RAPHAEL WEILER
Sarrebruck 10.03.1924 – Beer-Sheva 22.10.1948

WeilerTous les E.I. de Strasbourg ont déjà entendu le nom de Raphaël Weiler. Néanmoins, très peu d’entre eux savent ce qu’il était et ce qu’il a fait de sa trop courte vie. Fils du Dr Léon Weiler qui était président de la Communauté de Sarrebruck et délégué au Conseil Sioniste   et de son épouse Jeanne Heymann. Il avait deux frères, l’aîné Benjamin et le cadet Elie. Raphaël se sentit très tôt concerne par les problèmes du futur état juif.

En 1940 il commence de brillantes études à l’école des Arts et Métiers  d’Aix en Provence. Comme tout jeune juif français qui se respectait, dès la domination nazie étendue en France Sud ainsi que les persécutions antisémites, il choisit de s’évader avec son frère aîné vers l’Espagne, avant de rallier les forces françaises libres au Maroc. En 1943, il s’engage dans la Division Leclerc avec laquelle il rejoignit l’Angleterre puis participe au débarquement en Normandie à Sainte-Mère l’Eglise en juin 1944. Il prend part à la libération de Paris, de Strasbourg et arrive avec sa division jusqu'à Berchtesgaden, nid d’aigle d'Hitler.

La capitulation allemande le trouvera heureusement sain et sauf en dépit des fatigues de ses campagnes harassantes. En 1945, dès sa démobilisation, Raphaël reprend ses chères études qui lui permettront  de décrocher en 1947  le brillant diplôme d’ingénieur des Arts et Métiers. Médaille d’argent des écoles nationales des Arts et Métiers, il est le troisième  de sa promotion en juillet 1948,  après s’être spécialisé comme ingénieur hydraulique.
Il désire mettre en pratique ce qui lui a été enseigné, et tout particulièrement mettre ses connaissances au service du jeune état sioniste. Il a tourné résolument le dos à un poste d’ingénieur électricien en Suisse car il veut servir la terre ancestrale.

Raphaël ne veut pas arriver après la bataille et c'est pourquoi, avant de choisir la vie civile, il s’engage à Marseille dans la Hagana, puis il arrive en Israël, après quelques jours de formation dans un camp de recrutement.

Le monument commémoratif des Blindés à Latrun,
avec le nom de Raphaël Weiler agrandi
Latrun

Ancien sous officier de la 2e D.B., Raphaël est nommé lieutenant après avoir rendu d’éminents services dans les chars grâce a ses qualités d’ingénieur, son nom se trouve marque sur les plaques du Musée des chars à Latrun. Sans doute le jeune lieutenant considérait-il comme un présage heureux et favorable le fait d’avoir retrouvé en la personne de son chef, un français non juif, ex-capitaine de la division Leclerc : le Capitaine Teddy Eytan, lui aussi combattant volontaire pour l’Indépendance d’Israël.

Raphaël participe à la conquête de Beer-Sheva au devant des troupes armées des fantassins, sans les chars, exposé aux plus grands dangers des troupes de choc. Hélas, dès le premier engagement, lors de la prise de la capitale du Neguev, il est gravement blessé le 21 octobre 1948 ; il expire deux heures plus tard.

La vie de cet ancien E.I. âgé seulement de  24 ans se brise dans cette bataille trois mois après son arrivée en Eretz  Israël et quelques mois après la naissance du jeune Etat qu’il voulait aider par ses connaissances dans le domaine hydraulique.

Peu loquace, très réservé,  il manifestait pourtant son enthousiasme dès qu’on abordait les problèmes d’eau du pays auquel il se destinait. Voilà ce que disait de lui une cousine qui l’a approché pendant ses quelques semaines de présence en Israël.

Mais son souvenir restera, son exemple survivra et la génération montante relèvera le flambeau qu’une balle ennemie meurtrière a arraché de ses mains.

Si vous allez en Israël et que vous êtes près de Beer-Sheva, demandez a vous recueillir devant le monument qui domine la ville et qui est dédié aux combattant du Palma'h du Neguev. Le nom de Raphaël est gravé dans la pierre dans la crypte arrondie de ce monument. Sa tombe se trouve  dans la partie militaire du cimetière rue Nachlath Itzhak à Tel-Aviv.


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