Vigilance

Mein Kampf
Le pouvoir
Les lois de Nuremberg
La nuit de cristal
Les ghettos
Le Statut des Juifs
Babi Yar
Chelmno
L'Etoile jaune
La conférence de Wannsee
Les rafles
Le Vel d'Hiv

Drancy
Les convois

Les camps de concentration

Belzec, Maïdanek,
Sobibor, Treblinka

La sélection
Le "traitement spécial"

Chambres à gaz
et crématoires

Résistances

Bibliographie sommaire

2 - La déportation

Drancy
(camp d'internement en 1941 puis de transit de 1942 à 1944)

Les nazis mirent en place
Une logistique bien efficace :
Rassembler les malheureux
Effarés par ce contexte affreux.

L'internement a été accablant,
Partout c'était l'effondrement.
Cette dureté laissait présager
L'imminence d'un réel danger.

Un climat insupportable, lourd,
Une promiscuité si oppressante,
Une cadence effrénée, violente,
Ecrasaient chacun sans détour.

Comment toute cette population
Pouvait-elle croire un seul instant
Que ce maudit "transit" pourtant
Mènerait à la mort sans transition.

Qui oserait vraiment prétendre
Qu' ils se sont laissés prendre ?
N' avaient-ils pas été maltraités
Afin d' être lâchement emportés ?

Ont-ils seulement été alertés
Sur le sort qui leur était voué?
S' ils en avaient été informés
Ils auraient agi sans hésiter!

Drancy était un camp de transit,
Une étape avant le massacre
Des innocents tellement affaiblis
Et si prostrés face au désastre !

A Drancy tant de "bobards"
Dans les chambres bondées
Circulaient de toutes parts
Mais la vérité restait occultée.

L' angoisse montait très haut
Lorsque l' appel était entendu.
Ils partaient vers cet inconnu
En étant au bout du rouleau.

La machine à écraser,
Délibérément déclenchée,
S' avérait déjà efficace
Avant le coup de grâce !


Monument commémoratif de Treblinka


Les convois

Entassés comme des bestiaux
Dans des wagons à animaux,
Les déportés, à bout de nerfs,
Vivaient déjà une telle misère!

Des sauvages les bousculaient,
Avec hargne ils les frappaient.
Ils assouvissaient leur rage
En mettant les juifs en cage.

Ils frappaient les forçats,
Ils cognaient sur le "tas"
Avec de terribles crosses.
Que de blessures atroces!

Dans ces wagons maudits,
Les détenus étaient enfouis
A 120 alors que cet espace
Ne contenait que 40 places.

La fermeture des portes
Résonnait dans un fracas
Glacial en quelque sorte
Comme le bruit du trépas.

Dans ce fourgon cadenassé,
L' impossibilité de se reposer,
De tout simplement respirer,
Détruisait des êtres étranglés.

Voyager deux ou trois jours
Dans ces conditions fétides,
Cela brisait les plus valides
Car le poids était trop lourd.

Cette peur panique d' étouffer
Imposait une respiration dosée.
Une promiscuité insoutenable
Fit des ravages  considérables.

Les agonisants étaient achevés,
Ils gisaient sur leurs excréments.
Afin de faire taire ces hurlements,
Le SS voulait tous les voir crever.

Ceux qui perdaient leur raison
Hurlaient dans la nuit si noire,
L'expression de ce désespoir
Hantait ces convois sans nom !

Ceux qui voulaient s' échapper
Etaient immédiatement fusillés,
Même s'ils tentaient de creuser
Une fente pour mieux respirer !

A l'ouverture des portes,
Que de morts désarticulés,
Piétinés dès leur arrivée
Par de funestes cohortes !



3 - L' extermination

Les camps de concentration

Près d' un millier de ces camps
Ont été construits par les nazis.
L'esclavage, la faim, la maladie
Laminaient les plus résistants !

Par le travail forcé et les sévices,
Une effroyable force destructrice
Menait tout droit à la déchéance
Ceux qu'on privait d' espérance.

Chacun dut se déshabiller
Pour être tondu, désinfecté,
Affublé d'un pyjama ridicule,
Et de son numéro matricule.

Déjà cette triste apparence,
Et une souffrance intense,
Devaient ôter aux déportés
Tous traits de personnalité.

Au rythme de longs appels,
Certains vacillaient souvent.
Ils ne résistaient plus au gel,
Ni au soleil, ni même au vent.

Le toit d' un baraquement,
Prévu pour 300 bagnards,
En abritait à peu près 900,
Hébétés aux yeux hagards.

Exténués, ils somnolaient
Sur des bois superposés,
Dans une telle promiscuité
Qu' aucun ne s'endormait.

Ils étaient frappés en tous sens,
Puis piochaient en permanence.
Tant de travaux de terrassement
Les achevaient en peu de temps.

Chaque écart était puni de mort.
Roué de coups, pendu ou fusillé,
Le malheureux avait toujours tort,
Il avait  l'interdiction de sourciller.

La faim les tenaillait avec insistance :
Tous recevaient une maigre pitance.
Dès lors ils s'écroulaient rapidement,
Les SS préparaient leur achèvement.

A Buchenwald et Mauthausen,
A Ravensbrück et Bergen Belsen,
A Dachau et Sachsenhausen,
A Neuengamme et Gross Rosen.

Ce sont quelques noms de camps :
Là des centaines de milliers d'âmes
Périrent dans des conditions infâmes,
Eliminées dans une tourmente de sang !

Par tous les temps ils creusaient ,
Ils remplissaient des wagonnets
Et tous ceux qui étaient épuisés
Mouraient, frappés ou mitraillés.

Une soldatesque germanique
Sévissait à coups de triques
Dans cette fureur teutonique
Aux conséquences tragiques.

D'autres victimes avaient été mutilées
Après avoir subi les pires souffrances
Lors de si  repoussantes  expériences
Exécutées avec une ignoble cruauté.

La machine concentrationnaire
Devait broyer irrémédiablement
Des êtres traités misérablement.
Ce fut un enfer organisé sur terre.




Baraquement à Auschwitz


4 - Les camps d' extermination

Belzec, Maïdanek,
Sobibor, Treblinka

Chelmno, 1er centre de mise à mort,
Expérimenta  le "traitement spécial",
Treblinka, Maïdanek, Belzec, Sobibor
Lui ont apporté sa signification totale.

Oui, les camps d' extermination
Devenaient la phase terminale
Destinée à achever l' exécution
Définitive de la "solution finale".

Ils n' avaient qu' un seul objectif :
Le massacre de tout le peuple juif.
Des millions de martyrs périrent
Dans un huis-clos barbare du pire.

De 1942 à 1944, inlassablement,
Débarquaient des êtres terrorisés
Par les coups assénés férocement
En pleine chute vers l' inhumanité.

Les malheureux durent se dénuder,
Enlever tout, prothèses et lunettes ,
Déposer ce qu' ils avaient emmené.
Même les crânes furent rasés net.

Ces cortèges du désespoir arrivèrent
Par tous les temps, été comme hiver,
Dans des sortes de salles de douche
Au rythme d' une schlague farouche.

Les tuyaux n'y amenaient pas d' eau.
Le gaz provenant d'un moteur Diesel
Devait accomplir son oeuvre mortelle
En entrant dans un espace bien clos.

A nouveau le procédé était utilisé
Pour délibérément faire étouffer
Les proies des rafles et du ghetto
Tombées dans un effroyable étau.

L' agonie durait une demi - heure.
Les corps figés dans la terreur
Luttèrent jusqu' au dernier soupir.
Comment seulement le décrire ?

Les corps s' agrippant au désespoir
Gisaient meurtris sur le sol souillé
Pour être ramassés puis balancés
Dans des fosses, dans un dépotoir!

Les martyrs seront brûlés matin et soir
Dans les premiers fours crématoires.
Le félon exigeait cette accélération :
Il voulait obtenir entière satisfaction !




Auschwitz

Photographies : © Yona Rothé

Page précédente   Page suivante
Shoah Judaisme alsacien Histoire
© A . S . I . J . A .