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C’est du "soir au soir" que les cérémonies de la consécration de la nouvelle synagogue de Strasbourg se sont déroulées Ainsi, comme lors des plus grandes solennités de l’année juive, un "long jour" a permis à tous les sentiments collectifs de la maison d’Israël de s’épancher. Abandon de la synagogue de la place Broglie
Le sermon de M. le Rabbin Warschawski devait permettre à ces sentiments de se cristalliser, de s’ordonner. Fait de souvenirs personnels attachés à ce lieu de culte intime et chaleureux, une intense conscience de communauté unissait à ce moment tous les coeurs. Le rabbin de Strasbourg se plut à rappeler que cette fraternité avait régné dans la Synagogue de la place Broglie, il souhaita qu’elle trouve son prolongement dans le nouveau temple. Car au-dessus des choses, qui, certes, ont l’âme que les hommes leur forgent, il y a les hommes.
C’est aussi ce que ressentait toute l’assemblée émue en voyant les fidèles assidus de la synagogue Broglie s’approcher de l’Armoire sainte pour emporter les précieux rouleaux de la Loi. Sans la Torah nous ne sommes pas, mais la Torah sans Israël perd aussi son existence ; nos sages ont brodé bien des sentences sur ce thème. Les fidèles, leur entente, c’est cela qui importe plus que tout dans une communauté. C’est aussi à cela que l’on pensait en voyant s’avancer côte à côte, en tête du cortège des rouleaux de la loi quittant le lieu de culte, deux hommes dont l’amitié confiante a permis bien des réalisations dans notre communauté.
Pendant que les fidèles vidaient leurs casiers, emportant leurs objets du culte, la foule dense s’écoulait. Elle était précédée par ceux qui avaient porté les lourdes responsabilités au lendemain de la tourmente : les présidents Bing, Cromback, les membres du consistoire et de la commission administrative. La présence du Grand Rabbin de France, Jacob Kaplan, et du directeur du séminaire rabbinique, le Grand Rabbin Schilli, avaient encore ajouté à l’éclat de la cérémonie. Pieuse station à l’emplacement du
temple du quai Kléber
Le souvenir de ceux qui l’occupèrent et qui moururent martyrs ne pouvait être oublié, le Rabbin Warschawski l’évoqua avec émotion devant les mouvements de jeunesse rangés sous leurs bannières et portant des flambeaux. Le sacrifice des guides spirituels de la communauté des adultes, le Grand Rabbin Hirschler, et de la communauté des jeunes, Léo Cohn, fut rappelé. Mais déjà les pensées se tournaient vers les festivités du lendemain, vers l’inauguration proprement dite de la nouvelle synagogue.
© A . S . I . J . A . |