé quelques jours au Mont Dore.

J. A. :
Avez-vous trouvé à Brive-La-Gaillarde une communauté juive organisée ?
Loup :
Oui, il y avait environ 200 familles là-bas. Le Rabbin Feuerwerker s'occupait de la communauté qui devait intégrer tous les réfugiés qui arrivaient. Il y avait minyan matin et soir dans un petit appartement et pour les fêtes le local d'un restaurant pouvait être loué. Nous pouvions même recevoir de la viande cachère qui venait de Limoges. En effet, là-bas il y avait la plupart des strasbourgeois et à leur tête le rabbin Abraham Deutsch. La boucherie Buchinger avait pu continuer ses activités dans cette ville et c'est ainsi que j'étais chargé de récupérer les colis de viande à la gare de Brive-La-Gaillarde pour qu'ils puissent être distribués à ceux qui en avait commandée. Il en allait de même d'ailleurs avec les matzoth pour Pessa'h qui pouvaient arriver jusqu'à nous. Je tenais à participer à la vie de la communauté et je me suis de plus en plus impliqué dans de nombreuses activités qui avaient toujours un caractère social, il fallait aider des personnes déplacées qui recherchaient des repères, qui voulaient être rassurées, qui cherchaient un refuge.

J. A. :
C'est à ce moment là que vous avez rejoint le mouvement scout ?

Loup :
Les Eclaireurs Israélites (qui existaient depuis 1923), se sont réorganisés à cette époque afin de faire face aux événements. Pour ma part, c'est le 7 janvier 1941, le jour de la mort de Baden Powell, le fondateur du mouvement scout, que je suis entré aux E.I. C'est alors que j'ai été "totémisé", j'avais 14 ans, et l'on a pris l'habitude de m'appeler "Loup". Le mouvement a d'ailleurs été reconnu officiellement par le Goiuvervement de Vichy dans le cadre du mouvement scout français et des "troupes", comme on les appelait, étaient organisées également à Limoges, Périgueux et Toulouse en particulier. Les EI proposaient de plus aux jeunes, déplacés, séparés de leur famille, des colonies de vacances, notamment à Montintin. Ces établissement pouvaient fonctionner grâce à l'UGIF, l'organe officiel du judaïsme français qui avait pignon sur rue et qui, clandestinement pouvait aider les gens en détresse. Vichy a fini par dissoudre les EI en novembre 1942. Cette mesure n'a pas empêché les membres du mouvement de continuer, sans uniforme, leur action, dans des conditions certes plus difficiles, mais avec une conviction, une volonté à toute épreuve.

A Brive-La-Gaillarde j'ai côtoyé des êtres inoubliables comme André Neher, Dimernanas ou François Gross et je dois dire que d'une manière générale l'équipe que nous formions était non seulement efficace mais également soucieuse du travail bien fait, de toujours tout faire pour aider ceux et celles qui en avait besoin. Le mouvement scout avait une vocation sociale, une vocation éducative qui transcendait toutes les personnes qui le rejoignaient. Le quartier général des éclaireurs se trouvait à Moissac où une école et une maison d'enfants fonctionnaient. Les échanges entre les responsables étaient nombreux, l'organisation était impeccable grâce à des personnalités comme Joseph Weill, René Weil ou Laure Weil qui oeuvraient depuis Périgueux pour les services sociaux. Chacun travaillait dans le même sens, il n'y avait pas de place pour les querelles de clocher, aider était le leitmotiv qui prévalait, qui réunissait tout le monde. Le rabbin Deutsch avait même créé dans la clandestinité un séminaire, le PSIL (le petit séminaire israélite de Limoges) pour remplacer ceux qui avaient fonctionné à Clermont, Lyon et Vichy et il recevait chez lui les élèves de terminale. Beaucoup d'entre eux sont devenus E.I. et certains ont même rejoint le maquis du Tarn.

Loup aux EI
J. A. :
Quelles sont les activités que vous avez pu avoir durant cette période à Brive ?
Loup :
J'ai été inscrit à l'école technique de Brive dès la rentrée de septembre 1940 et j'ai obtenu en 1943 le brevet industriel d'ajusteur, profession que j'ai pu exercer jusqu'en avril 1944 dans une entreprise d'électricité de la région. D'avril à septembre 1944, j'ai travaillé dans l'Ain, près de Belley, dans une usine de schiste. Puis, à mon retour à Brive, j'ai obtenu un emploi sur place dans un atelier de la SNCF jusqu'en avril 45. Pendant les vacances et durant les week-ends j'en profitai pour m'impliquer d'avantage dans les activités "scouts". Ce mouvement se développait grâce à ces êtres dont je me souviendrai toujours comme Denise et Robert Gamzon, Léo Cohn, André Kissler, Pierre Cantine, Samy Klein ou Maurice Bernsohn et bien d'autres. Comme je l'ai déjà dit, c'était très important car ces activités permettaient aux jeunes de retrouver une vie sociale, d'avoir des repères pour l'avenir. J'ai d'ailleurs suivi des camps de formation, notamment à Montintin ou à Moissac, et je me rappelle qu'au cours de l'un d'entre eux, on nous a donné les premiers éléments d'information ayant trait au sionisme.

Le mot d'ordre était aussi de développer la vie juive, de garder vivant le judaïsme et de maintenir coûte que coûte les structures mises en place. Cela impliquait un véritable état d'esprit de "militant". En ce temps de guerre, il s'agissait surtout de sauver les enfants, leur trouver des familles qui acceptaient de les cacher, les faire passer en Suisse, les sauver des rafles, les sauver des camps comme ceux de Pithiviers ou de Gurs qui étaient terribles. A cet égard, il est primordial de souligner le courage et l'exemple qu'a donné à nous tous dans son travail, dans sa mission vis-à-vis des jeunes, pour qu'ils gardent leur identité juive, leur âme juive, le regretté Raymond Winter, frère de Colette ma future épouse, malheureusement fusillé à Saint Flour. Il avait agi si efficacement dans le cadre de la "Sixième", l'organisation clandestine des E.I.F. De plus qui savait vraiment à cette époque que de Gurs, que de Pithiviers, que de tous ces camps "de transit" établis en France par Vichy, on pouvait être conduit à Drancy et de Drancy à Auschwitz ?

J. A. :
Certains de vos proches ont-ils été arrêtés ?
Loup :
A Brive, il n'y a pas eu de grandes manifestations antisémites. On ressentait l'exclusion par les mesures anti-juives, les restrictions et notre situation de réfugiés. Tout ce qui comptait, c'était perpétuer notre vie communautaire, maintenir une certaine organisation pour pouvoir faire face à une situation que personne n'avait pu imaginer. Des rafles avaient bien sûr lieu et devenaient de plus en plus nombreuses à partir de 1944. Avant Pessah, je suis allé à Toulouse avec ma mère pour rejoindre là-bas un oncle. En voulant revenir à Brive et suite à un sabotage à la sortie de Toulouse, elle a dû faire la route entre Toulouse et Brive à pied. En juillet 44, nous avons appris que ma sœur qui était restée à Toulouse avait été arrêtée pour être déportée par la Gestapo avec nos oncles et tantes, le cousin et d'autres voisins. Ma sœur sera la seule à avoir survécu à cet enfer, tous les autres sont morts à Buchenwald et Auschwitz. L'insécurité grandissait et beaucoup de Juifs avaient rejoint le maquis. L'ambiance avait changé, la libération de la Provence avait suscité beaucoup d'espoir et chacun à son niveau s'investissait pour un avenir meilleur qui semblait se rapprocher.

J. A. :
Comment viviez-vous cette fin de guerre qui s'annonçait ?
Loup :
Tous ensembles nous voulions œuvrer pour la communauté qui représentait précisément notre survie. Nous tenions à la faire vivre et c'est pourquoi, même sans rabbin, nous avons organisé les offices pour les fêtes de Tichri en louant un restaurant. Nous n'avions pas de 'hazan et des fidèles, comme M. Spingarn, nous permettaient d'avoir des offices particulièrement émouvants. Je me rappelle aussi que nous habitions non loin du domicile où résidait l'acteur Charles Denner.

Notre souci principal était de maintenir l'organisation mise en place. La fébrilité des Allemands montrait bien que c'était le commencement de la fin pour eux mais en attendant les rafles continuaient, il fallait toujours être sur ses gardes et beaucoup de nos coreligionnaires avaient effectivement rejoint la résistance dans laquelle ils ont été particulièrement actifs et en ont payé le prix fort. En avril 1945, j'apprends que ma sœur est revenue de Ravensbrück via la Suède et je vais aussitôt la retrouver à Cherbourg pour revenir sur Brive. Je participe aussi en juillet 1945 à un rassemblement de responsables et d'intellectuels à Chambon sur Lignon, haut lieu de la résistance. Il s'agissait d'une réunion de cadres, avec notamment André Neher, pour faire le point de la situation et préparer les actions à envisager dans les communautés à reconstruire.

J. A. :
Vous commenciez à songer au retour à Strasbourg ?
Loup :
Bien sûr, quand Strasbourg a été libérée en novembre 1944, sa libération ne fut définitive qu'en avril 1945, j'y suis allé une première fois en éclaireur. La ville était à moitié en ruine et c'était vraiment la désolation. J'ai pu rejoindre le magasin que tenait ma mère rue du Vieux Marché aux Vins. Les Allemands en avaient fait une droguerie mais comme j'avais conservé les clés de l'immeuble, j'ai pu y entrer et dormir pour me reposer d'un épuisant voyage. Le vrai retour a eu lieu à partir de juillet 1945 et le travail de reconstruction, au sens propre comme au sens figuré à pu commencer immédiatement. D'abord à Haguenau que j'ai rejoint et là-bas la communauté a recommencé à fonctionner comme elle pouvait dans une synagogue complètement délabrée. La maison d'enfants "Les Cigognes" a accueilli de nombreux orphelins et j'ai pu constater le dévouement exemplaire de Mme Samuel, la sœur d'André Neher, qui, avec son mari donnait une véritable âme et du courage à tout ce monde !

J. A. :
Quand vous êtes vous réinstallé à Strasbourg ?
Loup :
J'avais déjà trouvé du travail à Strasbourg au Service des viandes du ravitaillement général et j'ai fini par m'y installer très rapidement. La vie communautaire se réorganisait et comme la seule synagogue qui n'avait pas été détruite était celle de la rue Kageneck, les offices s'y déroulèrent grâce au grand rabbin Deutsch et à Maître Bing. Dès 1946, l'office des jeunes a également pu refonctionner rue Oberlin, toujours sous le nom de "Merkaz Hanoar", et la grande synagogue fut provisoirement installée Place Broglie. Les organismes communautaires se mirent en place avec le souci de venir en aide à toutes celles et tous ceux qui en avaient tant besoin au retour de déportation ou d'exil. Ma sœur Janine dont j'ai parlé tout à l'heure, malgré ses problèmes de santé après son retour de déportation s'est tout de suite, dès juillet 1945, consacrée aux jeunes rescapés des camps de la mort. Elle a œuvré dans les maisons de Versailles, du Tremplin, aux Cigognes. Elle a dirigé les Violettes de Strasbourg puis a été attachée au Palais de Justice de Strasbourg. Elle a vraiment rendu d'éminents services aux anciens déportés, aux malades et son logement était devenu le rendez-vous des paumés, de ceux qui savaient que grâce à elle un vrai retour s'avérait possible. Toutes les bonnes volontés s'étaient ainsi réunies malgré les difficultés.

Très vite un certains nombres de jeunes décidèrent de faire leur alyah lorsque l'Etat d'Israel fut créé en 1948. Des personnalités comme Moché Catane vont partir et durant les années 49/50 il y eut un grand vide. Beaucoup de strasbourgeois se retrouvèrent au kibboutz Ein Hanatziv. Théo Klein et André Neher sont restrés un peu plus longtemps et avec les grands rabbins Deutsch et Warschawski le travail de reconstruction a pu être poursuivi dans de bonnes conditions. Les mouvements des E.I. et de Yechouroun y furent pour beaucoup et permirent l'accomplissement d'un travail de fond.

Colette et Jack Meyer-Moog à la brith-mila de leur petit-fils

J. A. :
Et pour vous personnellement, ce retour a-t-il pu se réaliser d'une manière satisfaisante ?
Loup :

J'ai d'abord eu la chance de pouvoir "lernen", étudier, à la Yeshivah d'Aix les Bains d'octobre 45 à Août 46. C'était un besoin après cette tourmente et cela m'a permis de me ressourcer dans les textes, dans les vraies traditions et dans mon implication dans la communauté juive. Sur le plan professionnel, j'ai commencé à travaillé à la Maison Klein Frères d'Obernai (brosserie) dès octobre 1946 pour ne plus la quitter jusqu'en 1988 après en avoir été son dirigeant principal, mais en décembre 1947 j'ai été appelé pour passer mon service militaire à l'Etat Major jusqu'en décembre 1948. J'ai pu reprendre mon activité dès janvier 1949 et je me suis marié avec Colette Winter en 1951. Elle aussi a été une vraie cheftaine E.I. sachant prendre ses responsabilités quand il le faut et partageant toujours et pleinement notre équipée de plus de 55 ans. Nous avons eu cinq enfants et le bonheur d'avoir constitué une vraie famille et de pouvoir profiter de nos petits-enfants et arrières-petits-enfants que nous essayons de voir le plus souvent possible en Israël. Bien sûr tous ces aspects sont complémentaires entre eux et il s'est toujours agi pour Colette et moi de trouver le bon équilibre entre notre vie familiale, la vie professionnelle et notre engagement auprès de la communauté dans son ensemble.


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