Jacquot GRUNEWALD


Le Requiem du requin
"La théorie selon laquelle le Mossad aurait envoyé des requins sur les côtes égyptiennes de la mer Rouge pour perturber le tourisme en Egypte n'est pas hors de question, mais cela prendra du temps pour en obtenir la confirmation". Voilà ce qu'a déclaré le gouverneur du Sud Sinaï, M. Mohamed Abdel Fadil Choucha. Mais pourquoi une  confirmation? Jamais encore on en a cherché pour ce genre d'évidentes vérités. La parole d'Arafat suffisait pour attester que les Israéliens le bombardaient à l'uranium. A-t-on vraiment besoin de confirmer, par exemple, que les Israéliens transfusent le sang des enfants palestiniens à sa soldatesque et que dans leur hôpital, à Haïti, ils prélèvent des organes à greffer?
N'empêche que si M. Choucha lisait le Coran, il l'aurait sa confirmation! Dans la Sourate 21, au verset  87, il y aurait découvert, noir sur blanc, le du al nun, "l'homme-poisson".  Eh bien, le Mossad en a mis au point toute une flottille. Des Guefilte-Requins (nom de code: GR). Le système est simple: chaque requin est fourré d'un agent du Mossad qui entraîne après lui la racaille alentour, des requins en chair et en arêtes. Et ça mord! Il est vrai que sur les côtes du Sinaï on n'a pas envoyé n'importe qui. La mission avait été confiée à GR007 en personne-poisson! Merci en tout cas à M. le Gouverneur Choucha de nous confirmer qu'après l'impressionnante exposition photo de ses tennismen à Dubaï, le Mossad s'est requinqué.
12 décembre 2010

Etranges rabbins pour étrangers
Bien sûr, il faudrait voir cas par cas. Tous les réfugiés qui nous arrivent d'Afrique ne répondent peut-être pas au statut de "l'étranger" que la Tora nous demande "d'aimer" en nous rappelant que nous-mêmes avons été étrangers en Egypte et que donc, nous "savons ce que c'est d'être étranger"  (Lév. 19, 34; Ex. 23, 9). Mais les communautés et les groupes ('harédim de catégories a, b et c…) qui, à juste raison, se montrent si scrupuleux pour l'observance des mitsvoth; qui ne boiraient pas une eau minérale sans que la bouteille soit estampillée par leur rabbin, ne devraient-ils pas faire preuve des mêmes scrupules à l'égard de "l'étranger parmi nous" ? Comment se fait-il alors que les expulsions ou l'interdit de leur louer un espace, seraient particulièrement sensibles dans les bastions 'harédi comme Bné Brak ou des quartiers religieux de Safed ou de Nazareth Elith ?
Et puisque le rabbin Abraham Yossef tient absolument à établir une relation de cause à effet entre l'une ou l'autre faute commise en Israël et l'absence de pluies, nous lui proposons de lâcher les baskets du rabbin (et Député) Haïm Amsellem, qu'il voue aux gémonies, pour 'interroger, entre autres, sur la situation que nous faisons à "l'étranger qui habite parmi nous".
30 novembre 2010

Jérusalem des Mosquées
On aime brocarder Jérusalem depuis Tel-Aviv que les Hiérosolymitains ne se privent pas de railler. Sur l'échiquier des nations, la différence entre les deux villes est sans équivoque. Tel-Aviv est en Israël et Jérusalem… à Jérusalem. Ainsi les listes alphabétiques émises par le Quai d'Orsay, placent-elles entre l'Irlande et l'Italie un Etat qui s'appelle "Israël", suivi du Japon et de… Jérusalem. A Jérusalem les nations ne sont pas représentées par des Ambassadeurs mais par une catégorie particulière de "Consuls Généraux" dont le statut ne connaît pas d'équivalent dans l'organigramme ministériel et qui en fait des Ambassadeurs auprès de l'Autorité palestinienne. Les Ambassadeurs en Israël ne se considèrent pas accrédités à Jérusalem et s'ils s'y rendent, surtout pour y rencontrer les autorités israéliennes, leur compétence territoriale ne s'y exerce pas. Au plan diplomatique, Jérusalem, siège du Consul Général accrédité auprès des autorités palestiniennes, est davantage un territoire palestinien qu'une ville d'Israël. Aussi ne s'étonnera-t-on pas de découvrir sur le site internet de l'Ambassade d'Israël, dans les "Conseils aux voyageurs" –traditionnellement communiqués par le poste sur place– que la Montagne du Temple y est nommée "l'esplanade des Mosquées".
Et rien ne changera aussi longtemps que la mer baignera Tel-Aviv et qu'elle méritera son slogan: "La ville qui ne dort jamais". Pourquoi l'Ambassadeur qui dort peu, qu'il soit de France ou d'Angleterre, nommé par la Maison Blanche ou par Berlusconi, partirait-il défendre l'honneur de Jérusalem?
23 novembre 2010

Faux détail
Retour de Pologne. Avec toujours ces "pourquoi?" qui hantent nos sommeils depuis soixante ans. Moins un petit élément de réponse suggéré par notre guide, l'intrépide et flamboyante Rita Silber, montrant au petit groupe de Français d'Israël partis sur les traces du martyrologe juif, qu'il n'était pas facile à un Polonais moyen de venir au secours d'un Juif. Toute sa famille et ses voisins avec lui risquaient la mort ou la déportation.
Les autres "pourquoi?" demeurent tels qu'en eux-mêmes l'horreur les a figés. Avec en plus les images. Ou l'absence d'image. Pas un avion allié que l'imagination nous aurait prêté; pas un seul dans le ciel de Birkenau, de Maïdanek ou de Belzec qui aurait percé la fumée des gaz ou des crématoires pour atténuer ne fût-ce qu'infiniment peu la souffrance des martyrs. Ils n'étaient qu'un détail.
A vrai dire, le mot n'est pas exact; il ne l'aurait pas même été si son auteur avait accompagné son propos d'un zeste de regret. Parce qu'un détail, ça compte. Ça peut compter. Ils ne comptaient pour rien.
1 novembre 2010

A l'hosto !
Le Chef du Gouvernement dit: un an; son ministre des Affaires étrangères: dix, vingt ou cinquante ans. Bon, mais moi, il ne me faut qu'une semaine. Une semaine ou une nuit, où les négociateurs s'installeront à Ikhilov ou à Adassa et verront comment les blessés de la route, arabes et juifs, sont soignés de concert, côte à côte dans une même chambre, le juif par un médecin arabe, l'arabe par un médecin juif. Si les négociateurs se parlaient à l'hosto, on aurait la paix illico.
N'empêche que l'autre jour, alors que je cherchais une salle pour Bibi et Abbas, je tombais sur le tableau des donateurs. Il y en avait de Suisse, de France, d'Amérique, du Canada, d'Afrique du Sud, de Césarée… Des noms en ski, en man, des Lévi, des Cohen… Mais pas un seul Ibn d'Arabie Saoudite, de Dubaï, ou du Qatar.  D'accord, on n'attend pas que les Ibn versent leur obole au comité d'expansion de Bné Berak. Mais à Hadassa, mais à Ikhilov, mais à Poria… là ou Arabes et Juifs sont soignés de la même manière, dans les mêmes salles, sont opérés sur les mêmes tables, accouchent dans les mêmes lits, pourquoi les donateurs arabes n'y sont-ils pas?
Je verrais bien une flottille partir en direction d'Israël avec des ingénieurs et des architectes d'Arabie Saoudite, de Dubaï, du Maroc… pour construire avec les Juifs et les Arabes de l'Etat juif et de l'Etat palestinien les hôpitaux de demain. Sûr qu'Israël détournera l'un ou l'autre sur Gaza.
10 octobre 2010

Dites le avec des oranges…
Dans l'Antiquité où peu de gens savaient lire, on correspondait par objets. Les objets devenaient signifiants par association d'idées, par leur consonance ou par leur forme. Il fallait deviner le message. Les malentendus n'étaient pas rares, mais on se fâchait moins, parce qu'on ne pouvait jamais être sûr d'avoir bien ou mal compris. Ce genre de correspondance, plus poétique qu'un mail, servait aussi quand on savait lire et écrire. En guise de cartes de vœux pour Rosh Hashana, par exemple. On envoyait une pomme avec du miel, pour une douce année; une tête de mouton, pour vous souhaiter de rester à la tête de la Communauté, du Consistoire ou de l'Amicale de vos amis; une grenade, pour que vous persévériez à accomplir des bonnes actions aussi nombreuses que les grains de ce fruit aux mille rubis. Tout un "séder" s'est ainsi constitué qui est bel et bien consigné dans les écrits rabbiniques.
Ces derniers temps, d'aucuns en ont rajouté. Ils vous envoient leur souhait de "bananée"… et rien ne devrait vous empêcher de compléter le panier ou le plat du "séder". Mettez-y de l'oseille, si vous en souhaitez beaucoup, des choux pour dire "vous l'êtes, mon chéri" ou un chou-rav, pour exprimer votre affection à votre rabbin. La chicorée à l'orée de l'année, ça fait très chic. Evidemment. Et une grappe de raison, de raison bien mûre, c'est vraiment ce que nous pouvons nous souhaiter de mieux en Israël.
5 septembre 2010

Les nouveaux révisionnistes
Quelques uns des grands esprits parmi les objecteurs de conscience d'Israël ont cru bon de tagger sur le mur du ghetto de Varsovie: "Libérez Gaza, libérez tous les ghettos"! Et voilà qu'une fois de plus la shoa est mise au service des Palestiniens en guerre contre Israël.
Redisons que le thème toujours repris par la propagande arabe et palestinienne, selon quoi les arabes ne sont pour rien dans la shoa et qu'en conséquence, l'Etat d'Israël n'a pas à s'en prévaloir à leur dépens est une infamie. Le Foyer National Juif a été fondé à la suite d'un sionisme millénaire, vingt ans avant que l'ONU ne proclame son indépendance. Mais surtout, qu'on imagine la puissance de l'Etat d'Israël si la Shoa avait pu ne pas être – encouragée, d'ailleurs, par le Mufti de Jérusalem et ses fidèles de l'Ouma arabe. Répétons aussi que c'est aux Etats arabes eux-mêmes qui ont chassé leurs Juifs en 1948 que l'Etat d'Israël doit une grande part de ses réussites et de sa force de résistance.
Mais non seulement, la shoa par elle-même, dans son absolue horreur, n'a pas fondé l'Etat juif, elle est, aujourd'hui, instrumentalisée pour médire d'Israël, par le plus perfide des avatars du révisionnisme –celui qui accuse Israël des crimes des nazis et de leurs complices.
5 juillet 2010

Blocus
Le contrôle des frontières de la Bande de Gaza répond à des soucis militaires et antiterroristes évidents. Sur mer, ce contrôle est un blocus obligé. Concernant le blocus terrestre, aujourd'hui levé quand il ne vise pas des produits susceptibles d'être utilisés militairement contre cet Israël dont le Hamas prône la destruction, il répondait à d'autres considérations. Elles ont été abondamment critiquées. On s'est focalisé sur l'interdit d'introduire dans Gaza du "kousbara" –le coriandre. N'empêche que toute mon amitié irait à qui, en Israël, obtiendrait un blocus de cette herbe amère. Si amère que même nos rabbins n'ont pas osé mettre ce maror-là sur le plat du séder! Alors quand les humanitaires font tout un plat du kousbara et qu'à leurs tables, les (faux) amis qui m'y invitent en font autant, je sais à quoi m'en tenir des premiers comme des seconds.
Cela dit, le blocus pouvait logiquement se justifier. Sans jamais, affirment les autorités d'Israël, avoir provoqué une pénurie alimentaire, il devait faire pression sur la population de Gaza, pour qu'elle… fasse pression sur le Hamas. Le kousbara comme levier pour libérer Shalit! Peut-être logique, mais sûrement illusoire. Qui pouvait imaginer que le Hamas dont on connaît le respect pour le droit des gens, tiendrait compte d'éventuelles revendications de sa population? Malheureux Guilad Shalit qui ne doit d'être en vie, en cette quatrième année de captivité, que parce que le Hamas veut l'échanger contre des semeurs de mort.
28 juin 2010

D'un point de vue scientifique…
Benny Morris fut le premier de ces "nouveaux historiens" qui, à propos du conflit israélo-arabe, ont défrayé la chronique en et depuis 1988. Mais Benny Morris, Professeur à l'Université Ben Gourion a fait un long chemin… qui l'a fait revenir à des thèses qu'il contestait précédemment. A l'occasion de la sortie de son nouveau livre "1948 –Histoire de la première guerre israélo-arabe", qui une fois de plus abat d'anciens mythes, Yedioth Aharonoth lui a demandé en conclusion d'une longue interview, s'il était optimiste concernant l'Etat d'Israël. Réponse: " Difficile de déceler des raisons pour l'être. […] Il faudrait que le monde arabe soit fortement affaibli et cela se produira sûrement quand les réserves de pétrole seront épuisées. Mais allez savoir quand… d'ici cinquante ou cent années. Alors c'est vrai. Si Israël tient le coup pendant ces cinquante ou cent années et que le monde arabe s'affaiblit, il sera plus facile d'arriver à la paix. D'un autre côté, d'un point de vue scientifique, tout le vécu sioniste est un miracle, si bien qu'on ne peut prévoir ce qui va arriver. Parce que tout ce qui s'est produit jusqu'à aujourd'hui va à l'encontre de la logique."
Mais n'est-ce pas là une vieille, une très vieille histoire ?
18 mai 2010

Retour de potence
Le roi Salomon disait que trois choses lui étaient inaccessibles: l'aigle pesant qui vole dans les cieux, les vaisseaux qui tiennent sur l'océan et la conception de l'enfant dans le ventre de sa mère. Il le disait bien plus joliment que moi (Proverbes, 20, 18 et suiv.) mais bien plus longuement, aussi. Pour conclure que la quatrième chose qu'il ne pouvait pas comprendre, mais absolument pas comprendre, c'est la femme qui trompe son mari et qui dit, sans un brin de retenue: "Je n'ai rien fait".
Y'en a des choses qui sont inaccessibles, aujourd'hui! Et d'autres qu'on ne peut pas comprendre. On ne peut pas comprendre, absolument pas comprendre après l'enquête des Yediot Aharonoth, que Richard Goldstone ait été juge au service de l'apartheid; qu'il ait appliqué les lois de l'apartheid, condamné en son nom à la pendaison –en totale contradiction avec les premières exigences de la conscience juive. Puis, que rapporteur de la Commission qu'on sait, il déclare, sans un brin de retenue, qu'en attendant les preuves à fournir, sa conscience juive l'oblige à blâmer Israël pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

7 mai 2010

Ça aurait pu mal finir…
Au Yom Haatsmaouth, les forêts d'Israël ont dès le petit matin des senteurs de barbecue que les Romantiques ne connaissaient pas. Remarquez: ça rassure. Vous ne voyez pas les arbres mais vous savez que vous êtes toujours dans la forêt.
J'ai marché… Je me demandais si avec toutes ces irruptions les avions pourraient défiler. Ils ont réussi. Bravo. C'est pas Tsahal qui aurait peur d'Eyjafjöll! A midi, je me suis assis pour déjeuner. Pitta, concombre, fromage blanc… Brusquement, l'un des haut-parleurs, celui de la voiture parquée à gauche s'est tu. On n'entendait plus "Oua oua boum ba". Puis celui de la voiture à droite, itou. Fini: "Nouba, nouba oua oua." Ce bizarre silence m'a fait lever la tête de mon "cottage". J'ai vu une femme au corsage bleu qui courait, effrayée, ramenant à elle des enfants qui s'étaient approchés. Le silence est devenu plus fort encore. On me fixait avec un regard que je prenais pour de l'envie. Je leur en aurais bien donné du "cottage"… Mais avec une seule boîte? A tous ces gens? Puis y a eu deux types, très forts, très grands qui se sont placés derrière moi. Ceux-là, ils avaient pas l'air d'aimer le fromage blanc. Une femme téléphonait, me montrait du doigt. Je crois que c'est elle qui a appelé deux bérets verts qui patrouillaient par là. Vous savez… les types du "Mishmar Haguevoul". Ils m'ont parlé en arabe. Un arabe hésitant, mais de l'arabe quand même. Je comprenais rien. Il y avait un mot qui revenait toujours, alors j'ai dit: "Quoi le 'Hamas, pourquoi vous parlez du 'Hamas"? Ils se sont regardés. Celui qui baragouinait le plus fort a voulu savoir si j'avais ma teoudat zehout. L'autre gardait la main sur son arme. Et derrière moi, l'un des grands types qui n'aimaient pas le fromage m'a demandé: "Tu es Juif?"
"Bien sûr, j'ai dit. 'Hag samé'ah!"
J'avais l'air de les troubler. Les gens se mettaient à parler entre eux. Et la mama à la blouse bleu (elle tenait toujours les gosses derrière elle) m'a dit: "Et à Pessa'h vous mangez du 'hamets?".
21 avril 2010

Le mal qui s'est fait normal
"Presque normal" est un film de Kéren ben Raphaël, diplômée de la Femis, l'école française des métiers du cinéma. Il raconte l'histoire toute simple de Shaï, un garçon de douze ans en quête d'anniversaire. Une jolie comédie qui lui a valu d'être programmée, parmi les films réalisés en France, aux "Rencontres de l'image", organisées du 8 au 14 avril, par le Centre français de culture et de coopération du Caire. Les films projetés dans ce "lieu d'ouverture et de liberté" devaient être dotés de prix décernés par un jury franco-égyptien.
Mais l'un des membres égyptiens du jury, M. Ahmed Atef a eu la curieuse idée de lire le programme du Festival. Et il s'est aperçu, mais si ! que la réalisatrice de "Presque normal" est israélienne. M. Atef a alors agi de façon tout à fait normale chez les intellectuels égyptiens, il a démissionné.
L'Ambassadeur de France au Caire qui, sur le coup, a déprogrammé "Presque normal" a-t-il agi normalement en vue "de protéger le Festival" ?  Le Quai d'Orsay a considéré que ce n'était pas le cas et a exigé que "Presque normal" soit réintégré. Sur quoi tous les autres membres égyptiens du jury ont démissionné. Normal.
En 2008, quand Israël était l'invité officiel au Salon du Livre, à Paris, les écrivains et syndicats d’écrivains d’Algérie, d’Egypte, de Tunisie, du Yémen, de Jordanie, d’Arabie Saoudite et du Liban avaient choisi le boycott. Auquel s'était associée l’Organisation de la conférence islamique (OCI) qui a appelé ses membres à ne pas se rendre au Salon. C'est la norme. Une norme qui paraît si peu normale à l'Ambassadeur de France au Caire et aux organisateurs français du Festival, qu'ils n'avaient pas même songé à ne pas programmer "A peu près normal".
Et tant que cette particularité arabe ne sera pas comprise par les diplomates et les intellectuels français, tant qu'elle paraîtra normale aux intellectuels et aux dirigeants arabes, rien ne bougera vraiment dans la région.
7 avril 2010
NB à l'attention des boycotteurs des produits israéliens dans les supermarchés français, sous prétexte qu'ils viennent des "colonies": L'idée de son film est venue à Kéren ben Raphaël alors qu'elle prenait un café à Saint-Germain, pas en Judée. Ils n'ont donc pas à se donner la peine de la boycotter en France.

Ce que "colon" ne veut pas dire
L'occupation par Israël des territoires palestiniens est illégale. Encore que ces terres, administrées par Israël à la suite de la guerre déclenchée par la Jordanie en 1967 (et occupées par elle) étaient attribuées par une résolution de l'ONU à ceux qui allaient la rejeter. Mais puisqu'aujourd'hui l'Autorité palestinienne l'accepte, il convient de constituer une "Palestine arabe", selon le terme de cette résolution, ou un "Etat palestinien".
Cela ne permet pas pour autant d'accuser Israël de colonialisme. Les Juifs coloniseraient la... Judée? Ils coloniseraient Jérusalem, la capitale de David et de Salomon, le lieu auquel –ils n'ont cessé de le clamer à la face du monde– ils reviendront (et qui d'ailleurs y sont revenus de siècle en siècle)?
Après la guerre des Six-Jours, les Arabes n'ont pris en compte ni cette donnée ni le fait que la nature et ses terres ont horreur du vide. Qui plus est lorsque ces terres appartenaient à un peuple qui en avait été chassé par le colonialisme et des occupations étrangères et qui jamais n'y renonça. Dès lors, l'installation des Juifs sur "le site de leur ancienne grandeur" était inéluctable. En faire des "colons" est injuste et témoigne d'une hostilité qui ne saurait rassurer ceux qui souhaiteraient tant être assurés que les Palestiniens souhaitent vraiment un Etat aux côtés de celui d'Israël.

14 mars 2010

Cyrus m'était conté
Pourim est à nos portes. Y'a d'la joie dans l'air et les masques apparaissent au coin des rues. Mais aussi sur la scène internationale. Prenez Ahmadinéjad. Si je vous dis qu'il s'intéresse aux droits de l'homme vous me répondrez: Galéjade! Eh bien pas du tout, l'Ahmadinéjad réclame à l'Angleterre le Cylindre de Cyrus, exposé au British Museum. Un truc en argile avec, écrit dessus en akkadien, une proclamation du grand Cyrus, considérée comme "la première charte des droits de l'homme". Le musée avait promis de le prêter. Et le voilà qui lambine, mais qui lambine… "Je ne me laisserai pas rouler par le Cylindre", a menacé Ahmadinéjad.
En fait, il ne veut pas du tout l'exposer. Mais montrer à la télé que c'est seulement un bout d'argile. Que ça ne vaut pas un riyal, droits de l'homme compris. Que les droits de l'homme, en Iran, n'étaient qu'une victoire à la Cyrus! Donc il les révoque, et sur sa lancée, l'Edit de Cyrus, avec. Vous savez bien l'édit de 538, qui demandait aux Juifs de s'en retourner à Sion pour y bâtir le Temple. Ahmadinéjad dit que ça sera facile. Parce qu'il aura la bombe. Et que l'Angleterre, l'Amérique et tous les autres avec, ils lambinent… mais ils lambinent…
Nouvelle lune d'Adar, 5771

Davos pour rien
Je le dis comme je le pense: Shimon Pérès m'a déçu. Profondément déçu. Il quitte Israël –où pourtant il en aurait des choses à faire!– s'envole à Berlin où il parle au président allemand, il parle à la chancelière allemande, il parle au Bundestag. Il parle, il parle… Puis il s'envole pour Davos. A Davos, il parle au président sud-coréen, il parle au directeur de l'Agence atomique, il parle, il parle.
Mais alors qu'il pouvait agir, faire quelque chose, descendre les pistes magnifiquement enneigées de la station pour promouvoir le ski en Israël, nada. Rien. Pourtant c'était l'occasion rêvée. Il aurait eu toute la presse avec lui, des photos, des vidéos, tout… Rien!
Et dire que depuis quatre-vingt six ans, cet homme veut remporter le shalom géant!
31 janvier 2010

Tremblements
Le tremblement de terre fait trembler le théologien. Il ne peut, sans d'inutiles et difficiles convulsions, expliquer les souffrances qui frappent l'enfant. Il n'y parvenait pas quand la peste l'atteignait; il n'y arrive pas quand le cancer l'étreint.
Le Juif n'échappe ni à l'inexplicable ni au tremblement, lui qui affirme que la Terre élue est située sur deux failles géologiques. Et qui l'élit pour l'habiter. Comme s'il lui fallait assumer le risque que Zacharie le Prophète annonce à sa Terre éprouvée.
Mais ce que ni le théologien ni le citoyen du monde, de notre monde aux instantanés maîtrisés, ne peuvent absolument pas expliquer, c'est qu'il ait fallu plus de 48 heures pour que les premiers secours arrivent à Haïti.
Qu'Israël, le petit Israël sur la carte du monde, soit de ceux qui, avec son hôpital et ses équipes médicales, apportent le principal secours, est peut-être en ces jours troublés, la chose qui s'explique le mieux.
18 janvier 2010

Pléonasmes (vient du grec pleonasmós, qui signifie "excès")
Je n'ai jamais su si l'histoire était inventée ou si la bourde (ou l'astuce car il était pince sans rire) venait de mon prof de gym. Un jour, il expliquait les règles de foot et pour commencer, joignant le geste à la parole, dit: "Vous posez le ballon au centre du milieu".
- Mais M'sieur, c'est un pléonasme.
- Non, répondit le maître ès sports, c'est un Michelin.
Il est souvent difficile de savoir, chacun en fait l'expérience, si votre interlocuteur blague ou s'il est sérieux. Par exemple, quand un dirigeant de l'OLP, Salah Rafat, déclare que "le peuple juif n'a aucun lien avec la terre d'Israël", on se dit bien qu'il doit blaguer. Mais on n’est pas sûr. On n'est jamais sûr avec l'OLP.
Avec le pléonasme non plus. C'est peut-être leur nature, après tout, à l'OLP et au pléonasme. Quand, sur la deuxième chaîne de la télé israélienne, Yonith Lévy annonce une "courte interruption" pour la pub, vous sentez bien que c'est un pléonasme. "Interruption" suffit. Même chose quand vous lisez sur un chantier de Jérusalem, "Ici on construit des appartements de luxe". "Appartements" aurait suffi.
Vous me direz qu'on ne peut pas comparer. Que sur la deuxième chaîne on a l'habitude de plaisanter et que personne n'a jamais blagué avec le prix d'un appartement.
Vous n'allez quand même pas me faire recommencer du début.

7 janvier 2010
Alléluia au sommet
Le sommet de Copenhague est un bel hommage rendu au Dieu Créateur. Pas par n'importe qui. Par les nations du monde qui y étaient réunies! Car, logiquement, la planète Terre ne pouvait exclure le dépôt de bilan. Avec plus de 9 milliards d'habitants prévus par l'ONU en 2050, la famine qui sévit en Afrique subsaharienne, en Asie du Sud et dans plusieurs pays d'Amérique latine, les excès et autres forfaitures dont nous nous sommes coutumiers, le Sommet était habilité à annoncer la fin du monde. Ou pour le moins la fin des hommes sur Terre.
Au lieu de quoi, on y a envisagé très sérieusement la réduction des abus qui la menacent. On a même promis de verser quelques milliards pour que les nations en marche ne marchent pas sur la trace des aînés. On a parlé, surtout, d'énergie nucléaire, de diesel produit par des microalgues, de bactéries qui vont nous donner du pétrole, d'éoliennes, de toits solaires, parmi d'autres sources mises en réserve par le Dieu nourricier.
Au sixième "jour", le Créateur offrit  aux hommes l'univers "pour qu'on y travaille", dit la Bible en son 34e verset. Le travail a repris à Copenhague. Mais tout n'est pas permis, précise ce même verset, exigeant l'arrêt du Septième jour. La leçon a fait école, qui passant du temps à l'espace, convie à l'écologie.
28 décembre 2009

Liberté de conscience, de pensée et autres antigels
  1. Tsahal doit accorder la liberté de conscience à droite comme à gauche. Elle comprend la liberté religieuse. Elle ne peut s'exprimer que par un refus d'obéissance – ce qui exclut, notamment, de brandir des banderoles ou d'afficher des mots d'ordre.
  2. Au lieu de la liberté académique, les maîtres des Yeshivoth doivent se réclamer de la liberté talmudique. Exactement comme ils enseignent les raisonnements de Beth Shamaï qui sont contraires à la Halakha, il leur faut enseigner les raisonnements contraires à ceux qu'ils professent sur l'intégrité d'Érets-Israël (ou son non-intégrité) et qui sont pareillement inspirés par la Halakha. Bref, il leur faut inculquer la liberté de penser en Halakha. Mais aussi en politique, puisque la politique s'est mise à infiltrer la Halakha.
  3. La liberté de conscience doit pouvoir s'exercer dans la police comme à l'armée. Si le fait d'imposer le "gel" de constructions en Judée-Samarie était interdit par la Tora (Da'at Tora, a-t-il été dit – traduisez: "Impératif catégorique de la Tora"), il ne saurait l'être davantage aux militaires qu'aux policiers. L'armée et la police étant hors circuit, il appert que seuls les membres du Cabinet ayant décidé du "gel" sont habilités à faire respecter cette résolution.
20 décembre 2009

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