Lectures du judaïsme

Sommaire
  1. Directeur de collection
  2.  Présentation
  3. Liste des ouvrages


Directeur de collection

Ancien Secrétaire Général du Consistoire Israélite de Paris et d'Ile de France – première organisation juive d'Europe par la taille –, expert en économie et en banque internationales, en déontologie financière et en éthique médicale, directeur de projets philanthropiques internationaux Hervé Landau est peut-être d'abord et avant tout, un talmudiste, un enseignant. Le souci d'actualisation permanente d'une parole âgée de plus de 3 000 ans, et d'une parfaite intégration de la réflexion et de la parole talmudiques à la pensée et à l'action de notre époque et de nos sociétés, l'a porté à créer et à diriger la collection « Lectures du judaïsme » aux PUF. À travers cette aventure innovante, c'est la naissance d'une nouvelle école de l'écriture juive francophone que vise Hervé Landau.


Présentation

Le concept de la collection « Lectures du judaïsme » vise une triple rupture pour l’écriture francophone sur les grands thèmes du judaïsme. La première rupture concerne ses auteurs. La deuxième touche à ses contenus, à la manière de les choisir et de les traiter. La troisième renvoie au format d’écriture adopté, encore inédit pour de tels sujets.

Ainsi l’ambition de cette collection consiste-t-elle, en premier lieu, à promouvoir la créativité et à étendre son champ, en favorisant l’émergence d’une nouvelle génération d’auteurs qui ne soient de purs produits d’aucune corporation ou d’aucun « establishment » en particulier. Bénéficiaires de formations et d’expériences leur procurant toute la légitimité nécessaire, leurs parcours sont divers. Tantôt de formations universitaires, tantôt de formations rabbiniques ou talmudiques du plus haut niveau, souvent de formations composites, ils sont aussi tout simplement de grands érudits, formés par la tradition orale de maîtres qui leur ont transmis des clés. Ils s’inscrivent donc dans cette longue chaîne de transmission qui, conformément à l’usage plurimillénaire de la tradition, assure la pérennité du peuple juif au-delà des vicissitudes de l’Histoire.

Ensemble, ces auteurs reflètent le bouillonnement le plus pur de la lecture du judaïsme et de ses textes en ce début de XXIe siècle. Ensemble, ils apportent une mise à jour de la pensée juive francophone, de son approche, de son langage. Ils exercent ce talent tant par la structuration que par la formulation ou encore, plus fondamentalement, par la traduction conceptuelle moderne d’une pensée ancienne au fonds toujours plus actuel. Ensemble, ils incarnent le renouvellement permanent dont est porteuse la pensée talmudique qui, fondée sur une pensée générique au potentiel illimité, a pour vocation de s’incarner à nouveau, en chaque génération, par une traduction pertinente de ses concepts et de son langage au moment et dans l’espace où elle s’exprime.

C’est la raison pour laquelle ces auteurs nous paraissent les mieux placés pour générer la deuxième rupture apportée par la présente collection. Renouveler les contenus, non sur le plan de l’idée élémentaire qui reste immuable, mais plutôt sur celui de leurs dimensions appliquées aux problématiques et aux langages d’une époque qui se vit au rythme de mutations extrêmement rapides, brutales et troublantes. De tels bouleversements n’épargnent aucun recoin de notre construction sociale, mentale et spirituelle. Il s’agit donc de réinvestir aujourd’hui des concepts qui, dans un monde se pensant essentiellement en termes de valeurs ajoutées financières, de communication virtuelle, de mondialisation, de dérégulation et de cultures si plurielles qu’on peine à en identifier les contours, perdent progressivement tout support de compréhension, d’identification, d’approfondissement et de partage. Quelle place laissons-nous encore à Dieu entre informatique et nanotechnologies ? Que signifie le miracle dans un univers où les enfants possèdent un téléphone portable dès l’école primaire, alors que des bambins enseignent à leurs parents comment surfer sur Internet ? L’idolâtrie revêt-elle encore la moindre signification dans un monde où tout est devenu objet mais où l’objet, de surcroît, est avant tout jetable ? Que peut encore signifier la prière dans un univers de communication à outrance, lorsque l’homme ne prend plus ne serait-ce que le temps de s’écouter lui-même ? Certains thèmes doivent être entièrement repris, telles des boîtes de Pandore qu’on n’aurait plus ouvertes depuis des générations. D’autres doivent être reformulés selon une grille de lecture conceptuelle qui corresponde à nos références mentales présentes. D’autres enfin sont à clarifier, à confronter à des situations nouvelles que ceux qui nous ont précédés ne semblent pas avoir connues.

La troisième rupture de cette collection consiste en l’adoption, malgré le caractère très précis des sujets abordés et de la connaissance déployée, d’un format compact et d’une structure générale de rédaction uniforme. Sans que la chronologie des événements ne puisse constituer le facteur explicatif dominant, cette structure vise à faire vivre le sujet au lecteur par la découverte des strates successives de la pensée talmudique pour la problématique considérée, telles qu’elles se sont cristallisées au fil du temps et des réalités de l’histoire juive. Ces deux critères permettront au lecteur de s’approprier aisément la démarche par laquelle les auteurs couvrent leur sujet selon une chronologie des idées récurrente d’un ouvrage à l’autre. Dans la tradition des « Que sais-je ? » initiée par les PUF, notre désir a été que le lecteur se sente « à la maison » lorsqu’il se saisit d’un volume de la collection.

Les fêtes de pèlerinage dans la tradition juive

PUFSommaire
Le livre expose les origines et les significations des fêtes de pèlerinage dans la tradition juive.


Caractéristiques


L'ouvrage

Trois fois l’an, les juifs célèbrent les fêtes de pèlerinage. Elles constituent des temps bien particuliers dans l’année et plongent leurs racines dans l’antique histoire d’Israël. Pessa’h, fête du printemps, célèbre l’avènement de la nation juive sur la scène de l’histoire. Cinquante jours plus tard, Chavou’ot marque le don de la Torah sur le mont Sinaï. Enfin, Soucot, convocation d’automne, rappelle la miraculeuse traversée du désert par les enfants d’Israël. Chacune de ces fêtes renvoie à des événements fondateurs de l’être juif. 
La législation relative aux fêtes de pèlerinage occupe une place importante dans la littérature rabbinique. Les lois y sont minutieusement étudiées. Leur sens et leur explication morale et éthique y sont explicités. À chaque génération, les Maîtres du judaïsme ont révélé des significations spécifiques aux règles bibliques de sorte que des rites âgés de plus de trois mille cinq cents ans font toujours sens aujourd’hui. Les fêtes de pèlerinage expriment la profonde quête de sens qui anime la conscience. Inspirant de nombreuses pensées pour panser les blessures de notre société moderne, elles sont orientées vers le passé tout en appelant à bâtir l’avenir des hommes sur les fondements de la reconnaissance et de l’harmonie.


Table des matières

Avant-propos

Introduction

Chapitre premier. — Les textes fondamentaux de la Torah écrite : la convocation
Les passages relatifs aux trois fêtes dans l’Exode ou Les préambules à la convocation
Les passages relatifs aux trois fêtes dans le Lévitique ou La convocation dans le temps
Les passages relatifs aux trois fêtes dans les Nombres ou Le temps des offrandes
Les passages relatifs aux trois fêtes dans le Deutéronome ou La convocation dans l’espace

Chapitre II. — Les textes fondamentaux de la Torah orale : la signifiance
La prescription biblique d’apparaître devant Dieu aux trois fêtes de pèlerinage (‘Haguiga 2a)
Les fêtes de pèlerinage ou L’harmonie de la nation (‘Haguiga 26a)
La législation des jours chômés (Betsa 36b, Talmud de Jérusalem Betsa 1, 10)
La législation des jours mi-profanes, mi-sacrés (‘Haguiga 18a)
Les fêtes de pèlerinage ou Trois convocations devant la justice (Roch Hachana 16a)
La veille de la fête de Pessa’h ou La préparation à la fête (Michna Pessa’him 10, 1)
La cabane de Soucot ou La hauteur de la souca (Souca 2a)
Modalités d’accomplissement de l’injonction du bouquet de Soucot ou En souvenir du Temple (Souca 41a)
Le statut autonome de Chemini ‘Atséret ou L’autonomie d’une fête (Souca 48a)
L’emploi du temps des jours chômés et la particularité de Chavou’ot (Pessa’him 68b)
Le deuxième jour de fête pour les exilés (Michna Roch Hachana II, Betsa 4b)

Chapitre III. — Les textes du Moyen Âge : la rencontre
La prescription de se réjouir (Maïmonide, Rabbénou Be’hayéRachi, Tossafistes)
Le pèlerinage au Temple de Jérusalem (Séfer ha’Hinoukh, Abarbanel, Nahmanide, Rachbam,Sforno)
L’interdit de travailler durant yom tov (Maïmonide, Séfer ha’Hinoukh)
Interprétations de l’injonction du bouquet de Soucot (Rabbénou Be’hayé)
Le pain azyme, les herbes amères et la cabane (Maïmonide, Rachbam)

Chapitre IV. — Les textes de la Renaissance à l’époque moderne : la pédagogie
Les fêtes de pèlerinage ou Aux fondements de la croyance d’Israël (Rav Hirsch)
Les fêtes de pèlerinage ou Des cheminements de vie (Sefat Emet)
La définition du pèlerinage ou L’essence de l’éducation (Rabbi Méïr Sim’ha de Dvinsk, RavHirsch, Ketav Sofer)
La visite au Maître ou La fête de pèlerinage entre la néoménie et le chabbat (Rabbi d’Izbitsia)
Les quatre coupes de vin de la soirée pascale (Maharal de Prague)
Le deuxième jour de diaspora (Rav Hirsch)

Chapitre V. — Approche concrète : la symbolique des choses et des gestes
Un bouquet symbolique ou Des fruits et des patriarches
Le récit de la hagada : quatre fils en un !
La soirée pascale ou Une autre dimension de la nourriture (F. Rosenzweig)
La veillée de Chavou’ot
La fête du champ

Chapitre VI. — Positionnement contemporain : l’image
Le regard et l’image
Les saisons de la vie ou Un autre regard sur la vieillesse
Une identité et un patrimoine à faire vivre ou Le passé qui demande à exister
Politique, Catégorie Professionnelle et Esthétique

Bibliographie


A propos des auteurs

Jacky Milewski est diplômé du Séminaire Israélite de France. Docteur en droit, il est l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux significations éthiques et morales des normes dans le judaïsme, ainsi que d’une thèse portant sur l’argumentation et l’éthique dans le droit talmudique.

Accédez aux fiches auteurs : Jacky Milewski

L'idolâtrie, ou la question de la part

Frank Alvarez-PereyreAaron Eliacheff

Sommaire

Des prémisses de l’idolâtrie à son actualité la plus contemporaine.


Caractéristiques


L'ouvrage

Que nous reste-t-il du mot idolâtrie ? Un culte lié à des objets ou une attitude excessive, ou exclusive, relative à un sujet donné ou vis-à-vis d’un individu, d’une valeur, d’un pays ou bien encore le fait de dire qu’il y a plusieurs dieux ou plusieurs pouvoirs dans le monde ? Face à cela, l’attitude raisonnable serait alors celle qui permettrait la sortie de ces idolâtries par la démocratie, le monothéisme, l’athéisme ou les sciences :toutes sortes d’instruments qui permettraient de réguler les extrêmes.
Loin de ces compréhensions, la lecture que nous proposons à partir du texte biblique et de ses différents exégètes nous conduit à découvrir comment la tradition talmudique considère l’idolâtrie, son passé, son évolution, jusqu’à son présent dans le quotidien de chacun. 
Nous analysons ce qui constitue l’idolâtrie en prenant appui sur l’émergence du peuple juif, dont la venue au monde symbolise un passage entre idolâtrie et non-idolâtrie, et en suivant les manières dont il manifeste hésitations et résistances face à un « nouveau monde » dénué d’idolâtrie. Pour le judaïsme, cette dernière est la pierre de touche de toute inscription dans le monde, mais elle n’est pas là où on le croit. Idolâtrie et interdit de l’idolâtrie, encore faut-il savoir de quoi l’on parle. 
Cet ouvrage offre un parcours d’étude où la convocation de différentes voix du Talmud vise à révéler une complexité constitutive qui doit pourtant rester, encore et toujours, l’objet d’une étude non livresque.


Table des matières

Avant-propos

Propos liminaire. — Pour éviter l’idolâtrie de la lecture

Introduction. — Au commencement était l’idolâtrie

Chapitre premier. — La genèse de l’idolâtrie dans le récit biblique
Le travail de l’ordre
La torsion
La mort de la fraternité
La révolte
De Avram à Abraham
L’Égypte et les ordres
De la paternité à la fraternité
Voix et vide
Le désir de voir

Chapitre II. — La formalisation de l’interdit de l’idolâtrie par la Loi Orale
La part perdue
Fraternité et partage
Pensée impensable
Semblant d’idolâtrie
Argent et mémoire
Sexualité et idolâtrie
Le langage idolâtre

Chapitre III. — Les catégories juridiques de l’idolâtrie codifiées par les premiers décisionnaires
L’erreur
La juste pensée
Esclavage et servitude
Ordre et féminin
L’homme-nature

Chapitre IV. — Les implications existentielles de l’idolâtrie chez les derniers grands penseurs de la tradition
La confusion
Barrière et rajout
« Le pain de la honte »
La loi en une loi
Parenté et désir de la part d’autrui
Premier Temple et Second Temple

Chapitre V. — Le remède aux différents visages de l’idolâtrie : une éthique de l’étude
Désir et réalité
Polémique et pulsion
Les faux Sages
Sagesse et profit

Chapitre VI. — L’interdit paradoxal d’idolâtrie face au désir universel de religion
Qui est-Il ?
La réalité de la loi
Anti-religion
Peuple juif et prosélytisme
Universalisme ?

Postface. — Le risque d’idolâtrie aujourd’hui


A propos des auteurs

Linguiste et ethnologue, formé à la pensée juive à Jérusalem, Paris et Strasbourg, Frank Alvarez-Pereyre est directeur de recherche au CNRS. 
Aaron Eliacheff est rabbin à Strasbourg. Enseignant et conférencier, il dirige l’Institut « Talmud et transmission ».

Accédez aux fiches auteurs : Frank Alvarez-PereyreAaron Eliacheff

Éducation et judaïsme, entre profane et sacré

Sommaire
Survolant 2 000 ans de confrontation entre éducation religieuse et savoirs laïcs, cet ouvrage restitue ce que nous ont dit à ce sujet les penseurs juifs d’hier et d’aujourd’hui.


Caractéristiques


L'ouvrage

Pour le judaïsme, chantre de l’Unicité divine, toute dichotomie est entièrement due à la perception humaine, puisque dans l’absolu, toute réalité est obligatoirement Une. Aussi, le profane et le sacré, loin de constituer des pôles figés dans une opposition irrémédiable, reflètent uniquement le ressenti subjectif d’une absence ou d’une présence divine. 
Dans cet ordre d’idée, « enseignement profane » définit la transmission d’un savoir où Dieu est absent. Absence qui n’est cependant pas définitive, puisque toute science désigne également une affiliation à Dieu. C’est cette opinion-là qui, globalement, sera retenue par tous ceux, de Maïmonide à Hirsch en passant par le Maharal et le Gaon de Vilna, qui, au cours des âges, prôneront l’intégration du savoir profane dans l’enseignement juif.
Seulement voilà, de profane à profanation, il n’y a qu’un pas rapidement franchi. Le savoir profane, qui décrit une réalité indépendante de toute volonté divine, ne risque-t-il pas d’induire un ‘hillul, un processus visant à établir un monde vide de Dieu ? Dès lors, pourquoi délaisser les quatre coudées sécurisantes de la hala’ha pour s’engager dans des voies semées d’embûches ? Ces considérations seront à la base des points de vue défendus par ceux qui, à l’exemple du Rachba, ibn Gabbay, le ‘Hatam Sofer et de nombreuses autorités rabbiniques contemporaines, s’opposeront à l’insertion des « sciences extérieures » dans l’éducation juive.
Survolant 2 000 ans de confrontation entre éducation religieuse et savoirs laïcs, cet ouvrage offre donc de restituer toute la richesse contenue dans ces diverses opinions élaborées par les penseurs juifs d’hier et d’aujourd’hui.


Table des matières

Avant-propos

Introduction

Première partie. — Talmud et sciences grecques

Deuxième partie. — Les grandes controverses
Prologue
I. Maïmonide
II. La première dispute maïmonidéenne (1180-1232)
III. La seconde controverse (1300-1306)
IV. L’expulsion d’Espagne

Troisième partie. — La Renaissance ou le temps des ghettos
I. Espoirs déçus 
II. Le Maharal de Prague (1512-1609)
III. Le Maharal et les sciences
IV. L’Europe occidentale

Quatrième partie. — Le siècle des Lumières
I. Les grands bouleversements
II. Rabbi Eliyahou, Gaon de Vilna (1720-1797)
III. L’émancipation 
IV. Le judaïsme italien 
V. La Haskala 
VI. Rabbins et Haskala
VII. Le ’hassidisme et la Haskala
VIII. Rabbi Tsadok Hacohen de Lublin (1823-1900)
IX. Rabbi Samson Raphaël Hirsch (1808-1888)

Cinquième partie. — Terre Sainte
I. Ancien et Nouveau Yichouv
II. Rav Avraham Isaac Hacohen Kook

Sixième partie. — L’époque contemporaine
I. Les mutations
II. L’enseignement séculier aujourd’hui

Postface

Bibliographie


A propos des auteurs

Formé à la Yechiva (École talmudique) de Montreux (Suisse) dans un premier temps, puis à laYechiva de Beer Yaacov (Israël) dirigée par le Rav Shlomo Wolbe, Henri Infeld embrassa le monde des affaires qu’il combina avec l’étude de la Torah. Inspiré par l’enseignement du Maharal, par celui des grands Maîtres ‘hassidiques ainsi que par les écrits de Rav Yitz'hak Hutner, Henri Infeld, aujourd’hui installé à Jérusalem, est l’auteur de publications qui reflètent ces écoles de pensée : La Thora et les sciences (Galia, 1990), Ktav Ivri – Ktav Achouri(Feldheim, 2008), Torat HaGra Oumichnat Ha’Hassidout (Mossad Harav Kook, 2010).

La prière, conquête de la parole

Sommaire

Une relecture de l'évolution du concept de prière et, par ricochet, de culte, dans la tradition juive et à travers les grandes époques de son histoire une approche innovante du défi de la re-création permanente de la parole par l'homme.


Caractéristiques


L'ouvrage

Quel sens peut revêtir la prière dans un monde d’opulence et de bien-être matériel comme l’homme n’en a jamais connu ? En effet, quels sont les problèmes brûlants de l’homme occidental en ce début de XXIe siècle ? Comment lutter contre l’obésité dès le plus jeune âge comment assurer un confort de vie aux millions de centenaires qui apparaîtront sous vingt ans dans notre pays comment réduire le déficit d’une sécurité sociale qui n’en finit pas d’assurer notre bonne santé comment préserver son pré carré national face aux mouvements de populations dans un monde totalement ouvert…
Immergé dans ces besoins de luxe encore inimaginables voici à peine un siècle, comment l’homme moderne peut-il appréhender un mode d’expression, la prière, hérité – dans sa forme autant que dans son fond – de temps immémoriaux durant lesquels la vie humaine était faite de faim, de maladie, de mort précoce, d’intempéries, de violences, de migrations forcées et d’instabilité structurelle ? Pour le juif, cette vie n’a jamais cessé d’être aussi une vie de persécution, à des degrés variables selon les époques et les territoires sur lesquels il était balloté.
C’est une approche particulièrement originale de la prière et de son devenir que nous propose l’auteur. Il montre de quelle manière, d’un principe originel d’acte cultuel parmi d’autres, la prière va progressivement devenir le vecteur porteur du judaïsme, son sanctuaire virtuel, mobile, mais bien réel. 
Au-delà de cette mutation émerge une tout autre identité de la prière, juive ou universelle. On découvre que la problématique de la prière est celle d’une parole à retrouver, à reconstruire en chaque époque, pour réparer et dépasser les vicissitudes de l’époque précédente. L’homme a reçu de son Créateur le don de la parole avec laquelle il a été créé. Elle est, en lui, le fil qui le relie aux origines de la Création. Elle est outil de création. Il lui appartient donc de retrouver la puissance créatrice de cette parole et de recréer le monde, son monde, tant de fois détruit, défait, désordonné. C’est là l’ultime enjeu de la prière, celui de la conquête de la parole créatrice.


Table des matières

Avant-propos

Introduction

Chapitre premier. — La « prière à naître », un rapport de proximité
La prière, outil du culte : dialogue de la conscience et expiation
La prière au cœur d’un monde pluridimensionnel
L’homme, médiateur entre Dieu et l’homme : de la proximité à Dieu, à la proximité à l’autre
Individuation archétypique de la prière : la prière de ‘Hanna
Lorsque Dieu se mêle de prière ou : la promesse de l’aube
Fondements précoces de la prière institutionnelle : conscience et remerciements

Chapitre II. — La « prière institution », parer au délitement de la souveraineté
La Grande Assemblée
Préparation à l’exil
La colonne vertébrale
L’absence d’auteurs individuels : naissance d’une nouvelle forme d’autorité
Ébauches de synagogues et bouleversements socio-cultuels 
Un collectif en mutation
Désincarnation de la prière, première émergence de l’individu

Chapitre III. — La « prière rempart », un cadre salvateur
Transformation de la vie juive
D’une religion nationale à une religion nourrie de mots
Du tangible à l’abstrait : concurrence entre prière et étude
La synagogue : un nouveau lieu par excellence
Permutation entre la prophétie et la sagesse 
La prière, des mots aux actes

Chapitre IV. — La « prière conquérante », cristal des identités
Naissance des rites
Consolider le monde de la prière
Les prières complémentaires
Les compositeurs
Les grandes ruptures de rites
Rigueur du rite, protection des identités

Chapitre V. — La « prière liberté », une spiritualité entre émotion et intellect
L’expérience émotionnelle et spirituelle de la prière
Des larmes en guise de prière 
Liberté de l’émotion, rigueur de l’intellect ou : l’émancipation de la prière face à l’étude
L’avènement de la révolution ‘hassidique : la danse des lettres, l’autosuffisance de la mélodie 
Les voies du Seigneur sont pénétrables

Chapitre VI. — La « prière chaos », révolte, renaissance et anarchie
Renaissance de la langue hébraïque
Des écoles de pensée à la prière politique
La « décolonisation » du monde religieux
Brassage contemporain des rites
Le village mondial de la prière
Autonomie des lettres, des mots et du sens
Désappropriation, réappropriation du monde des mots
Un remède à l’anarchie des valeurs ? L’outil des restructurations récurrentes 

Conclusion

Bibliographie


A propos des auteurs

Expert en économie et en banque internationales, en éthique et déontologie, ancien Secrétaire Général du Consistoire Israélite de Paris et d'Île de France, Hervé Landau est avant tout un talmudiste et un enseignant.
Treize ans d'études dans de prestigieuses écoles talmudiques en Suisse (Montreux) et en Israël (Jérusalem et Bné Brak) – parmi lesquelles la célèbre école de Slabodka – et auprès d’illustres maîtres juifs parmi les plus déterminants de l’époque – dont le Rav Adin Steinsaltz, traducteur contemporain du Talmud – lui ont permis de forger sa propre démarche d’enseignement et d’écriture sur le Talmud, la pensée et la tradition juives. Hervé Landau dirige la collection « Lectures du judaïsme » (collectionlecturesjudaisme@gmail.com).

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