Mathieu WOLFF
Rabbin à Sedan, Belfort et Paris
Rosheim 1868 - Auschwitz 1944


Mathieu Wolff naît à Rosheim le 7 décembre 1868. Dès l'âge de quatorze ans,  il quitte l'Alsace afin de poursuivre ses études en France, rejoignant sa sœur Rose qui demeure à Paris. En 1887 il est admis au Séminaire israélite comme boursier de la Ville de Paris. En 1891 il est réintégré dans la nationalité française.

Pendant ses études, il est envoyé officier à Roubaix pour les fêtes de Tishri. Le 16 juin 1993, il obtient le diplôme du premier degré rabbinique, et un mois plus tard, il prend son premier poste comme rabbin de Sedan. Il commence à publier des articles dans l'Univers israélite.

Le 26 novembre 1900, il épouse à Nancy Delphine Schwartz, née le 22 nombre 1876 à Balbronn, sœur du rabbin Isaac Schwartz et nièce du rabbin Simon Debré. Ils auront deux fils : André, médecin, et Edgar, professeur agrégé de philosophie.

En 1902 il passe la frontière pour donner à Metz une conférence sur Le Juif errant. En 1906, il reçoit un prix de la Fondation Michel et Fanny Weill. Cherchant à occuper un poste rabbinique plus prestigieux, il multiplie les candidatures, et en 1909 il est élu rabbin par la communauté de Belfort. En 1914, il est élu membre du conseil de l'Association des Rabbins français.

Souffrant d'une mauvaise vue, il est réformé du service militaire. Cependant, en 1893, il est nommé aumônier militaire au 2ème corps d'armée. Pendant la première guerre mondiale, il est aumônier de la place forte de Belfort (qui n'avait pas été annexée par l'Allemagne en 1870) de 1914 à 1919. Il affronte courageusement les bombardements et se dévoue au chevet des blessés des unités combattantes du front d'Alsace qui n'ont pas d'aumônier. En 1915, il célèbre un service religieux patriotique dans la synagogue de Seppois-le-Bas reconquise en 1915, et publie des lettres pastorales dans l'Univers israélite à l'occasion des soldats mobilisés. En 1918 il est chargé d'une mission de liaison entre la population alsacienne et la 4ème armée. C'est lui qui célèbre l'office de la victoire dans la grande synagogue de Strasbourg en présence du général Gouraud. En 1919, il dirige aussi un service commémoratif à Colmar. Il est décoré de la Croix de guerre et en 1929 il recevra la Légion d'honneur à titre militaire.

Après la guerre, il reprend son service dans le Territoire de Belfort et il écrit à nouveau dans l'Univers israélite. En 1926, il est nommé rabbin adjoint au grand rabbin de Paris, et il est affecté à la synagogue de rite sefarade de la rue Buffault. Il fait désormais de nombreuses conférences, puis des causeries à l'émission radiophonique La Voix d'Israël. En 1937, il prend sa retraite après les fêtes de Tishri, et officie encore en 1939 dans des lieux de villégiature : Vichy, La Baule.

En juin 1940, il se trouve à Paris lors de l'entrée des troupes allemandes,  et malgré sa très mauvaise vue qui lui rend les déplacements difficiles, il reprend spontanément du service : il se dévoue aux côtés de Julien Weill pour assurer offices et inhumations.

Arrêté avec son épouse, il est déporté par le convoi n°76 du 30 juin 1944, et déclaré décédé le 5 juillet suivant. En 1946, une cérémonie à sa mémoire sera célébrée à Belfort.

Source : Dictionnaire biographique des rabbins sous la direction de J-Ph. Chaumont et M. Lévy. Paris, Berg International, 2007


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