Le Consistoire du Bas-Rhin, dans sa séance du 06 juillet 2006, décide que les femmes ne seraient pas éligibles.
Néanmoins Janine Elkouby a dépose sa candidature le 07 septembre 06.
Celle-ci est refusée le 08 septembre 06 par un courrier du Consistoire du Bas Rhin, du fait "de la situation juridique du Consistoire et des lois qui régissent le corps électoral".
Le groupe de femmes qui soutient sa candidature organise le 05 septembre 06 une réunion d’information à laquelle prennent part près de cent personnes qui les assurent de leur soutien chaleureux et les ont exhortent à poursuivre notre action jusqu’au bout en présentant une candidature féminine et en faisant un recours auprès du Tribunal administratif le cas échéant.
A partir du 10.9.06, une pétition mise en ligne sur le Site du Judaïsme d'Alsace et de Lorraine recueille plus de 500 signatures.
Ces actions incitent le Consistoire du Bas-Rhin à réviser sa position. Madame Elkouby est enfin autorisée à présenter sa candidature, et elle est élue en novembre 2006 au pose de vice-présidente du Consistoire

L'appel de mars 2006 :
Les femmes sont éligibles au Consistoire !

Dans quelques mois, se dérouleront les élections aux Consistoires Israélites du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et de la Moselle. Mais dans le cadre de ces élections, les femmes ne sont pas éligibles. Aussi anachronique, absurde et injuste que puisse paraître un tel état de fait, nous en sommes restés, en 2006, à la situation qui prévalait il y a un siècle et demi, au moment où Napoléon instituait le Concordat, et où seuls les hommes, plus exactement certains hommes, les notables, étaient admis à voter.

Les signataires de cet article ont décidé qu'il était grand temps de remédier à cette situation, qui d'une part prive le Consistoire d'une partie de sa crédibilité en le faisant apparaître comme une survivance d'un passé révolu et qui, d'autre part le prive du concours éventuel de femmes volontaires et compétentes, intéressées à travailler pour la collectivité.

Rappelons brièvement les étapes décisives qui ont marqué l'évolution de la participation des femmes - et des hommes - à la vie de la communauté :

  1. Les femmes à la Commission administrative de la Communauté de Strasbourg
  2. Les hommes au Consistoire
  3. Selon l'ordonnance du 25 mai 1844, seuls les « notables » et non tous les hommes sont habilités à élire les membres du Consistoire ; lorsque le droit de vote a été étendu à toutes les personnes de sexe masculin, tous les hommes, ipso facto, sans aucune modification législative, sont devenus électeurs puisque "citoyens inscrits sur les listes électorales".

  4. Les femmes au Consistoire
Ajoutons que cette question est réglée depuis longtemps dans les autres religions concordataires, pourtant soumises aux mêmes contraintes.

Quant aux arguments d'ordre halakhique qui apparaissent ici ou là dans le débat, disons simplement que d'une part, les autres Consistoires qui, comme celui de Paris, comptent dans leurs rangs des femmes présentes et actives, précisons-le, au sein de toutes les commissions, sont régis par la même Halakha, qui ne semble pas avoir posé de difficultés, et que, d'autre part, les mêmes problèmes halakhiques avaient été soulevés et résolus en ce qui concerne les Commissions administratives, dès 1989. Enfin, il est bon de rappeler que les Consistoires sont des organes civils régis par les règles de l'Etat.

Il apparaît donc clairement que l'éligibilité des femmes au Consistoire ne pose aucun problème légal, bien au contraire : c'est le maintien de l'exclusion des femmes qui est illégal, contraire à la Constitution et à la Convention Européenne des Droits de l'Homme.

Nous sommes certaines que les Consistoires auront à cœur de réparer un anachronisme et une injustice et que les femmes seront éligibles en novembre 2006.

  Annie Dreyfus,
Janine Elkouby,
Claudine Hagège-Malka,
Claudine Kling,
Sonia Sarah Lipsyc.


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