Deux attentats au Cimetière de la Communauté Etz Haim à Schiltigheim

1 et 5 avril 2002

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La bombe artisanale trouvée dans le hall du cimetière
© Yehoshua Klein

Un pavillon situé à l'intérieur du cimetière israélite de la Communauté Etz Haïm à Schiltigheim (banlieue de Strasbourg) a été incendié au cours de la nuit du lundi 1 au mardi 2 avril : deux portes en bois à l'intérieur de ce petit bâtiment - l'oratoire de cérémonie -, qui se trouve à l'entrée du cimetière, ont été incendiées par des inconnus.
Aucun graffiti n'est toutefois visible sur les lieux du sinistre éteint par les sapeurs pompiers vers 6H00 mardi matin. Aucune revendication n'a été faite pour l'heure, selon la police. Une enquête de la PJ est en cours. Pour le délégué régional du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) Pierre Lévy, qui se trouvait sur place mardi matin, "il s'agit d'un acte criminel". "J'ai peu de doute sur la nature de cet incendie. C'est complètement lâche", a-t-il dit.
M. Lévy a indiqué par ailleurs qu'un produit inflammable avait été jeté contre la grande synagogue de Strasbourg, au cours de la nuit de lundi à mardi, sans toutefois faire de dégâts. Aucune trace de cet acte n'était visible mardi matin sur les murs de la synagogue. Dans la nuit de samedi à dimanche, les portes de la synagogue du quartier de Cronenbourg, à Strasbourg, avaient été incendiées.

Après l'incendie qui a ravagé le hall du cimetière d'Etz Haim, une nouvelle tentative criminelle s'est produite sur le même lieu. Alors que les responsables de la communauté se rendaient sur place pour faire une évaluation des dégâts causés par l'incendie, c'est une bombe qu'ils devaient découvrir dans ce même local, vendredi dernier, 5 avril, vers 14h. Une bombe de confection artisanale constituée d'un extincteur bourré d'explosifs, et dont la mèche était en train de se consumer a été découverte à temps. Selon les spécialistes du déminage, un tel engin dans un endroit public, comme une station de métro à l'heure de pointe, aurait pu faire au moins une cinquantaine de victimes.

Témoignage de Yehochoua Klein, président de la Communauté Etz Haïm

Ceci est le troisième attentat. En effet, le 11 mars une bombe de ce type avait été découverte devant ce pavillon. Une plainte a été déposé, et la police nous a prévenu qu'il y aurait récidive.
Mardi matin, 2 avril vers 8h45, aux infos j'entends parler de l'incendie du cimetière de Schiltigheim. Je me mets en rapport avec Pierre Lévy, qui est en route mais ne sait pas encore quel cimetière est touché. Notre cimetière se trouve à Cronenbourg, mais la frontière est la rue Jean-Pierre Clause, et l'usine de foie gras FEYEL en face est à Schiltigheim.
Vendredi vers 13h50, j'arrive au cimetière avec un entrepreneur pour faire un devis (peinture, carrelage au sol, etc.).Là, je trouve cet extincteur avec une traînée de poudre et trois allumettes à moitié éteintes.
J'appelle Mr Simon Ehrenreich pour faire des photos numériques, et la police, et Mr Pierre Lévy avec qui nous travaillons de concert pour la sécurité de nos institutions.
Sur le moment, je n'ai pas réalisé l'importance de cet engin explosif. Il s'agit de chlorate de soude mélangé à du sucre, qui provoque une grande source de chaleur et peut faire sauter l'extincteur. Dans ce cas le pavillon n'aurait été qu'un souvenir.
Samedi 6 avril, l'inscription au sol LAKEP est déchiffrée. Il s'agit de la rue Keppler, à côté, que les jeunes surnomment LAKEP.
Lundi matin cinq jeunes sont interpellés, et deux sont actuellement écroués. Ils risquent une peine de prison conséquente. Le CRIF se porte partie civile, et nos plaintes contre X seront jugées.
Les travaux évalués à onze mille euros seront entrepris dans les plus brefs délais.

le 26 novembre2003, à l'audience du procès contre les responsables de l'incendie du cimetière de la Communauté ETZ HAIM :
des peines de 3 et 4 ans de prison ferme ont été requises devant le tribunal correctionnel de Strasbourg contre les six jeunes délinquants.


© A . S . I . J . A .