MONOLOGUES ALSACIENS
B. Bloch

Ce livret (66 pages) dont nous présentons de larges extraits a été trouvé chez un bouquiniste des quais de la Seine. Il nous a été aimablement communiqué par Monsieur Jacques R. WEILL.
De B. Bloch nous ne savons rien de plus que ce que dit la biographie ci-dessous, qu'il présente en préface de son ouvrage (Jean VOITOU qui signe cette biographie, ne serait-il pas l'auteur en personne, ayant cru bon d'adopter un pseudonyme pour pouvoir s'adresser de chaleureux éloges ?).
On ne connaît ni le prénom de B. Bloch, ni sa date de naissance, ni celle de de la parution des Monologues. Mais on peut risquer une hypothèse : dans l'un des textes, il parle d'un "vieux journal, datant de 1862". Il semblerait donc que c'est après la défaite de 1870 que l'auteur serait venu à Paris pour y exercer la profession de chansonnier. L'émigration importante d'Alsaciens vers la capitale à la suite de l'annexion de leur territoire par l'Allemagne lui aurait fourni un public de choix, venant l'écouter dans les cabarets, et riant aux éclats devant cette évocation du "provincialisme" de leurs anciens compatriotes.
Certes B. Bloch se veut le représentant de l'ensemble des Alsaciens et se garde de faire allusion aux éléments juifs du folklore. Mais le lecteur exercé pourra déceler sans peine des situations et des expressions verbales typiquement judéo-alsaciennes dans ses facéties.

Monologues alsaciens

B. BLOCH
Conteur Humoristique

B. BlochNé à Müttersholtz (Bas-Rhin), B. Bloch a fait tous les métiers, depuis celui d'homme de peine, en passant par ceux d'ouvrier maroquinier, de marchand d'allumettes, de garçon de recettes, etc., jusqu'à celui de chansonnier.

L'ancien ouvrier maroquinier, se sentant de "l'étoffe" comme l'on dit en style artiste, a essayé du concert, et chose assez rare, il s'est imposé au public dès le premier jour..
Il débute à Nancy, mais bientôt sa réputation lui ouvre à deux battants les portes des établissements de la Capitale.

Successivement, le Concert de l'Époque, Rochechouart, le Moulin-Rouge, l'Eldorado, l'ont consacré par leurs applaudissements,

Il possède un aplomb imperturbable, un rare esprit d'observation et une facilité d'improvisation qui lui permettent de saisir et de rendre aussitôt, avec un naturel surprenant la note locale, chose qui, en province, ne contribue pas peu à assurer son succès.

C'est d'ailleurs à cet esprit d'observation qu'il doit son entrée au concert.

"A force de voir, dit-il, des artistes qui avaient moins de droit que de prétention à cette qualité, j'ai pensé pouvoir faire aussi bien qu'eux et j'ai planté là mes cuirs, pour parodier ceux des autres."

B. Bloch restera le créateur inimitable du type légendaire de l'alsacien.

Musicien consommé, il émaille ses séances de quelques morceaux de piston qu'il joue avec un tel sentiment, qu'on demeure indécis sur le point de savoir, si le monologuiste l'emporte sur l'instrumentiste.

Au demeurant charmant garçon qui a toujours le mot pour rire et personnifie bien le type du véritable artiste français, consciencieux en son art, et possédant un fond de gaieté de bon aloi, dont il fait montre en dehors de la scène autant que sur les planches qu'il brûle si vaillamment pour offrir un feu de joie au public.

Jean VOITOU.
Membre de la Société des Gens de Lettres.

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