B. Bloch : Monologues alsaciens

BIEN MAL ACQUIS NE PROFITE JAMAIS
proverbe comique

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On voit souvent de bons apôtres
Qui s'approprient le bien des autres.
Mais, comm'dit un proverb'français,
Bien mal acquis n'profit' jamais.

(Parlé.) Quelques jours après le premier janvier, je me promenais sur les boulevards, lorsque je roncontre un brave Alsacien de mes amis. Un farceur s'il en fut qui me dit en m'abordant d'un air indigné après les compliments d'usage :
- Du gonnais pien Kreuchtirpècks ?
- Voï !
- Eh pien c'est un foleur !
- Oh ! fraiment ?
Aussi frai gue ch'teul tit, du fas foir. Fiqure-doi gue le lentemain tu chour te l'an che fais chez Monsieur et Matame Kikelich, du gonnais?
- Voï !
- Elle me fait foir une métaillon en or nickelé que sa mari lui tonna bour ses édrennes : y avait égrit tessus : A doi bour le vie ! Le lentemain che fais chez son soeur Matame Setztichtrof. Elle me fait foir guelgue chosse te blus choli, douchours gue sa mari lui afait tonné, c'était un pelle ceinture te v'lanelle en soie ruche. Y avait égrit tessus : Nous moure ensemple blutôt gue de m'en aller tute seule
- Eh pien, et l'affaire Kreuchtirpèks?
- Ch'y arrife, le lentemain che fais chez Monsieur et Matame Kreuchtirpèks, chusdement ils se mettaient à daple, on m'infite, nadurellement che beu bas revuser, son femme me tit : Requartez le pelle salière en argent que ma mari ma tonné bour ma chour te l'an. Che requarte, du tefinerais bas gu'est-ce gui l'afait égrit tessus.
- Non !
- Eh pien, y avait égrit : Hôtel tu Ch'val planc.
Ça lui as bas bordé ponheur t'avoir folé ce salière en archent. Pentant gu'il afait le tos turné, che l'ai mis tans mon boche.
Du fois pien gue ch'ai raison te tire que :
Pien mal aguis profite chamais !

On trouve la musique chez E. Petit,
55 et 57 quai de la Tournelle.

LES BRETELLES DE M. MEHLSOP
FUMISTERIE COMMERCIALE

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Abondanc' de bretelles
Certain'ment ne nuit pas,
Mais c'est un embarras
Quand c'est par' ribambelles.

(Parlé.) Monsieur Mehlsôp déjeunait tranquillement dans un restaurant lorsqu'il vit entrer, portant un ballot de marchandises, un colporteur dans lequel il reconnut un de ses anciens camarades d'enfance, qui n'avait pas l'air bien riche. Aussi feignait-il de ne pas le reconnaître; mais le. marchand s'approcha de M. Mehlsôp et lui tapant familièrement sur l'épaule, lui dit :
- Ponchour; mon vieux Mehlsôp ! du me regonnais bas ? voyons, rabelle-toi pien ! Kirchevasser, te Schwartzvalt ! Che fais la gommerce ; che vend tes predelles, tes gasquettes, tes ch'vals à méganigue, tes lambions bour la 14 Chuillet.
Diens, en fait te predelles, voilà le dernier nuveaudé ; ils sont en come élémasdique inussaple, ça ture 20 ans. Si du en brends teux baires ça ture, 40 ans, et si du en brends trois baires du beux grever avant les s'usser. Et tut t'même ch'les vends bas blis ger gue 2 francs la baire.
- Allons, lui dit Mehlsôp, ch'en ai chusdement béssoin ; che vais d'en brentre un baire. Seul'ment, gomme ch'ai bas t'archent sur moi du vas les border à mon femme ; du tiras gue c'est moi gue che t'envoïe : c'est 28 rue tes Cravilliers !"

Tout en causant, Mehlsop continue à se fouiller, et, retrouvant subitement de l'argent dans unc de ses poches, lui dit : "Tiens, voilà 2 francs, tonne-moi les predelles ; gomme ça c'est bas la beine te de térancher. Au revoir Kirchevasser !" "Atié, Mehlsôp, merci !"

Ayant quitté son ami, le marchand s'en fut chez sa femme et lui dit : " Ponchour, Matame
Mehlsôp ! Vous me regonnaissez bas? Che suis Kikchevasser, te Shwartzvalt ! C'est chuste, vous bouvez bas me regonnaître, vous m'avez chamais vu ! Che viens te la bart te vodre mari, c'est bour un baire te predelles ; il avait bas t'archent sur lui, c'est 2 francs !"
- Tu moment gue c'est ma mari gui vous envoïe, voilà 2 francs; tonnez-moi les predelles. Au revoir M. Kirchevasser, à un audre fois !
- Atié, Matame Mehlsôp, un ander mohl ! merci !

Kirchevasser descendait l'escalier quand Melhsôp rentra ; l'escalier étant sombre, le marchand ne fut pas remarqué par son ami. Le premier soin de Melhsôp fut de montrer son emplette à sa femme, qui lui dit en lui montrant les bretelles qu'elle venait de payer : "Voyons, Chmuleu, du es tonc tevientu fou ! gu'est-ce gue du veux faire avec 2 baires de predelles ?"
Irrité au dernier point, Mehlsôp appelle sa fille :
"Hertzeleu ! Hertzeleu ! va vite, mon fille, gours après M. Kirchevasser, le marchand gui sort t'ici ; tis-lui gu'il revient tut t'suite, gue ch'ai guelgue josse te zérieux à lui dire."

Courant vite, elle le rattrape au tournant de la rue : "M. Kirchevasser, revenez vite à la maison, papa a quelque chose de sérieux à vous dire!"
- C'est bas la beine gue che remonte ; che sais gu'est-ce-gue c'est, c'est bour un baire te predelles. Vous avez te l'archent sur vous ?
- Voï !
- Eh pien, tonnez-moi 2 francs. Voilà les predelles. Atié, Mademoiselle, pien tes josses à votre baba et votre maman, et merci !

Abondanc' de bretelles
Certain'ment ne nuit pas,
Mais c'est un embarras
Quand c'est par' ribambelles.
Au retour de sa fille, le père, apercevant les bretelles qu'elle tient à la main, entre dans une colère indescriptible : "Chotzpeponem ! ferflurchter chatess !
- Voyons, papa, lui dit sa fille, calme-toi ; tu avais besoin de bretelles, tu en as pour longtemps ! Abondance de bien ne nuit pas !

La musique se trouve chez G. Ondet, éditeur,
83, rue du Faubourg Saint-Denis.

ÇA COMMENCE PAR UN C !!!
monologue humoristique

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(Parlé.) Madame Krâtzepôguel revenant du marché, ayant à son bras un panier chargé de victuailles, rencontre une de ses amies Madame Tommerkaïpp.
La conversation suivante s'engage :
- Ponchour MatameKrâtzepôguel.
- Ponchour Matame Tommerkaïpp.
- Eh pien ! guoi te nuveau tans vodre famille ?
- Mon tieu bas qrand josse; che viens te recevoir tes nuvelles de ma fils gui est soltat, vous savez tans le tuillerie.
- Tans le tuillerie ? vous voulez tire tans l'artillerie.
- Ah ! oui vous avez raisson c'est vrai ; il me tit aussi tans son lettre gue on l'a qratté.
- Comment on l'a qratté ! il est malate ?
- Mais non, mais, non, il a une qratte, avec tes qalons : seul'ment che sais blus si c'est caboral ou chénéral !
- Ah ! votre fils est técha chénéral, eh ! pien la mienne il est tropêtte.
- Ah ! ça médonne bas, técha guand il édait tut betit il édait bas malin votre fils.
- Tis-tonc, tis-tonc, che vous tis bas gue ma fils, il est un impécile, che vous tis : il chue tans un tropêtte !
- Ah ! oui ! oui ! che gombrend, il est musicien ; mais tans guel réchiment gu'il est ?
- Ab ! ça che me rabelle blus, dout c'gue che sais c'est gu'ça gommence bar un C, voilà dout.
- Ah ! ah ! est-ce gue c'est bas tans les espahis ?
- Non, c'est bas tans les espahis.
- Alors ce toit êdre tans les souâfs ?
- Mais non, c'est bas tans les souâfs non blus.
- Alors c'est tans les hussards ?
- Ma foi non, c'est bas non blus tans les hussards.
- Alors c'est tans les sartilleurs ?
- Non ! Ah! attendez tonc, che me rabelle maindenant: c'est tans la crûtement na ! êdes-vous gondent maindenant ?

La musique se trouve chez E. Petit, éditeur,
55 et 57 quai de la Tournelle.

LE CADEAU DE KAISSEPOLEU
conte

Dans une petite ville des environs de MINCHTERKESS, demeurait un vieil avare qui, dans sa jeunesse, avait rendu quelques services à un ami, nommé Kaissepoleu.
N'étant pas un ingrat, cet ami lui en avait toujours gardé une profonde reconnaissance, pensant qu'un jour ou l'autre, il pourrait s'acquitter envers lui, en lui faisant un cadeau agréable.
Un jour, en fouinant chez un marchand d'antiquités, il découvrit, plein de poussière, un vieux vase Louis XV.
Comme son ami, tout avare qu'il était, se trouvait être un vieux collectionneur, il ne crut pas lui faire une plus agréable surprise que de lui offrir sa trouvaille.

L'avare, après avoir longtemps examiné le vase sur toutes ses faces, finit par lui dire :
- C'est très choli cette vasse-là, seul'ment ch'aurais brefféré une vasse Louis XVI.
- Pour quelle raison lui demande le donateur ?
- Barce gue une vasse Louis XVI, çà fait une Louis te blus!!!

Tête de l'ami.    
On trouve ce monologue détaché chez G. Ondet,
83, rue du Faubourg Saint-Denis.

CONFÉRENCE DE M. ÉSSELSCOPF !!
discours comique

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Pour auchourt'hui mes enfants, nous allons gausser te le gréation tu monte.
Chugu'abressent, les histoiriens, vous a douchours induissé en erreur, en vous tissant gue le pon tieu a gréé la monte en six chours, et gu'il s'a reposé la septième : ça c'est des plaques.
Tenez, engore hier ; Avenue la fromache t'Idalie, brès le parrière du fontaine des piplots; il a venue au monte un cheune fille tu sexe fulminin : vous voyez, che vais bas loin gercher les breufes, avec drois sous l'Omnibus à l'imbériale, vous bouvez s'en rentre gompte vous-même.

Tu reste les exembles ils pillulent tans l'Histoire - che brend à l'hass'art.
On vous tit, la troisième chour, Ghéovath, sébara les eaux te le derre, et l'abbela melr. On barle bas te l'eau de saint Palmier, te l'eau gui lui a tu chanôss, te l'eau te Vichy, abelé l'eau t'riches barcegue les bauvres ils beufent bas s'en pay'er, et l'eau de Notre-Dame tes gourtes; dout ces eaux-là ils existent.

La cinquième chour, il beubla les eaux de boissons, moi che druf gu'il en a choliment oublié tehors : il a mis les oisseaux tans l'air, abrès gu'il les a pénis; il a lit aux gorpeaux : Grôassez et muldipliez.

La sixième chour, il créa les animals tomesdiques (les goncierches) et les pêtes sauvaches (les pelles-mères) ensuite il fit l'homme - la blus choli tes animals. Il l'a abbelé : Atam, buis il l'a débossé tans une lieu te télice, nommé Barati qui reste, en Maison ipopotamie, au pied tu mont Arrarrate, gomme gui tirai la Moulin-Rouche te c't'éboque là. Tu reste ces mots parpares, truffent leurs esblications tans le lanque lapin, : Arrarrate, veux tire Montmartre, et Maison ipopotamie, ça veut tire Moulin-Rouche ; voyez le tictionnaire Lafrousse, seul'ment à c't'éboque-là, y avait bas engor tes Grilles t'égout ni tes mômes Fromaches.

Atam s'ennuyait et tormait dans un goin. La pon tieu gui voi ça, brend sa ganif, lui enlèfe un endrecôte et se dit ch'va faire un cholie betite femme avec ça : voilà engor un erreur.
Une zinche gui avait bas manché tepuis teux chours, et gui était gaché terrière une arpre, saute sur l'endrecôte, au moment gue le gréateur faissait bas adention, et se saufe avec.
L'Externel revenu te son surprisse, court après, la zinche, et l'adrape chuste à l'endroit ousque si ç'avait été un Krenouille il aurait bas pu la saissir.
Comme la zinche il se tépatait, lepentice côtsal lui restait tans les mains et gomme il avait bas autre josse, pour le moment il a fait un femme avec ça.
Voilà bourquoi on tit, les femmes y sont malin gomme des zinches !

Voilà le véridé!
La musique se trouve chez A. Patey, éditeur,
8, passage de l'Industrie.

LES CONTES DE M. PÉKÈLFLEICH !!
conte drôlatique

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Couplet d'entrée :
Je suis gai, c'est dans ma nature.
En v'nant au monde déjà je riais ;
Pour les contes et les aventures,
Plus tard, m'a-t-on dit, j'excellais :
Encore maint'nant, dans un' soirée
Mes contes, sont si bien accueillis
Qu'sitôt, qu'on annonce mon entrée,
On n'voit qu' des visag's épanouis.

(Parlé) Oui, mesdames et messieurs, on est gai en me voyant: Eh! bien ce n'est rien auprès
de monsieur Pékèlfleïch, un traducteur en prose des vers de LaFontaine, sous laquelle il n'a jamais étanché sa soif de versification. Je vous le présente.

Monsieur Pékèlfleïch :
Mes gers enfants, aujourt'hui, che vais vous ragonter tes faples, gui sont vieux; seul'ment che
les ragonte t'un manière gu'il est a la bortée te doutes les indellichences, c'est à lire gue, un enfant gui vient te venir au monte, tu moment gu'il sait lire et égrire, il gombrendra gomme un krand bersonne, le même josse. - Che gommence.

Le zicale et le fourmi.- Il y avait un fois un zicale, gui chandai tes betites chansons gomiques, bentant dute l'édé : seul'ment gomme elle avait bas cagné tu l'archent, ses vêtements, ils s'avaient ussé bentant c'demps là. Ça fait gue guand l'hiver il est venu, elle était tute nue, sur le boul'vard les pommes pedère nouvelles, ous que temeure le fourmi, gui avait paugoup tes égonomies.
Le zigale temante à le fourmi, te lui brèter un bièce te cinquante cendimes; elle rébond bour se tébarrasser, ch' l'en ai blus chavais engore un bièce te tix sous hier, et ch'lai bertu !
Gomme le zicale insistait te trop, le fourmi lui temante : Qu'est-ce gue tu faissait ben tant dute
l'édé ? Le zicale rébond : Che chandais bour cagner mon vie. Eh ! pien gue rébond le fourmi : Va-t-en à la moulin rouche, tu trufe tes gamarates.
Ça broufe mes enfants, gue guand vous avez tu l'archent, il faut le medre de gôté, bour guand vous êdes vieux.

Le krénouille, gui veut se faire aussi krosse gue la poeuf !...
Il y avait un fois un krénouille gui se brom'nait tans un mare-t'eau; elle requartait le campagne
t'une œil mélé te golique ! non che veux tire t'une oeil mélé-en-golique.
Tout d'un goup elle abersoif une krante poeuf gui avait des krants oeils, tes krands kornes, un krand queue ! Tout ça lui faisait envie.
Sacré nônn te pôgel ! gui tit le krénouille, che voutrais pien êdre aussi peau gue ça !!
Alors, elle souffle, elle pousse, si fort, gu'elle s'a ouplié, tans sa bantelon !!!
Ça broufe qu'il faut chamais souffler blus haut gu'on a le... tos.

On trouve la musique chez E. Petit,
55 et 57, quai de la Tournelle.

LE CRIME DE SPETZNAVEL
cause célèbre comique

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C'est l'histoire authentique
D'un crim' sensationnel.
On dit à Spetznâvel
Qu'il est très véridique.


(Parlé.) Je trouvai, dernièrement, un vieux journal datant de 1862 ; la curiosité me vint de le parcourir, et, ma fois, j'y lus des choses fort drôles que je vais vous répéter.

D'abord, un fait divers amusant :
Un jeune homme âgé de 31 ans à 31 ans et 6 mois, rentrait tranquillement de chez sa tante, à 3. heures du matin, lorsqu'il fut attaqué par 14 individus de mauvaise mine qui se ruèrent sur lui il coups de barre de fer, et le transpercèrent de 319 coups de couteau!!...
On n'a pu retrouver que ses souliers!!... le malheureux laisse peu d'espoir!!

Ensuite, une cause célèbre qui s'est terminée, conséquemment, par la suite, de la mort de l'assassin présumé. . . .
Un crime épouvantable avait été commis dans la commune de Spetznâvel ; le corps défiguré et méconnaissable, d'une femme inconnue avait été découvert par le garde-champêtre, Némtikatz.
N'ayant aucun indice sur l'assassin, on photographia le corps ; puis, on l'enterra.
Plus tard, les soupçons se portèrent sur Leverknepf, un Alsacien farceur que la mort n'aurait pas désarmé, et c'était le cas; car, il était, il ce moment prêt à rendre son âme à celui qui la lui avait prêtée!
Le Parquet se transporta sur les lieux un soir, et le juge, la bougie d'une main, et la photographie de l'autre, procéda à l'interrogatoiredu moribond : "Leverknepf, dit le juge, voici le momentde paraître devant le Juge Suprême ; rendez compte de vos bonnes actions et repentez-vous de vos mauvaises !" .
Leverknepf répond :
- Monsieur l'chuche, les mauvais actions ch'en ai blus, ch'lés ai dous ventues !
- Ça n'est pas le moment de plaisanter, dit l'juge : avouez que c'est vous qui avez assassiné cette femme?
- Chamais t'mon vie, répond Leverknepf, che suis bas un crouminel !
- C'est cependant vous qui avez donné ce coup de couteau à l'épaule gauche? Comme c'est vous qui avez fait cette entaille au flanc droit?
C'est l'histoire authentique
D'un crim' sensationnel.
On dit à Spetznâvel
Qu'il est très véridique.
Puis, retournant la photographie et rapprochant la lumière.
- Nierez.vous aussi que c'est vous qui avez fait ce trou là itou?
C'est là où le farceur apparait quand même.
"Ecutez, M. l'chuche, répond Leverknef, si si vous gondinuez avec vodre pouchie, dout à l'heure vous allez lui prûler les fesses ! et vous tirez , aussi que c'est moi que ch'l'ai fait !!!

La musique se trouve chez G. Ondet, éditeur,
83, rue du Faubourg Saint-Denis.

LE MARIAGE DE MADEMOISELLE PIPPERMANN
discours d'un Père veuf à sa Fille
monologue en prose

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Mon fille! c'est temain le krant chour tu sagrefice, che tis le sagrefice, barcegue bour un sagré bère, c'est douchour un sagrefice de se sagrifier ; car berte le fruit te ses sagrefices, c'est douchour un sagrefice.
Auchourt'hui, c'est moi gui remblace don mère, gui est au ciel ! brès les anches ; que le pon Tieu le goncerfe longtemps là-haut et gu'elle viens chamais me gerger. Che suis opliché de te tire dous ce gu'elle t'aurais tis si elle avait édé à mon blace ; mais heureussement c'est moi gue che suis là, che feux tire gue, du n'as bas dout bertu ! Malheureuss'ment ça fiendra !!!
En ma gualidé te mère, non te bère enfin te bère ou te mère, c'est le même josse, buisque c'est moi gui ai bêyé don élef'ment, tonc en ma gualidé te bère che toi de bréfenir, guelles sont des tefoirs au vis à vis te don nuveau siduation, il ne faut bas bertre te vue, les brincipes t'honneur et te ventru ! Non, che feu tire te vertu gue che dais fait sûsser en même demps gue le lait tant le pip'ron te le famille.
Bar l'ardicle che me rabelle blus le nimero tu code benal, le femme y doit opeissance à sa mari ; bas Samary tu Gomédie Française non, mais sa mari qui se mari avec lui, gomme gui tirais un soltat à son subérieur seul'ment c'est bas la même josse.
Et si du lui obéï bas don mari beu tadaquer à la troupenal te gommerce el tu sera gontannée à le tiforce pour le vie.
Et te blus un pon mère te famille et un pon femme te ménache toit comme l'Apeille putiner, bour le relèfment te le race qui toit un chour tonner son sang bour le batrie. Herrgott sacrement, non t'un bipe noch ein mal, voilà dout !

La musique se trouve chez E. Petit, éditeur,
55 et 57 quai de la Tournelle.

UN PELERINAGE A SAINT-STOSSARCH
conte drôlatique

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C'est bon les pèl'rinages
Quequ'fois pour les amours;
Mais ça n'l'est pas toujours,
En v'là ln preuv' je gage.

(Parlé.) Madame Rothikâtz rencontra un jour madame Tékerpauch et fut frappée de son air soucieux : "Mon Tieu, mon Tieu ! Gu'est-ce gue fous afez tonc, gue fous avez l'air si driste ? gu'est-ce gui vous a tonc arrifé ? Vous me fait te la beine, mon barole t'honneur !"

Madame Tékerpauch :
- Il vient t'm'arrifer une grante malhèr, a gausse de Sainte Stossârch ; vous gonnaissez pien mon famille, vous safez gue ch'ai teux filles? Eh ! pien l'ainée, (un josse que ch'ignorais barc'gue ch'la savais bas) avait tes relations indestines ! Non, che veux tire glandestines, avec une chene homme te lasesque musculaire ; ça faissait châsser tans la guartier.Che tis a mon fille : Ça ne beut bas turer gomme ça ! Il faut gue du vais une mariache léchidimisse.

- Gomment, demande madame Rothikâtz, vous avez marié votre fille, avec une royaliste ?

- Mais non, répond madame Tékerpauch, che veux tire léchidimisser son siduation, gombrenez-vous ? Elle s'est alors mariée avec sa cheune homme. Malheureuss'ment, le pon Tieu n'a bas péni son union. Che lui ai tit : Mon fille, une ménache sans voidure, c'est gomme une ch'val sans enfants ! Non, che veux tire, une ménache sans enfants, c'est comme un voidure qu'il a bas t' cheval.
Ch'm'en va faire une bélerinache à Saint-Stossârch bour gu'il t'envoi une pépé, si bédite qu'il soye. "C'est ça, mon mère chérie, qu'elle me rébond, don brière il sera exaussé engore blus gue tavandache !"

C'est bon les pèl'rinages
Quequ'foispour les amours;
Mais ça n'l'est pas toujours,
En v'là ln preuv' je gage.

- Mais, dit madame Rothikâtz, che groyais gue vous afez técha édé l'année dernier !...

- Mais voï, répond madame Tekerpauch, seul'ment, malheureus'ment, che m'avais drompée te nom tans mon brière ! Et c'est mon fille le gadette, celle gu'il est bas mariée, gui a eu l'enfant ! Alors, il faut gue che regommence !!!

La musique se trouve chez G. Ondet, éditeur,
83, rue du Faubourg Saint-Denis

LE PLACIER ALSACIEN
monologue réaliste

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M. Kouguelôpf, placier en draperie, se présente chez madame Unterrock marchande d'habillements pour homme.

M. Kouguelôpf :
- Ponchour, madame Unterrock, ça fa pien !

Madame Unterrock :
- Bas mal che fous remercie peaucup, fous êtes pien aimaple; et vous-même che voye gue fous afez un sandé drès florissant ; fous rentrez sans toute de la campagne ?

M. Kouguelôpf :
- Voï, ch'ai fait un b'tite foyache à Strasbourg, et ch'aborde avec moi, tes échandillons te marchantisses, tu ce gu'il y a de blus nuveau et te bremier galidé ; tu resde ce marchantisse ch'ai édé moi-même la chercher chez un oufrier gui drafaille tans le chiviotte foussafez bas gu'est-ce gue c'est le chiviotte ? Eh ! pien c'est une espèce te trap, qui a peaucup te boil, et guand le boil il est ussé, il resde le drame, afec le touplure ça fait drois édoffes.
Nus en affons bour les chaquettes, les bartezus, les bandalons et les chillets.
Allons, matame Unterrock, tonnez-moi un gommizion, hein ?

Madame Unterrock :
- Si fous afez guelgue josse te drès avandacheux tans les bandalons! ça me verait blaisir.

M. Kouguelôpf :
- Eh pien! fous boufez mèdre l'ardicle en main c'est c' gue c'hai te mieux, tu resde fous boufez férifier les échandillons.

La musique se trouve chez E. Petit, éditeur,
55 et 57 quai de la Tournelle.

LA POMMADE DU PERE KOGUELHAFE
charlatanerie humoristique !

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Voï mesdames et messieurs, c'est moi le fameux, le célèpre Kôguelhâfe, qui querit tutes les malaties tont que le monte il a téjà beaucup suffert.

Krâce à un bomate, gue ch'ai invendé lorsque ch'édais en Afrique, ousque che faisais ma service mi1idaire tans les soltats, te l'armée tu réchiment, qui était en quarnisson à Montre-ton-Kamelle.

Ce bomate, qu'il est gompossée rien gu'avec tes herpaches, del gue : 10 krames te fromacbe te kruyère, 15 krames de feuilles de magaroni, 1 litre t'eau t' cheval, 25 krames de graisse te vers solidaire ; tout ça fontu au pain mariné ! non, je veux lire au pain-marie.

Avec ça, on quérit tout gu'esqu'on veut ! Ainsi bar exemple : Un subosition, vous se levez le madin, vous vous sentez tes populations tans la cœur, vous allez voir une méd'cin, pon. Il vous fait suifre un rechiment ! non che veux tire une réchime, ça c'est bas pon. Alors, vous brenez mon bomate krosse gomme le tête t'un impécile, vous abliguez ça avec un friction sur la gôté, quauche, au pout te drois ou guatre chours, vous êdes quérit tut t'suite, - ça. c'est drès pon.

Un autre subosition, vous allez tans une manèche ; on vous tonne une ch'val gui marche bas, alors vous brenez mon bomate qrosse gomme la terrière t'un punaise, vous frottez la ch'val en dessous de son queue. Vous montez dessus, la ch'val file au krant qualop, vous vous cassez le marcoulette, et vous êtes quérit !!! Te monder à ch'val, ça c'est pon.

Un autre subosition : vous medez une toigt tans un ruche gu'il a tes abeilles, la toigt il emfle, vous en allez voir une med'cin gui vous cupe la toigt ; ça c'est bas pon. Tantis gue si vous brenez mon bomate, qrosse gomme la trou t'un aiguille te gouturière, vous en frottez avec bentant 5 heures, le lendemain vous êtes quérit , la toigt il tompe tule seule ! - ça c'est pon.

Un autre subosition : vous avez un pelle-mère empêtant, ça peut arifer à tut le monte, un chour vodre pelle-mère dompe malate, elle tevient itrolitre, alors vous brenez mon pomate qrosse gomme un pouton te chaleur, vous lui frottez la ventre chusqu'à qu'il tevient ruche gomme un bétraf, au pout t'un chour ou teu, l'itrolitre il est grevé, et le pelle-mère il est mort. - Ça c'est très pon. Bonsoir.

On trouve la musique chez Puigellier et Bassereau, éditeurs,
53, rue du Faubourg Saint-Denis.

LE REVE DE M. CHLAGTROF !!
conte drôlatique

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Au milieu du village d'un pays que je viens de tr'averser, existe une auberge, ou les habitants ont l'habitude de se réunir le dimanche ; parmi eux se trouvent quelques farceurs, que je vais essayer de vous imiter.

Je commencerai par M. Escrabouillac, un marseillais pur sang, té ! qui prend la parole et nous dit :
"Figurez-vous qu'un jour, en voyageant, je me trouvais dans un pays, ouss qu'on ne pouvait pas savoir l'heure qu'il était, tellement que c'était loin de la frontière ! troun de lair : j'aperçois un point rouge à l'horizon, et comme j'avais perdu la boussole, coquin de bonsoir ! je ne pouvais pas savoir si c'était la. lune qui se levait, ou le soleil qui se couchait ! Par bonheur il passe un normand :
- Pardon, monsieur lui dis-je, est-ce la lune ou le soleil, qu'on voit là bas ?
Le Normand me répond :
- J'pouvons vous dire, ni oui, ni non, j'sommes point du pays à c't'heure !

Un Belge M. Wesmann, qui n'aime pas il être gasconné, demande à brûle pourpoint à Escrabouillac :
- Dis donc vous, qui faïe le mâleïn est-ce que tu connaï le geïogrâphie, gottferdûm ? - Certainement répond Escrabouillac.
- Alors dis-moi, saïz-vous, combien il y a de personne dans le bon Dïeuï, gottferdûm ?
- Ah ! ça n'est pas difficile par exemple il y a le Père le Fils et le Saint-Esprit.
- Alleï ! Alleï ! répond Wesmann, et Ainsi soit-il, tu le prends pour le bourguemestre de Bruxelles, gottferdek !

Survient, un Alsacien, M. Chlâgtrôf qui dit :
- A brobos te pon tieu che vais vous ragonter une rèf gue ch'ai fait cette nuit-ci : Fiqurez-vous gue che me bromenais tans la ciel, avec ma gamerate Fremselsac et nus cherchions le borte te la baratis. Tout d'un cup on voï une égriteau, y avait égrit tessus : "Ici c'est la baratis on reçoit gue les chens gui a peaucup suffert sur le derre". Il y avait à le borte, une krand goncierche,n avec peaucup te parpe et peaucup te glefs, c'édait M. Saint Bière de Straspourg. Il temante à ma gamerate :
- Gu'est-ce gue vous afez fait sur le derre bour endrer tans la baratis?
- Ch'ai fait une krande sagrefice, che m'est marié avec un femme.
- Oh! alors, rébond Sainte Bière de Straspourg vous avez édé assez malheureux sur le derre endrez, et allez vous asseoir à kauche, terrière M. Krénskopf !
- Et moi gue che lui dis est-ce gue vous me laissez bas endrez avec M. Fremselsac ?
- Et gu'est-ce.gue vous avez fait gu'il me temante a mon dour ?
- Moi malin ! bour endrez blus facilement, che lui rébond : Che m'est marié teux fois ! !
- Et pien, mon vieux, gu'il me rébond, du beu d'en aller il y a bas te blace ici bour les impéciles.
Ch'édais vexé, mais che voulais endrer quand même ; je me mets à dapper tant gue che bouvais sur le horte te la baratis.
Guand tout d'un glak che reçois un cup! Non che veux tire, tout d'un cup, che reçois un glak !
C'édait mon femme gui me réveillait, en me tisant :
- du n'as bas pientôt fini esbèce d'impécile te me dapper gomme ça sur le... tos.
- Oh! ch'te temante barton, che groyais gue c'édait la borte te la baratis.

La musique se trouve chez E. Petit, éditeur,
55 et 57, quai de la Tournelle.

LE TOUR DE LA CUILLERE
conte drôlatique

Pour lire la traduction des mots colorés dans le texte, posez le pointeur de la souris sur le mot, sans cliquer : la traduction apparaîtra dans une bulle.
M. Chemeleu et M. Kopfvey sont invités, tous deux, à un repas de fiançailles chez des amis communs.
Le service est fait avec de l'argenterie, Chemeleu et Kopfvey sont assis l'un à côté de l'autrre.

Chemeuleu, soupesant un couvert dit :
- Tit tonc Kopfvey y sont pien cholis les guillères et les fourchettes ; che voudrais pien en avoir un gomme ça.
- Eh! pien tit Kopfvey c'est bas tificile, t'as gu'à le brentre.
- Oui, répond Chemeuleu, che le brentrai pien mais ch'ai beur qu'on s'aperçoit.
- Du n'est qu'un impécile répond Kopfvey, tien voilà gomment qu'on fait, on le brent et on le met tans son boche !!!
Chemeuleu pense : "si ch'aurai su ch'aurai bris aussi seul'ment maindenant c'est drop dard, si che brend teux on s'abersoit engore mieux".

Survient la maîtresse de la maison.
- Eh! bien dit-elle à Chemeleu, c'est le moment du dessert, et j'espère que vous qui chantez si bien, vous allez nous chanter quelque chose.
- Mon tieu matame réplique Chemeleu, y a longdemps que ch'ai bas chandé, et buis che suis enrhumé bour le moment. Seul'ment bour vous êdre agréaple, au lieu de chander, ch'm'en va vous faire un beu te brestichidation. Che gommencerai bar le dour te la guillère ; mais bour ça il faut gue vous me bretiez un couvert en archent.
On lui apporte la chose demandée.
- Messieurs, mesdames dit Chemeleu, voilà un guillère en archent, gue che met tans mon boche de kauche ; voici un fourchette en archent gue che met tans mon boche le troite, che ferme la bal'tot, che, souffle tessus... Si fous foulez trûfer le guillère et le fourchette vous n'avez qu'à fouiller tans le boche te M. Kopfvey !!...

La musique se trouve chez E. Petit, éditeur,
55 et 57, quai de la Tournelle.

POIGNEE DE BIS
conte drôlatique

Pour lire la traduction des mots colorés dans le texte, posez le pointeur de la souris sur le mot, sans cliquer : la traduction apparaîtra dans une bulle.
Un' série de petit's histoires
Se présentant à mon cerveau
Pour enlever vos idées noires
De suit' je vous en fais cadeau.

1

Un jour je me trouve dans un bureau de poste ; une petite bonne alsacienne entre en même temps que moi et demande à l'employé s'il n'y a pas une lettre pour elle.
- Comment vous appelez-vous ? lui demande remployé.
La bonne répond : Marie Cheïnloch.
L'employé lui demande : Poste-Restante ?
La bonne répond : non monsieur che suis gatholique.

2

Hier che rengontre un de mes gamarates qui me tit :
- Mon baufre fieu che suis pien empêté tebuis le ternière fois que ch'dai vu !
- Qu'est-ce gue du as donc ?
- Che grois gue ch'ai le cale ! Ca m'temanche tut l'demps.
- Hé pien, gue che lui rébons : il faut aller tans les gardiers riches bour te faire crater.
- Gomment ça ?
- Tans les gartiers riches, les arislos-cratent!

3

Un alsacien demandait dernièrement à un de ses camarades :
- Guelle tifférence y-a-dil entre un éclise et la mer ?
- Ch'en sais bas.
- Eh pien ch'va t'le lire: Tans la mer il y a peaucup t'eau tantis que tans un éclise il y a seul'ment un beu-t'eau (Bedeau).

4

Dans un banquet je me trouve un jour à côté d'un alsacien, marchand de diamants ; et, particularité étrange, il avait retourné avec ostentation le dessus de sa bague dans le creux de sa main ! Je lui demande :
- Comment se fait-il que vous mettiez votre bague à l'envers? ordinairement quand on a un diamant, surtout de prix ! c'est pour le faire voir?
- Evitemment, me rébont-il (montrant le dessous de ses mains) ; il Y a' tes chens gui gaussent gomme ça ! (puis retournant ses mains) ; mais moi che gausse gomme ça ! alors on les voïe' tut t'même.

Je voulais terminer la chose
Mais vous n'êtes jamais contents
J'vais vous en r'mettre un' petit' dose
Vous en f'rez part à vos enfants.

5

Quand j'ai fait mes 13 jours, Je me trouve un jour à la visite avec un alsacien à qui on avait administré la veille 1 gramme d'ipéca !
- Eh bien ! lui demande le major, comment vous trouvez-vous aujourd'hui ?
- Mon tieu, M.le Machor, che manche pien, che pois pien, mais, che peu pas tormir.
- Ah ! ça, reprend le Major, comment se fait-il que vous ne dormiez. pas, que ressentez-vous?
- M. le Machor che suis dout l'demps reveillé par les bunaisses !!

6

Un jour un alsacien se présente chez un peintre, avec une planche de 60 centimètres de haut pour, faire faire son portrait, et lui dit :
- M. le beintre, ch 'ai peaucup endentu barler te vodre dalent : che voutrai que vous me fassiez sur ce blanche, ma bortrait en granteur nadurelle !
- Mais, monam c'est impossible répond le peintre ; votre planche est beaucoup trop petite !
- Ça ne fait rien reprend l'alsasien, vous laisserez bentre les champes ! foilà dout !

7

Mademoiselle Octavie Quartier désirant se parer pour une soirée que devaient donner ses parents, se rend chez le plus riche bijoutier de la ville, et choisit une agrafe en brillants. S'adressant au commis elle lui demande si on pourrait lui graver ses initiales entrelacées ? L'employé, très embarrassé sur la façon dont il devait prononcer ces lettres devant une jeune fille, lui demande :
- Fulez-vus gue che vous fais ça en pain d'sièche ou en laf'ment ?
La jeune fllle n'ayant pas compris, lui fit répéter la phrase.
- L'employé: che n'beu bourtant pas vous mèdre les boints sur les i, che vous t'mante si vous la fulez en pain d'sièche, ou en l'afrment ? barce que, si vous la fulez en' pain d'sièche, che vous 'met le Q tans l'O, dantis que en laf'ment c'est tut à fait la gontraire !

8

Madame Cheïntelich rencontre au marché Madame Vichterponem qui a l'oreille un peu dure. Madame Cheïntelich lui raconte, en lui démontrant par gestes, la belle occasion qu'elle vient de faire en achetant des saucisses d'Alsace :
- Ils sont cros gomme ça et longs gomme ça !
Madame Vichterponem, qui n'a rien entendu, lui demande en se penchant à son oreille :
- Ousqu'il temeure cette cheune homme ?

Et maintenant, messieurs et mesdames,
Je n'dis pas comme l'ami Plessis,
Tout a une fin, je le proclame,
Ici mes p'tits contes sont finis.

On trouve ce monologue détaché chez Gruny,
68, rue du Château-d'Eau.


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